Gaza: que peut faire Kamala Harris?


Normand Lester
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Kamala Harris a-t-elle donné le signal d’un changement majeur dans la politique américaine à l’égard de Gaza? Elle a promis de ne pas rester «silencieuse» face aux souffrances des civils et a insisté sur la nécessité de conclure rapidement un accord de paix.
Celle qui sera la candidate démocrate à la présidence a déclaré, après avoir rencontré Netanyahu, qu’il était temps de mettre un terme à la guerre «dévastatrice» évoquant les «enfants morts» et les «personnes désespérées et affamées fuyant pour se mettre à l’abri».
Son ton était certes différent de celui de Biden, mais elle n’a osé critiquer Israël qu’indirectement.
Facile pour Harris de faire mieux que Biden. Netanyahu a allègrement franchi toutes les lignes rouges que Biden a tracées à Gaza comme s’il s’agissait d’une course à obstacles en faisant un pied de nez au président. Biden a laissé faire et l’a quand même reçu avec une grande cordialité à la Maison-Blanche où Netanyahu l’a remercié pour ses 50 années de soutien à Israël.
Bien que chaudement ovationné par les chambres réunies du Congrès, il est à noter que plus de 60 élus démocrates ont boycotté son discours. Il y avait chez eux comme une petite gêne.
Harris, bouée de sauvetage
Sur Facebook, l’activiste américano-palestinienne Linda Sarsour a noté: «Joe Biden est devenu un handicap politique pour le Parti démocrate sur Gaza... ils savaient qu’ils ne pourraient pas gagner des États comme le Michigan, la Géorgie, le Wisconsin, et ils avaient perdu l’appui d’importants groupes comme les jeunes, les électeurs arabes et musulmans et de nombreux progressistes.»
Pour les partisans de la Palestine, la décision de Biden de se retirer représente une victoire morale. Mais s’ils espèrent que Kamala Harris s’écartera considérablement du soutien de Joe Biden à Israël, ils seront déçus. Il n’y a aucune indication que Harris n’ait jamais préconisé de véritables mesures efficaces contre Israël depuis que le massacre de civils palestiniens se poursuit à Gaza.
Rappelons qu’en tant que candidate à l’investiture démocrate en 2016, Harris s’est opposée à la décision d’Obama de s’abstenir sur une résolution de l’ONU qui condamnait la construction illégale de colonies israéliennes en Cisjordanie.
Comme Biden et tous les présidents depuis la création de l’État juif, elle place la sécurité d’Israël au-dessus de toutes autres considérations. Elle appuie la chimérique «solution de deux États vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité» qui ne sera jamais réalisable même si cette rhétorique est largement entonnée par la communauté internationale.
Avec la plupart des démocrates, elle soutient les efforts de l’administration Biden pour freiner les excès israéliens. Kamala Harris ne pourra pas faire grand-chose autre que «d’essayer davantage» de restreindre Israël. Une bonification essentiellement cosmétique, diraient certains, par rapport à Biden.
Et Trump alors?
L’ex-président serait, lui, bien pire pour les Palestiniens. Trump a déclaré qu’Israël devait «finir le travail» par une «victoire». Il déplore qu’Israël soit en train de perdre la bataille de l’opinion publique parce que la guerre dure depuis si longtemps.
Sous Trump, Israël aurait encore plus de marge de manœuvre que sous Biden ou Harris.