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Gazoducs Nord Stream: qui les a sabotés?

Les remous créés par les fuites des gazoducs Nord Stream en septembre dernier.
Les remous créés par les fuites des gazoducs Nord Stream en septembre dernier. Photo d’archives
Photo portrait de Normand Lester
2023-02-22T05:00:00Z

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Au moment d’écrire ces lignes, le Conseil de sécurité n’avait pas encore voté sur la demande de la Russie que l’ONU enquête sur la mystérieuse destruction des gazoducs Nord Stream 1 et 2 en septembre dernier.

Le célèbre journaliste d’investigation américain Seymour Hersh a écrit un article le 8 février dans lequel il affirmait que l’opération avait été menée par les Américains sur ordre du président Biden. L’allégation a été accueillie avec scepticisme par les médias américains et démentis par le département d’État.

D’après l’article, des plongeurs de la US Navy ont posé des charges C4 sur les pipelines Nord Stream en juin 2022 lors d’exercices de l’OTAN dans la mer Baltique. Les explosifs ont ensuite été déclenchés le 26 septembre par une bouée sonar larguée d’un avion de reconnaissance norvégien.

Le journaliste a critiqué les médias américains pour avoir ignoré ses révélations reprochant notamment au New York Times et au Washington Post de n’avoir même pas publié le démenti de la Maison-Blanche qui a qualifié son reportage de «totalement faux, une complète fiction».

Hersh a une très longue carrière de journaliste d’enquête. En 1971, il a mérité le prix Pulitzer pour avoir révélé le massacre de plusieurs centaines de paysans vietnamiens dans le village de My Laï au Vietnam par les forces armées américaines. C’est aussi lui qui a révélé en 2004 la torture de prisonniers par l’US Army à Abu Ghraib pendant la guerre d’Irak.

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Certaines de ces enquêtes plus récentes ont été critiquées, dont une alléguant que c’est la Turquie et non la Russie qui était à l’origine d’une attaque à l’arme chimique en Syrie.

  • Écoutez Normand Lester à l’émission de Richard Martineau via QUB radio : 

Si ce n’est pas la Russie, c’est qui?

Après les explosions, Moscou a rapidement été blâmé pour l’attentat. On soupçonnait que le Kremlin voulait bloquer le flux d’énergie vers les pays d’Europe de l’Ouest et en particulier l’Allemagne pour les inciter à retirer leur soutien financier et militaire à l’Ukraine.

Une équipe du Washington Post a interrogé 23 responsables diplomatiques et des services secrets de neuf pays qui ont tous déclaré au journal qu’il n’y avait aucune preuve que la Russie était derrière le sabotage.

Avant le début de la réunion du Conseil de sécurité, les ambassadeurs du Danemark, de la Suède et de l’Allemagne – les trois pays dont les eaux territoriales sont traversées par les deux oléoducs – ont envoyé une lettre à ses membres où ils confirmaient le sabotage par de puissants explosifs. Des membres du conseil s’opposent à l’enquête.

  • Écoutez Normand Lester à l’émission de Richard Martineau via QUB radio : 

Washington satisfait

Le président Biden avait publiquement menacé le gazoduc le 7 février 2022 : «Si la Russie envahit... il n’y aura plus de Nord Stream 2. Nous y mettrons fin».

Lors d’une rencontre avec notre ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, le 30 septembre, le secrétaire d’État Blinken a déclaré que c’était «une formidable opportunité de supprimer une fois pour toutes la dépendance à l’énergie russe». 

Et la sous-secrétaire d’État Victoria Nuland affirmait que les responsables américains étaient satisfaits de la destruction de Nord Stream. Membres permanents du conseil de sécurité, les États-Unis y ont un droit de veto.

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