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Gosselin mise sur une campagne référendaire

Photo portrait de Karine Gagnon

Karine Gagnon

2021-08-27T09:00:00Z

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De tous les candidats à la mairie de Québec, Jean-François Gosselin s’avère le seul qui aurait avantage à ce que la campagne de cet automne se transforme en élection référendaire sur le tramway. 

L’aspirant maire, qui a rencontré le Journal à quelques pas de la maison familiale où il a grandi, près du Parc de l’Anse-à-Cartier, se défend d’être opportuniste en la matière. Sauf que c’est loin d’être un hasard s’il tente de pousser cette idée, lui qui pourrait profiter de la division du vote chez les quatre autres candidats. 

M. Gosselin s’avère en effet le seul à se prononcer contre le projet, auquel il oppose un métro léger présenté sur le tard, en juin. 

Néanmoins, le candidat peut bien rêver en couleurs, mais les citoyens de Québec vont-ils réellement croire qu’il est possible de construire un métro souterrain pour moins cher et en desservant un territoire semblable qu’avec un tramway ? J’en doute fort.  

Mais surtout, à part quelques féroces opposants au tramway, ces mêmes citoyens baseront-ils vraiment leur choix sur un seul projet, lors du scrutin du 7 novembre ? J’en doute aussi. 

Métro léger

Les électeurs s’appuient plutôt sur un ensemble de facteurs pour choisir un maire ou une mairesse. Cette personne doit inspirer suffisamment confiance, démontrer ses capacités à convaincre avec une vision claire et porteuse, à diriger et à rassembler. 

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On ne peut pas dire que M. Gosselin a su se démarquer particulièrement à cet égard. Depuis son arrivée sur la scène municipale, en 2017, il démontre cette fâcheuse tendance à s’accrocher à un seul projet. 

Après le troisième lien à l’est il y a quatre ans, un projet ne relevant pas du municipal, le candidat fait maintenant campagne sur un métro léger. 

Le chef de Québec 21 a trop souvent tenu un discours lassant où il répète les mêmes arguments anti-tramway. En les écoutant, ses collègues et lui, les soirs de conseil municipal, on a l’impression qu’il n’y a pas d’autre enjeu à Québec.

En 2017, Jean-François Gosselin allait jusqu’à dénoncer des investissements qu’il jugeait trop importants au sein du RTC. Il ne fallait pas voir le transport en commun comme une religion, clamait-il, très collé au discours des radios privées.

Quoi qu’il en soit, après avoir dénoncé bec et ongles ce type de projet, il se fait le défenseur du système le plus lourd et qui est considéré parmi les plus coûteux.

Le métro a été jugé surdimensionné pour Québec, qui ne dispose pas d’une population suffisante pour justifier un tel système.

Manque de cohérence

L’autre problème, c’est que même si M. Gosselin qualifie son projet de rassembleur, celui-ci n’a reçu aucun appui significatif. Plusieurs éléments qui s’y rattachent ne tiennent pas la route. 

L’idée d’aménager pas moins de 17 stations sans rien déranger en surface ni enlever d’arbres, relève de la fabulation.

M. Gosselin manque aussi de cohérence lorsqu’il prétend que son projet, qui n’a pas encore fait l’objet d’études ni obtenu de financement fédéral-provincial, serait prêt selon la même échéance que le tramway. Ce dernier a nécessité 10 ans d’études et de pourparlers avant d’en arriver à sa concrétisation, ce printemps. 

Il ne faut pas être dupe : tout serait à recommencer, ce qui équivaudrait à tourner en rond pendant des années encore. Une éventualité dont Québec, en temps de pandémie, n’a vraiment pas besoin. 

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