Gino Odjick, «un homme d’honneur» pour Sergio Momesso et Donald Audette


Jonathan Bernier
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«C’est difficile de perdre un de tes amis. Ses rires et ses histoires vont nous manquer. C’était comme un petit frère. Un petit frère dur, mais un petit frère quand même.»
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Bien qu’il savait Gino Odjick malade depuis quelques années, Sergio Momesso a reçu l’annonce de son décès comme un véritable choc.
«Je l’ai appris en plein milieu de la diffusion du match entre le Canadien et les Rangers, a expliqué l’analyste des matchs du Tricolore à la radio de TSN. Mon téléphone n’arrêtait pas de vibrer. Quand j’ai finalement décidé d’y jeter un œil, j’ai vu le message de Kirk McLean qui m’apprenait le décès de Gino.
«Le retour à la diffusion du match a été difficile. J’ai eu de la misère. Pendant quelques instants, j’ai été incapable de parler», a-t-il poursuivi, lors d’un entretien téléphonique avec Le Journal de Montréal.
De la saison 1990-1991 à 1994-1995, Momesso et Odjick ont été coéquipiers sous les couleurs des Canucks de Vancouver. Momesso, échangé des Blues en mars dans une transaction à six joueurs, et Odjick ont immédiatement développé des affinités en raison de leurs origines québécoises et leur amour du jeu robuste.
«J’ai toujours eu un faible pour lui. C’était un dur qui se battait pour son équipe», a raconté Momesso.

Une présence réconfortante
Donald Audette, qui a joué avec lui le temps d’une saison avec le Titan de Laval et pendant deux autres avec le Canadien de Montréal, le décrit exactement de la même façon.
«C’était un gars facile à aimer, a déclaré Audette. Il occupait un rôle ingrat, mais il le faisait à merveille. Et pas seulement avec des bagarres. Quand ça allait mal, il était capable de sauter sur la glace et de changer le tempo d’un match.»
Odjick a connu une carrière de 605 matchs dans le circuit Bettman. Carrière au cours de laquelle, en raison de ses quelque 150 combats, il a accumulé 2567 minutes de punition. Ce qui lui confère le 17e rang de l’histoire de la LNH.
À une époque où l’intimidation était omniprésente sur les patinoires de la LNH, miser sur un joueur de cet acabit dans son vestiaire était indispensable.
«Quand je suis arrivé à Montréal, j’ai retrouvé le même gars que j’avais connu à Laval et avec qui mon père était très proche, s’est souvenu Audette, aujourd’hui dépisteur amateur pour le Canadien. Avec lui, je savais que j’allais être correct. Sa présence me donnait confiance. Autant sur la glace qu’en dehors.»

Le protecteur de Bure
Cette présence qui permettait à Audette de se sentir en sécurité est la même qui a permis à Pavel Bure de connaître une brillante carrière de 12 saisons dans la LNH, dont sept à Vancouver.
«Gino voulait jouer plus. Je lui disais qu’il fallait qu’il s’entraîne et qu’il travaille. Si tu veux faire plus que trois ou quatre présences par match, il faut que tu sois en forme, que tu développes ton endurance», mentionne Momesso.
Un conseil qui a porté ses fruits.
«C’est ce qu’il a commencé à faire. Puis quand Pavel est arrivé, l’entraîneur l’a placé avec lui pour le protéger, a souligné Momesso. Pour le faire, il fallait être capable de suivre le jeu.»
D’ailleurs, de l’extérieur, personne n’a jamais compris comment Bure et Odjick avaient pu développer une relation aussi solide.
«C’était loin d’être un couple assorti, rigole Momesso. Pavel étant Russe, il ne parlait pas beaucoup anglais. Gino, c’était comme son grand frère. Ils étaient co-chambreurs. Rapidement, ils sont devenus inséparables.»
Une amitié peu probable qui s’explique possiblement par la description qu’Audette fait de celui qu’il a connu à l’âge de 18 ans : «Un gars simple, un gars au grand cœur. Un homme d’honneur.»