Grand bâtisseur, Larry Smith peut remercier le groupe U2
L’ancien président des Alouettes sera intronisé par le Temple de la renommée du football canadien, en septembre


Benoît Rioux
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Il suffit d’entendre Larry Smith détailler l’une de ses anecdotes préférées pour l’affubler, à proprement parler, du titre de grand bâtisseur.
C’est justement dans cette catégorie que l’homme originaire de Hudson, au Québec, sera intronisé par le Temple de la renommée du football canadien, en septembre.
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«C’était en 1997, la RIO [l’ancienne Régie des installations olympique] nous annonçait que le Stade olympique avait été loué pour un concert du groupe U2, de raconter Smith, expliquant les circonstances entourant la riche histoire des Alouettes avec le stade de l’Université McGill. Quand j’ai demandé ce que nous allions faire pour le match éliminatoire prévu à la même date, on m’a répondu qu’on allait devoir s’arranger... C’est ce qu’on a fait! Avec une armée de bénévoles, on a acheté de la peinture et on a retapé un peu le Stade Percival-Molson.»
Plus de 25 ans plus tard, les Alouettes évoluent toujours sur la montagne, aux abords de l’Université McGill. C’est d’ailleurs là où Smith et quatre autres anciens membres des Alouettes seront présentés samedi, à la mi-temps, lors du match face aux Lions de la Colombie-Britannique. Leur prochaine intronisation au Panthéon sera ainsi soulignée par l’organisation montréalaise.
Un héritage fort
L’ambiance festive présente au Stade Percival-Molson, qui a subi deux rénovations majeures sous sa gouverne, fait partie de l’héritage laissé par Smith durant son passage à la présidence du club, de 1997 à 2001, puis à nouveau entre 2004 et 2010.

Ayant d’abord joué comme centre-arrière pour le club montréalais dans les années 1970, Smith a aussi été commissaire de la Ligue canadienne de football (LCF) à compter de 1992. À titre de commissaire, il a carrément assuré la survie de la LCF, en supervisant l’expansion américaine pour amener de l’argent neuf.
À l’extérieur du football, le Québécois allait par ailleurs être nommé sénateur, en 2010 par le premier ministre Stephen Harper.
«J’ai toujours été en mouvement et dans ce temps-là, tu ne penses pas à l’héritage que tu laisses derrière toi, a résumé l’homme de 72 ans, à propos de son parcours bien rempli. Tu ne travailles pas en fonction de ça.»
Bilan forcé
Son intronisation au Temple de la renommée du football canadien force néanmoins Smith à tracer un bilan de ses réalisations de même qu’à identifier les gens ayant eu un impact autour de lui. Rapidement, il vient à nommer son père Bill et sa mère Marjorie, tous deux décédés, parmi les personnes qui l’ont grandement influencé.
«J’ai toujours eu le support de mes parents, a-t-il noté. Ils étaient présents à pas mal tous mes matchs quand je jouais, que ce soit à l’école secondaire, à l’Université Bishop’s ou avec les Alouettes. Il y a le développement d’un athlète, mais encore plus important, le développement d’un individu.»
Malgré son emploi du temps chargé, Smith indique avoir voulu être tout autant impliqué au sein de sa famille, comme dans le parcours de ses propres enfants Wes, Ashley et Brad.
«Mon discours n’est pas encore tout à fait prêt pour la cérémonie d’intronisation, en septembre, mais j’ai commencé à coucher des idées sur papier», a-t-il assuré.
Va savoir si, avec son humour légendaire, Larry Smith n’en profitera pas pour remercier Bono et le groupe U2.