Guerre au Moyen-Orient: l'AIE anticipe un marché du gaz liquéfié (GNL) «tendu» jusqu'en 2027
AFP
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Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur la production de gaz liquéfié (GNL) se feront sentir pendant au moins deux ans, et le marché restera « tendu » en 2026 et 2027, a averti l’Agence internationale de l’énergie (AIE) vendredi.
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Les dommages sur les infrastructures de liquéfaction de gaz, au Qatar notamment, devraient retarder l’impact d’une expansion de la production mondiale de GNL d’au moins deux ans, a estimé l’AIE dans un rapport publié vendredi. Et si les nouveaux projets devraient compenser avec le temps, l’AIE anticipe que le marché restera « tendu en 2026 et 2027 ».
« L’effet combiné des pertes d’approvisionnement à court terme et du ralentissement de la croissance des capacités pourrait entraîner une perte cumulée d’environ 120 milliards de mètres cubes de GNL entre 2026 et 2030 », détaille encore l’organisation créée en 1974 après le choc pétrolier, avec comme mission fondatrice d’assurer la sécurité énergétique.
L’AIE appelle à « renforcer la sécurité de l’approvisionnement mondial de GNL » en investissant sur l’ensemble de la chaîne de valeur et en « renforçant la coopération internationale entre producteurs et consommateurs ». Elle appelle en outre les importateurs à diversifier leurs contrats de long terme pour réduire le risque de volatilité des prix.
La guerre au Moyen-Orient a entraîné un bouleversement abrupt du marché avec la fermeture de facto du détroit d’Ormuz aux méthaniers, qui transportent le GNL.
« La production globale a baissé de 8 % en rythme annuel, avec une forte baisse des exportations en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis », seulement partiellement compensé par la production plus élevée dans d’autres régions du globe.
Les perturbations « ont commencé à se diffuser à travers les chaînes d’approvisionnement mondiales » et les livraisons de GNL ont commencé à chuter, « avec un déclin plus prononcé observé en avril ».
Avant le déclenchement de la guerre, le marché se détendait avec le déploiement de nouvelles capacités de liquéfaction, notamment en Amérique du Nord, « aidant à faire baisser les prix ».
La guerre, qui a privé le marché d’environ 20 % des stocks de GNL qui transitaient auparavant par le détroit d’Ormuz, a fait grimper les prix à leur plus haut depuis janvier 2023, contribuant à une réduction de la demande, a encore observé l’AIE. Certains pays gros consommateurs ont en effet pris des mesures pour réduire leur consommation.