Gros pactole pour Martel et les autres patrons de Bombardier


Michel Girard
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Incroyable de voir à quelle vitesse la nouvelle direction de Bombardier peut s’enrichir avec les blocs d’options et de droits de souscription obtenus l’an dernier. Le nouveau PDG Éric Martel et ses hauts dirigeants ont accumulé sur papier des gains de 20,7 millions de dollars.
Pourtant, l’année 2020 fut catastrophique pour les actionnaires de Bombardier alors que la multinationale de la famille Beaudoin-Bombardier était aux prises avec la paralysie de sa division Aviation à cause de la pandémie de COVID-19 et le démantèlement de la compagnie avec la vente de sa division Transport.
Titre de pacotille
Lorsque le PDG Éric Martel est entré en fonction, le 6 avril 2020, l’action de la multinationale québécoise se négociait comme un titre de pacotille, autour des 44 cents. Pire encore, sept mois après son arrivée, le titre se ramassait en novembre dernier à un plancher de 26 cents.
Mais pendant que les actionnaires de Bombardier broyaient du noir, la grande déprime boursière a permis au nouveau PDG de Bombardier et à ses collègues de la haute direction de mettre le grappin sur une tonne d’options et de bons de souscription à prix dérisoires.
Et aujourd’hui, à peine un an après l’arrivée de Martel, grâce à la hausse du titre de Bombardier, lui et ses hauts dirigeants ont réussi à accumuler sur papier une spectaculaire plus-value sur les options et bons de souscription que le conseil d’administration de Bombardier leur a octroyés lors de la catastrophique année 2020.
Juteux gains sur papier
Le 14 mai 2020, Éric Martel se faisait attribuer 3 666 842 options et 2 282 609 bons de souscription, et ce, à un prix d’exercice de 46 cents.
Comme le cours actuel de l’action de Bombardier s’élève à 1,12 $, le PDG de Bombardier bénéficie jusqu’à présent d’une plus-value de 3,9 millions de dollars sur les options et bons de souscription qu’il a reçus il y a à peine un an.
Pour sa part, Daniel Brennan, vice-président principal Ressources humaines et durabilité, réussissait un super coup en se faisant octroyer en novembre 2020 un bloc de 3,2 millions d’options et près de 2 millions de droits de souscription au prix d’exercice de 30 cents.
En sept mois, M. Brennan a accumulé un gain sur papier de 4,26 millions de dollars avec ses blocs d’options et de bons de souscription.
Voici les gains accumulés sur papier par les autres hauts dirigeants qui ont bénéficié de la déprime boursière de Bombardier en 2020 grâce à l’obtention récente de millions de droits de souscription :
- Jean-Christophe Gallagher, v.-p. Service et soutien : 2,7 millions $
- Michel Ouellette, v.-p. Avions spécialisés : 2,7 millions $
- Steve Robitaille, v.-p. principal Projets stratégiques : 3,07 millions $
- Paul Sislian, v.-p. exécutif Exploitation : 2,7 millions $
- Barton Demosky, v.-p. chef direction financière : 833 280 $
- Annie Lagacé, v.-p. Affaires juridiques : 558 000 $
Fait à noter : les gains accumulés avec les options et droits de souscription se matérialiseront lorsque les dirigeants les exerceront, et ce, à la condition que le prix de l’action soit supérieur au prix d’exercice.
Subventions salariales
En 2020, à l’instar d’un grand nombre d’entreprises, Bombardier a récolté sa part des subventions salariales d’urgence versées par le fédéral au Canada et d’autres gouvernements pour les filiales étrangères.
La multinationale de la famille Beaudoin-Bombardier a touché l’an dernier des subventions salariales de l’ordre de 350 millions (282 millions $ US).
Bombardier tient à souligner qu’aucun calcul de rémunération incitative n’a pris en compte les subventions salariales reçues en vertu de la Subvention salariale d’urgence du Canada.
Rachat d'actions
Il est pour le moins étonnant de voir Bombardier annoncer la semaine dernière une offre publique de rachat de 62 millions d’actions « pour acquitter les obligations futures des régimes incitatifs fondés sur des actions à l’intention de ses employés », notamment son régime d’unités d’actions liées au rendement et son régime d’unités d’actions incessibles.
Au cours actuel de l’action de Bombardier, on parle d’une dépense de 70 millions $.
Qui sont les grands bénéficiaires de ces régimes d’unités d’actions ? Les membres de la haute direction.