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Gérer l'endométriose avec la nutrition: possible... à condition de ne pas tomber dans le piège de la désinformation

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Photo portrait de Félix  Desjardins

Félix Desjardins

2026-01-25T05:00:00Z

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Plusieurs femmes atteintes d’endométriose tombent dans le piège de la désinformation en transformant leur alimentation pour apaiser leurs symptômes, avertit une nutritionniste-diététicienne spécialisée. 

Dans son premier livre, Endométriose, alimentation et mode de vie, Celine Saloumi décortique moult mythes entourant ce problème de santé encore méconnu, qui touche pourtant une femme sur 10 en âge de procréer. Plusieurs d’entre eux concernent la nutrition, qui peut jouer un rôle clé pour amenuiser la maladie.

Celine Saloumi est nutritionniste-diététiste et autrice de «Endométriose, alimentation et mode de vie». Crédit: Vanessa Abi Zeid
Celine Saloumi est nutritionniste-diététiste et autrice de «Endométriose, alimentation et mode de vie». Crédit: Vanessa Abi Zeid Vanessa Abi Zeid

«Il n’y a aucun traitement qui peut guérir l’endométriose, donc l’approche médicale consiste à soulager les symptômes, explique-t-elle en entrevue. Mais avec les réseaux sociaux, la désinformation en nutrition a explosé. Et une femme qui est souffrante est prête à tout pour essayer de diminuer sa douleur.»

Des symptômes variables

L’endométriose est une maladie inflammatoire et chronique qui peut prendre plusieurs formes, ce qui complexifie d’autant plus le diagnostic. «Elle se caractérise par la présence à l'extérieur de l'utérus de tissu semblable à la muqueuse tapissant l'utérus [...] qui peut se développer dans la cavité pelvienne, sur des ligaments pelviens et d'autres organes», vulgarise Mme Saloumi dans son ouvrage, dans lequel elle relate sa propre expérience avec l’endométriose.

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Les symptômes les plus communs: des douleurs «fortes, intenses, localisées» durant ou en dehors des règles, de même que pendant les relations sexuelles et l’évacuation de l’urine et des selles.

Des problèmes digestifs s'ajoutent pour la grande majorité des femmes souffrant d’endométriose. C’est là qu’entre en jeu l’expertise de Celine Saloumi.

«Pendant mes études pour devenir nutritionniste, le seul aspect qui concernait la santé des femmes était la nutrition-grossesse, se désole-t-elle. Malheureusement, dans mes discussions avec mes clientes, je vois qu’il y a encore une mentalité qui dit: “J’ai une bonne tolérance à la douleur”. On n’est pas censé devoir porter un badge qui dit qu’on est une superwoman

Gare à l’abstention

Mal outillées, puisque le Canada traîne de la patte par rapport à d’autres pays concernant la sensibilisation entourant l’endométriose, des femmes suivent aveuglément des conseils prodigués par des charlatans de la nutrition. Selon eux, il faut complètement couper caféine, gluten, lactose et autres pour adopter une alimentation anti-inflammatoire.

«On entend toujours le même discours: il faut éliminer des aliments pour se sentir mieux, précise Mme Saloumi. Ce n’est pas la solution. Ça peut troubler la relation qu’ont ces femmes avec la nourriture et avoir un impact sur la diversité du microbiote intestinal, ce qui peut empirer les symptômes digestifs.»

Il est vrai qu’une alimentation anti-inflammatoire peut atténuer les symptômes de l’endométriose pour certaines femmes. Les recherches entourant la nutrition et cette maladie évoluent toutefois à la vitesse grand V, et une approche personnalisée est la seule avenue à emprunter.

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Le régime méditerranéen, qui mise sur «les couleurs dans l’assiette, les végétaux et les bonnes graines», est une bonne base pour prévenir ou gérer le développement de l’endométriose, mais doit être adapté selon les besoins particuliers de chaque femme.

Des conseils en rafale

Bien que Celine Saloumi s’attende à ce qu’une nouvelle édition de son livre soit de mise dans quelques années seulement, voici quelques conseils qu’elle pourrait donner à n’importe quelle femme atteinte d’endométriose. 

  • Éviter les aliments ultra-transformés: «S’il y a un groupe alimentaire problématique, c’est bien celui-là. Il faut les limiter le plus possible et mettre de la couleur dans l’assiette.» 
  • Ne pas hésiter à consulter: «Ce n’est pas normal d’avoir des menstruations abondantes au point où il faut se changer chaque heure, d'avoir de gros caillots de sang, d'être en douleur au point de ne pas être capable de fonctionner en société.» 
  • Douter de la pseudoscience: «Il n’y a pas de formule magique qui peut régler tous les maux. Le one size fits all, ça n’existe pas en nutrition.» 
«Endométriose, alimentation et mode de vie», Celine Saloumi, Les Éditions de l'Homme, 192 pages. Crédit: Photo fournie par le Groupe Livre
«Endométriose, alimentation et mode de vie», Celine Saloumi, Les Éditions de l'Homme, 192 pages. Crédit: Photo fournie par le Groupe Livre Photo fournie par le Groupe Livre

  • Endométriose, alimentation et mode de vie, Celine Saloumi, Les Éditions de l’Homme, 192 pages. 
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