Après l’expérience de l’été dernier, le retour de la piétonnisation de la rue Ontario à Montréal, récemment annoncée et prévue pour la période estivale, soulève des préoccupations dans le quartier d'Hochelaga.
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«Avec le rapport de l’ombudsman [sur les aménagements urbains réalisés à l’été 2020], nous aurions pensé que Projet Montréal aurait appris des situations et des erreurs passées», s’est indignée Karine Boivin-Roy.
Conseillère de Ville à l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, celle-ci s’exprimait pour l’opposition officielle d’Ensemble Montréal, lors du dernier conseil municipal de la Ville de Montréal.
Pour rappel, le rapport de l’ombudsman, déposé en décembre dernier, analysait les nombreuses plaintes portant sur les aménagements cyclables et piétons mis en place au cours de l'été 2020., incluant sur la rue Ontario.
Une majorité des commerçants de l’artère serait toutefois opposée à un retour complet de la mesure, selon la Société de développement commercial (SDC) d’Hochelaga-Maisonneuve.
Celle-ci indique que seulement 6 % de ses membres seraient en faveur du projet sous sa forme actuelle. Une majorité des commerçants seraient toutefois ouverts à l’idée d’une piétonnisation partielle de la rue entre les jeudis et les dimanches, qui permettrait la circulation automobile en semaine.
«On est très déçu de la façon dont ça a été fait. On a toujours eu de bonnes communications avec l’arrondissement, et puis là, on a senti qu’on s’est fait mettre de côté», a déploré Jimmy Vigneux, directeur général de la SDC d’Hochelaga-Maisonneuve.
La Ville a mis sur pied en février un programme de financement, d’un budget de 4 millions $, offert aux sociétés de développement commercial, afin de favoriser la piétonnisation de 10 artères commerciales de Montréal.
Responsable du développement économique et commercial au comité exécutif de la Ville de Montréal, Luc Rabouin a souligné que les rues commerciales où il y a eu des aménagements piétonniers en 2020 s’en sont mieux sortis que celles où il n’y en avait pas.
«On voulait s’assurer, cette année, que les commerçants soient majoritairement d’accord avec les projets que nous allions appuyer. C’est un critère de sélection et d’accès au programme», a-t-il expliqué.
Cette réponse a exaspéré Karine Boivin-Roy. Selon l’élue, les commerçants auraient tenté d’ouvrir la discussion avec l’arrondissement depuis le mois d’octobre dernier, mais les principaux intéressés auraient été «laissés de côté», a-t-elle dénoncé.
De son côté, le maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, a indiqué que le projet était apprécié des citoyens lors de l’été 2020, et que ceux-ci y seraient favorables.
«On est vraiment à l’écoute des commerçants, a-t-il souligné. C’est extrêmement important qu’on se parle. Parfois, lorsqu’on annonce des nouveaux projets, il peut y avoir certaines préoccupations et certaines incompréhensions».
À la SDC, on assurait être prêt à tourner la page. «On trouve que ça s’est mal fait, mais on n’est pas dans la rancœur. L’objectif est vraiment de réussir à se parler et de collaborer pour monter un vrai beau projet pour cet été», a ajouté M. Vigneux.
Une présentation publique du projet aura lieu le lundi 29 mars prochain.