Grand Prix de Las Vegas: les installations sont-elles prêtes?
À l’arrivée des bolides et à quelques heures de la cérémonie d’ouverture, c’est la grande question qui plane


François-David Rouleau
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LAS VEGAS | Les organisateurs du Grand Prix sont engagés dans une véritable course contre la montre depuis des mois pour livrer les installations à temps pour la course. À moins d’un grand miracle, il serait surprenant qu’ils soient en mesure d’accueillir leurs invités de marque dans un endroit terminé pour la cérémonie officielle d’ouverture, ce soir.
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Quand Le Journal a enfilé le gilet jaune et le casque bleu pour visiter les lieux à cinq jours de l’arrivée officielle des écuries dans les magnifiques paddocks, il était difficile d’être complètement optimiste quant à l’échéancier.
Il restait encore tant de travaux à exécuter. Même le point de vue saisissant sur la nouvelle Sphère et les hauts immeubles de la «Strip» au coucher du soleil ne pouvaient suffisamment convaincre les visiteurs de la presse.
Dans une ville où l’adage veut que tout soit possible, l’ampleur des travaux à exécuter pouvait la faire mentir.
La construction du bâtiment sur Koval Lane d’une valeur de près de 300 M$, à un jet de pierre de la Strip, avait débuté l’automne dernier. Il a été complété à la fin octobre. Des centaines d’ouvriers s’affairaient toutefois encore à la finition et surtout à l’aménagement des espaces sur les 300 mètres de la structure.

Sur les trois étages supérieurs, ils renflouaient les locaux de mobiliers et d’équipements à être assemblés et installés. Des centaines de palettes étaient empilées aux quatre coins du chantier avant d’être placées aux bons endroits.
Véritable défi
Et dans les loges corporatives de l’autre côté de la grille de départ, surplombant des gradins où s’entasseront 18 000 spectateurs, le scénario était identique. Des travailleurs commençaient le montage des espaces devant accueillir des milliers de spectateurs et d’invités.

Malgré un travail sans relâche 24 heures sur 24 jusqu’à l’ouverture officielle aujourd’hui, on voyait mal comment les installations pouvaient être prêtes à offrir un service hors-norme aux gros bonnets de la F1 ayant payé jusqu’à plus de 20 000$ pour une paire de billets. Quand on allonge autant d’argent, on s’attend à un service à la fine pointe et non à des demi-mesures puisqu’on a manqué de temps.
Bref, ayant parié gros sur son évènement et cette nouvelle aventure à Vegas, la F1 devrait apprendre sa leçon et livrer un évènement irréprochable en 2024. Son contrat avec les autorités du Nevada s’échelonne jusqu’en 2033. En ville, promue de toutes les façons imaginables, on ressent une certaine effervescence.
Piste à terminer
Si des peintres badigeonnaient l’asphalte aux couleurs des commanditaires au premier virage, ailleurs sur le circuit, les travaux devaient s’accélérer. Car la liste des tâches à accomplir avant le premier tour de roue n’en finissait plus.

Preuve à l’appui, le long des deux kilomètres sur la Strip, un seul côté de murets de béton et de clôtures avait été installé. Les vibreurs restaient aussi à être fixés. Il importe de mentionner que cette même piste sera ouverte à la circulation durant les temps morts de jeudi à la conclusion des festivités, très tard dans la nuit de samedi à dimanche.
Hors du circuit, des travailleurs des établissements hôteliers donnant sur la piste cherchaient à terminer les infrastructures pour leurs clients. Celles devant le Bellagio sont déployées sur deux étages devant les célèbres fontaines.
D’ailleurs, ces installations temporaires ont semé la grogne et la controverse chez les puristes et les visiteurs. Pour aider à la construction et améliorer la vue, la direction du Bellagio a décidé de couper la majorité de ses majestueux arbres près de la rue tandis qu’elle en a déplacé d’autres qui étaient plantés près de l’eau et des fontaines. Ceux-ci retrouveront néanmoins leur place après la course.

Pas de grève
Pour accueillir le grand cirque de la F1, Las Vegas a surmonté plusieurs obstacles. Le dernier en lice: une menace d’une grève de 35 000 employés de la restauration et de l’hôtellerie dans 18 casinos, dont ceux du Wynn, de MGM International et Caesars Entertainment, ayant pignon sur la Strip.

L’enjeu? Obtenir une meilleure qualité de vie pour ses membres vivant dans une région fortement touchée par la hausse des coûts. Tant la Ville que les établissements ne pouvaient se permettre ce débrayage à quelques jours de la course tant attendue. Sept mois de négos ont amené les parties à s’entendre à quelques heures de l’échéance, vendredi dernier.
