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Groenland: Trump brandit la «manière forte» pour accentuer la pression, selon des experts

Photo portrait de Camille Payant

Camille Payant

2026-01-10T05:00:00Z

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Le président Donald Trump accentue ses menaces militaires envers le Groenland dans le but de le faire plier avant de devoir réellement sortir les armes pour prendre possession du territoire, selon des experts.

«On va faire quelque chose avec le Groenland, soit avec la manière douce, soit avec la manière forte», a martelé vendredi Donald Trump.

Tout en refusant d’exclure l’option miliaire, la Maison-Blanche a encore une fois réitéré que le président réfléchissait «activement» à un achat de l’immense île arctique, sans préciser quelle forme cette transaction pourrait prendre.

«C’est une administration qui exerce une pression maximale sur le Danemark pour qu’il accepte de vendre le Groenland. C’est de loin ce que Trump préfère, beaucoup plus que d’envoyer une division de l’armée prendre de force le territoire», souligne Jonathan Paquin, professeur au Département de science politique de l’Université Laval.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé qu’il devrait s’entretenir la semaine prochaine avec des responsables danois.

«Si les Danois imposent une fin de non-recevoir, Trump pourrait dire: “J’ai essayé la négociation, ils ne veulent pas. Donc, il faut un ultimatum: vous le vendez ou j’interviens”», précise M. Paquin.

Si tel est le cas, le directeur de l’École supérieure d’études internationales de l’Université Laval ne serait pas surpris que l’Europe fasse pression en faveur de cette transaction, afin de préserver une cohésion au sein de l’OTAN.

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Pourquoi le Groenland?

Mais pourquoi Trump veut-il s’emparer du Groenland? Les arguments laissent parfois perplexes, selon son collègue Frédéric Lasserre, du Département de géographie.

Les gisements de minéraux américains seraient beaucoup plus nombreux et faciles à exploiter qu’au Groenland, qui ne possède en outre pas de pétrole.

Des membres de l’administration Trump brandissent souvent le drapeau de la sécurité nationale, évoquant des agressions russes ou chinoises. Or, celles-ci ne sont jamais survenues, selon l’expert en géopolitique de l’Arctique.

«On ne peut pas avoir la Russie ou la Chine occuper le Groenland. C’est ce qu’ils vont faire, si on ne le fait pas», a notamment souligné vendredi le président républicain.

Une importante base militaire américaine se trouve déjà depuis des décennies au Groenland, et les autorités locales pourraient en accepter d’autres. Il y a même plus de soldats américains que danois sur l’île.

Le directeur du Conseil québécois d’Études géopolitiques estime que cette visée expansionniste pourrait ainsi faire partie «des rêves de grandeur de Trump».

«On sait qu’il est assez vaniteux et qu’il veut marquer l’histoire des États-Unis. Il aimerait certainement passer à la postérité comme étant le président qui a considérablement étendu le territoire américain au début du XXIe siècle», précise-t-il.

Inquiets pour l’Arctique canadien

Il est toutefois difficile de savoir ce que pourrait faire Trump de ce territoire s’il venait à l’annexer.

Selon Jonathan Paquin, «on a raison d’être très inquiets pour l’Arctique [canadien]».

Avec l’Alaska d’un côté et le Groenland de l’autre, «le Canada serait en quelque sorte pris entre les griffes des États-Unis. [...] On se retrouverait vraiment isolé et un peu à la merci des volontés géostratégiques américaines», souligne-t-il.

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