Guerre au Moyen-Orient: le gouvernement Carney prié de clarifier sa position

Raphaël Pirro
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OTTAWA | Les partis d’opposition demandent au gouvernement de Mark Carney de clarifier sa position concernant la guerre au Moyen-Orient, après que le ministre de la Défense du Canada a exclu toute participation du Canada dans l’effort de guerre.
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En marge d’une annonce concernant un investissement militaire de 900 M$, qui inclut une commande pour un avion de Bombardier, le ministre de la Défense David McGuinty a réitéré que le Canada a l’intention de se tenir loin du champ de bataille.
« La situation en Iran est extrêmement sérieuse. C’est une question d’être clair. Le Canada n’a pas été consulté, le Canada ne participe pas et le Canada ne participera pas dans les actions militaires d’Israël et des États-Unis », a martelé le ministre lundi.
Si certains pays de l’OTAN ont décidé de s’impliquer indirectement auprès de pays avoisinant l’Iran, « le Canada n’a pris aucune décision en ce sens », a poursuivi M. McGuinty.
Au Parlement, les partis d’opposition se préparent à un débat exploratoire sur le rôle du Canada dans le conflit en soirée lundi. Elles ont toutefois déjà affiché leurs couleurs en journée, en dénonçant le fait que Mark Carney a changé de message dans son appui à l’attaque lancée contre l’Iran par les États-Unis de Donald Trump et Israël.
Les conservateurs accusent le premier ministre, qui sera absent du débat lundi soir, d’avoir déjà changé son fusil d’épaule concernant le bien-fondé de l’attaque unilatérale contre l’Iran. M. Poilievre a déclaré aux journalistes qu’il était dans « notre intérêt que [le régime iranien] soit remplacé ».
Mais sur la participation canadienne, le chef conservateur ne s’est pas trop mouillé.
« À ce que je sache, il n’y a pas une proposition spécifique. Si le premier ministre a reçu des propositions, il devrait nous en informer, on peut juger ainsi », a-t-il déclaré.
Selon le Bloc Québécois, Mark Carney aurait mieux fait de réagir comme les Européens, qui ont attendu avant de se positionner et qui ont remis en doute le bien-fondé de l’opération.
« On aurait pu faire exactement comme la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne a fait : avoir des réserves, ce qui n’a pas été fait. Et c’est à partir de là que la position du premier ministre a commencé à être difficile à suivre », a expliqué la leader parlementaire du Bloc, Christine Normandin.
Le NPD considère que les bombardements contre l’Iran sont « illégaux » et demande à Ottawa de l’exprimer ainsi.
« Ce n’est pas une manière de faire les choses que de décider comme ça, parce qu’on a la puissance de le faire, de bombarder un gouvernement, de bombarder un pays, de bombarder des écoles », a dit le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice.
Une députée du NPD, Jenny Kwan, participera demain à une conférence de presse avec d’autres groupes de la société civile incluant Oxfam Canada pour enjoindre au gouvernement fédéral de cesser toutes les exportations de nature militaire du Canada vers les États-Unis.