Groenland: les Bourses européennes secouées par les menaces douanières de Donald Trump
AFP
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Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse, lundi, à l’issue d’une séance marquée par un regain des tensions géopolitiques après les menaces de surtaxes douanières de Donald Trump visant plusieurs pays de l’Union européenne (UE) opposés à son projet d’annexion du Groenland.
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La Bourse de Paris a fortement baissé de 1,8%, tout comme celles de Francfort et de Milan, qui ont abandonné 1,3%, tandis que celle de Londres a mieux résisté, limitant ses pertes à 0,4%.
À Toronto, l’indice S&P/TSX a réussi à terminer dans le vert, gagnant 0,15% pour clôturer à 33 091 points.
Le luxe et l’auto chutent
Les secteurs qui exportent le plus vers les États-Unis ont particulièrement souffert. Le luxe a plongé, à l’image de LVMH (-4,3%), d’Hermès (-3,5%) et de Kering (-4,1%) à Paris. Burberry a reculé de 2,8% à Londres et Moncler de 2% à Milan.
L’automobile était au diapason: Stellantis a perdu 2% à Paris et Volvo 3% à Stockholm. À Francfort, BMW a cédé 3,4%, Volkswagen 2,8% et Mercedes 2,2%.
Donald Trump a menacé ce week-end huit pays, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, de nouvelles surtaxes douanières sur leurs exportations aux États-Unis en raison de leur opposition à sa volonté de s’emparer du Groenland.
La résurgence des tensions douanières rend «mécontents» les investisseurs sur les marchés internationaux, même si «les responsables politiques européens s’efforcent d’en limiter les conséquences» avant l’ouverture du sommet de Davos, souligne Andreas Lipkow, analyste indépendant.
Pas de panique
Toutefois, bien qu’en baisse, «le marché ne cède pas à la panique», souligne Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie des marchés de Natixis IM.
L’Union européenne et les États-Unis «sont interconnectés, mais il s’agit d’économies fermées et donc fondamentalement, les impacts sont relativement limités», explique l’économiste.
En comparaison, en avril 2025, la première vague de droits de douane «réciproques» américains avait provoqué le décrochage de 4% à 6% des principales places financières européennes.
«Les marchés semblent depuis plusieurs semaines loin des problématiques géopolitiques», abonde Olivier Malteste, directeur des investissements de la société de gestion d’épargne Yomoni. «L’élément central sera la réponse des Européens» et l’éventuelle «surenchère qui pourrait ne pas être appréciée par les marchés», poursuit-il.
Signe de la réaction contenue sur les marchés, les obligations, valeurs refuges, sont restées stables et «l’or monte de moins de 2% et est donc sans panique», souligne Olivier Malteste.
Nouveau record pour l’or
En fin de journée, l’or s’échangeait à 4670$ US l’once, en hausse de 1,6%, après avoir néanmoins touché un record dans la nuit.
Les prix du pétrole étaient sans changement: le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, a baissé d’à peine 0,03%, à 64,11$ US.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, gagnait 0,2%, à 59,58$ US.