«Grimelle»: écrire une websérie sur le métissage et l’identité
Béatrice Gravel
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Être métissée, ce n’est pas seulement appartenir à deux cultures. C’est souvent apprendre à se définir selon le regard des autres : trop Québécoise pour certains, pas assez pour d’autres ; trop Haïtienne ici, pas assez là-bas. C’est de cette tension qu’est née Grimelle, une série que j’ai imaginée et écrite.
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Cette réflexion avait déjà traversé un épisode de Pa t’mentir, magazine culturel développé avec Schelby Jean-Baptiste. Mais rapidement, le cadre s’est révélé trop étroit. Le sujet demandait plus d’espace. Il demandait un personnage, une fiction.
La fiction s’impose

Entre l’idée et la série, il a fallu transformer un ressenti personnel en moteur dramatique.
Alizée (incarnée par Arielle Mailloux) est devenue le point d’ancrage. Jeune journaliste métisse, elle tente de s’imposer dans une salle de rédaction où les bonnes intentions cohabitent encore avec des réflexes d’un autre temps. À ses côtés, Esther (Cindy Charles), actrice ambitieuse confrontée au manque de rôles pour les femmes noires, et Jenny (Kipola Wakilongo), engagée et passionnée, qui revendique haut et fort son identité.
L’amitié entre ces trois femmes structure la série. Leur complicité, leurs désaccords et leurs ambitions donnent chair aux questions identitaires qui ont inspiré le projet.
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Faire des choix

Avant le plateau, il y a eu l’écriture. Et surtout, les versions. Le développement s’est fait en échange constant avec la productrice Anaëlle Béglet, la conseillère à la scénarisation Anne-Hélène Prévost et l’équipe de Tou.tv. Certaines scènes ont été coupées, les arcs resserrés, le ton précisé. Le travail consistait à trouver l’équilibre entre la sincérité du point de départ et l’efficacité dramatique.

Lorsque la réalisatrice Marilyn Cooke s’est jointe au projet, une autre étape a commencé. Le scénario quittait peu à peu la page pour entrer dans un univers tangible. Les discussions portaient sur le rythme, les silences, l’espace à laisser aux interprètes.
Du scénario à la production, Grimelle s’est affinée au fil des échanges et des réécritures. Cet inconfort personnel initial a trouvé une nouvelle forme d’expression.
Une manière, peut-être, de trouver sa place autrement.
Grimelle est présentée dès le 25 mars sur Tou.tv Extra.