Guerre au Liban: «C’est le désespoir», selon une Québéco-Libanaise
Zoé Arcand
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La situation continue de se détériorer au Liban, où l’armée israélienne menace de causer des dégâts semblables à ceux qu’elle a causés dans la bande de Gaza, ce qui inquiète une Montréalaise d’origine libanaise.
« J’étais enragée, mais maintenant c’est le désespoir », a soufflé Siham Kortas, âgée de 77 ans.
Celle qui a enseigné toute sa vie se trouvait à Beyrouth, la capitale libanaise, lorsque l’État hébreu y a lancé ses premières frappes le 2 mars dernier.
Trois jours plus tard, elle a réussi à sortir du pays et à rentrer à Montréal, où elle est établie depuis 1975.

Depuis, la situation ne cesse de se détériorer. Les frappes israéliennes ont tué 850 personnes, dont 107 enfants, a annoncé dimanche le ministère de la Santé libanais.

Au moins quatre personnes ont été tuées dimanche, rapportait France 24.
Des Casques bleus visés
Le même jour, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a annoncé que ses Casques bleus avaient essuyé des tirs dans le sud du pays, « probablement de groupes armés non étatiques ».
Aucun soldat n’a été blessé. Deux jours plus tôt, les Israéliens avaient tiré sur le quartier général des Casques bleus à Mays al-Jabal, dans la même région, selon l’Agence nationale d’information (ANI).
Début mars, trois Casques bleus avaient été grièvement blessés dans une attaque et le président libanais, Joseph Aoun, avait accusé Israël.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Comme à Gaza
Vendredi dernier, « des avions de guerre israéliens ont largué des tracts au-dessus de Beyrouth, menaçant d’infliger au Liban des dégâts similaires à la dévastation causée par l’armée à Gaza pendant sa guerre de deux ans contre le Hamas », indiquait le média français Libération.
Cela n’a pas étonné Mme Kortas. Car son pays d’origine se trouve « sur la Terre promise » d’Israël, selon la Torah, livre sacré du judaïsme, a-t-elle rappelé.
Elle déplore « de voir le reste du monde laisser faire Israël au nom de sa sécurité et fermer les yeux sur le reste ».

« Crimes de guerre »
Le jour où l’armée israélienne larguait des tracts au-dessus de la capitale, elle affirmait avoir frappé le pont de Zrarieh, qui enjambait le fleuve Litani, selon Libération.
Les forces militaires ont assuré qu’il était utilisé par des militants du Hezbollah pour se déplacer, mais n’ont fourni aucune preuve. Il s’agit d’une infrastructure civile.

Le même jour, douze travailleurs de la santé ont été tués dans des frappes sur un centre hospitalier du sud du Liban.
« On peut croire qu’Israël veut seulement s’en prendre au Hezbollah mais elle bombarde [aussi des civils] », martèle-t-elle.
En visite samedi à Beyrouth, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait dénoncé des attaques « totalement inacceptables ».
« Elles doivent cesser. Elles constituent une violation du droit international et pourraient être qualifiées de crimes de guerre », avait-il ajouté.
Le gouvernement du Canada a annoncé jeudi qu’il injecterait 37,7 millions $ afin de fournir « une aide essentielle au Liban, notamment de la nourriture, des services médicaux et de santé, des abris et de l’eau potable ».
-Avec l’AFP