Gouvernement Carney: la communauté d’affaires réclame un ministre à Québec
Le contraire serait «inconcevable», clame la communauté d’affaires


Dominique Lelièvre
Partager
L’absence d’un élu de Québec de la table du Conseil des ministres d’Ottawa est «problématique» et le premier ministre Mark Carney doit y remédier, réclame une coalition de la communauté d’affaires de la région.
À la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ), la décision du nouveau premier ministre de retirer à la région son seul ministre, Jean-Yves Duclos, à la mi-mars, n’est pas passée inaperçue.
«On pense que c’est quelque chose de problématique», exprime son président et chef de la direction, Frédérik Boisvert.
Ce «précédent» doit être corrigé et la région a besoin d’une «voix forte» pour défendre ses intérêts, plaide-t-il au moment où M. Carney s’apprête à dévoiler la nouvelle composition de son cabinet, à la suite des élections fédérales.
«Inconcevable»
«Comme capitale nationale [du Québec], je trouverais ça inconcevable de se faire représenter par un élu de Shawinigan ou de Montréal», lance-t-il.
Le 28 avril, Steeve Lavoie, l’ancien président de la CCIQ, est devenu le troisième député libéral de la région.
«On a une députation renforcée du gouvernement, donc on entend bien en profiter», soutient M. Boisvert.
Avec d’autres acteurs économiques, dont le Port de Québec et Québec International, la CCIQ demande à Ottawa de renouer avec la «tradition» de nommer un élu de la Capitale-Nationale au Conseil des ministres.
Avant Jean-Yves Duclos, d’autres députés tels que Josée Verner et Steven Blaney avaient aidé à faire progresser des dossiers prioritaires pour la région, insiste M. Boisvert.
Ça fait une «différence», comme en témoignent, selon lui, les investissements récents dans le pont de Québec (1G$ sur 25 ans) et le chantier Davie (plus de 8G$ en contrats).
Il voudrait maintenant avoir le même coup de pouce pour faire débloquer le projet de terminal de conteneurs de QSL au port de Québec, qui est d’«une importance capitale», affirme-t-il.
D’autres appuis
Alain Chandonnet, président-directeur général de l’Institut national d’optique (INO), appuie cette coalition.
Aucun programme fédéral ne vient précisément appuyer la mission de son organisation malgré son poids économique majeur.
«On est contraint d’avoir des interventions politiques tous les cinq ans pour renouveler notre financement», d’où l’importance «d’avoir une représentativité ministérielle dans la région», explique-t-il.
«Québec, ce n’est pas la plus grande ville du Canada, mais c’est une ville qui représente le Canada à l’international. C’est un produit d’appels, c’est une ville qui bourgeonne d’idées d’entreprises innovantes incroyables. On a le port en eau profonde le plus creux à l’intérieur du continent», rappelle de son côté Alupa Clarke, directeur général de l’Association des hôteliers de la région de Québec, qui s’inscrit aussi dans ce mouvement.
Invité par Le Journal à préciser ses attentes au regard du projet de tramway, «il va de soi que ça serait également un des dossiers sur lesquels le ministre de la région serait appelé à agir rapidement», a ajouté Frédérik Boisvert.
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.