[PHOTOS] Grande Allée: un projet de stationnement de neuf étages bloqué par la Ville de Québec
Le Groupe Lessard s'adresse aux tribunaux pour obtenir son permis de construction


Jean-Luc Lavallée
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Outré que son projet de stationnement étagé de 349 cases soit bloqué par la Ville de Québec, sur la Grande Allée près du Concorde, le Groupe Lessard s’adresse aux tribunaux pour obtenir son permis de construction.
Le projet litigieux est situé sur un terrain qui a fait couler beaucoup d’encre dans les dernières années à Québec, celui de la défunte église Saint-Cœur-de-Marie, tombée sous le pic des démolisseurs en 2019.
Le promoteur Louis Lessard a dénoncé à moult reprises dans le passé l’attitude de la Ville à son égard et ses vaines tentatives de faire accepter un projet d’habitation à cet endroit.
Son fils, Loik Lessard, mène cette fois la charge contre la Ville de Québec avec un tout nouveau projet de stationnement de 9 étages, lequel était en «tout point conforme à la réglementation en vigueur» au moment de la demande de permis, avant que la Ville décide de modifier le zonage a posteriori, peut-on lire dans sa demande de pourvoi en contrôle judiciaire déposée en Cour supérieure.

Par courriel, la Ville confirme qu’elle compte prohiber tout projet de stationnement commercial sur un terrain vacant. Le principe est déjà enchâssé dans le Programme particulier d’urbanisme (PPU) pour la colline Parlementaire, depuis 2010. Le règlement de zonage sera amendé afin d’éviter une «incongruité» avec cette vision. Elle privilégie plutôt un «bâtiment résidentiel ou mixte commercial» sur le site de l’ancienne église.
Un besoin «criant» en haute-ville
Un stationnement étagé aurait pourtant eu le mérite, selon le Groupe Lessard, de répondre à un besoin «criant» dans le secteur. Il dit également avoir obtenu l’appui de «tous les commerçants du secteur», restaurateurs et hôteliers, après leur avoir présenté son projet «remarquable d’un point de vue esthétique» afin de respecter le cachet patrimonial du coin.
Or, la Ville a rejeté le projet, déplore-t-on, et a entrepris une démarche «unilatérale» de modification au zonage afin de retirer l’usage «stationnement» qui était pourtant autorisé pour ce lot, situé dans un secteur stratégique, près des bars de la Grande Allée.
«La Ville ne peut pas décider de changer le zonage sans raison, pour bloquer un projet qui ne fait pas son affaire», s’insurge Loik Lessard, président de la Société Immobilière Lessard, dans un communiqué diffusé mercredi par la boîte de relations publiques Brouillard.
Un «abus de pouvoir» dénoncé
Dans sa requête, le Groupe Lessard déplore «l’abus de pouvoir et la mauvaise foi» de la Ville de Québec qui a démontré «une volonté politique de stopper» un projet en annonçant son intention de modifier le règlement après le dépôt de la demande de permis.
«Quand une ville tente d'adopter un règlement non pas dans l'intérêt public, mais uniquement pour se donner une raison de refuser un permis déjà demandé, elle est de mauvaise foi», peut-on lire.

La présence de l’usage «stationnement» parmi ceux autorisés était sans conséquence tant et aussi longtemps que le terrain était occupé, rétorque la Ville. «La Ville comble tout simplement une lacune dans sa planification dont elle a pris conscience à l’occasion d’un projet», a indiqué la porte-parole de la Ville, Audrey Perreault.
Consultation «tardive et malhonnête»
Le Groupe Lessard déplore par ailleurs la façon de faire de la Ville qui a annoncé une consultation publique le 12 décembre prochain, au sujet de la modification de zonage.
Puisque le projet de stationnement a déjà été rejeté, il ne sera pas présenté aux citoyens. La consultation portera exclusivement sur le retrait des usages «stationnement» et «poste de taxi» pour ce secteur.
«Selon nous, c’est injuste et malhonnête. Les résidents et commerçants du secteur ne pourront se prononcer en toute connaissance de cause puisque seulement la moitié de la situation leur sera présentée. On ne leur donnera pas l’occasion de voir à quoi pourrait ressembler la réalité», peste Loik Lessard.
La demande de pourvoi en contrôle judiciaire sera présentée à un juge de la Cour supérieure le 16 décembre prochain.
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