«Ils ont le droit de nous huer» - Brendan Gallagher
Le Canadien a accordé six buts en troisième période

Dave Lévesque
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Des huées et des «Ole, Ole» sarcastiques se sont fait entendre dans le Centre Bell alors que les dernières secondes s’écoulaient au match jeudi soir.
Les partisans ne se sont pas gênés pour manifester le mécontentement après cette raclée de 9 à 2 subie aux mains des Penguins de Pittsburgh.
Brendan Gallagher a évidemment tout entendu et même s’il affichait son calme habituel, il n’a pu faire autrement que de donner raison à tous ceux qui ont voulu passer un message aux joueurs.
«Ils ont le droit de nous huer, nous ne leur offrons pas un produit divertissant, c’est aussi simple que ça et nous sommes aussi déçus de notre performance.»
Toujours calme, Gallagher ne peut pas servir de baromètre pour re présenter l’humeur du vestiaire, mais après ce match, il régnait comme une ambiance similaire à celle qui suit un événement grave comme un accident ou un phénomène météorologique rare. Une sorte de calme bizarre où tout le monde tente de comprendre ce qui vient de se produire sans pouvoir mettre des mots sur les émotions qui viennent avec.
Étrangement calme
Lors de la défaite de 6 à 3 du Canadien à Washington, Martin St-Louis, visiblement en furie, a dit que l’équipe s’était vomi dessus. Jeudi soir, il était étrangement calme quand il s’est présenté devant les médias. Son attitude ne collait pas avec ce qui venait de se passer.
«Je ne m’attendais pas à une troisième période comme ça, a admis l’entraîneur-chef. Ce n’était pas notre meilleur match, mais les deux premières périodes étaient serrées. C’est une troisième période qu’on va regarder, mais la chaîne a débarqué.»
Le Canadien s’est présenté en troisième période avec un retard d’un but sur les Penguins qui menaient 3 à 2. Tout était encore possible.
La chaîne a débarqué pour vrai quand les visiteurs ont inscrit leur cinquième but lors d’un avantage numérique dans cette troisième période. C’était le second but de l’engagement pour les visiteurs qui en ont inscrit quatre autres avant le sifflet final.
Mauvais départ
«Nous avons pris deux pénalités en début de troisième période, ç’a été dur de trouver notre rythme», a souligné St-Louis.
Brendan Gallagher a pour sa part expliqué que l’équipe s’est laissée aller dans la déception. Il n’a pas parlé de complaisance, mais ça s’en approchait drôlement.
«On était dans le coup après deux périodes et les rondelles se sont mises à entrer dans le filet. On ne peut pas laisser notre jeu glisser aussi bas. Nous disons que nous devons apprendre de ces moments, mais on ne peut pas le dire sans arrêt. On doit aller sur la glace et poser des actions en tant que groupe», a soutenu l’attaqu qui a été ébranlé par les huées des spectateurs en fin de match.
Abandon
Fier compétiteur, Jake Evans a soutenu que certains joueurs ont abandonné après le cinquième et à en juger par le langage corporel de certains de ses coéquipiers sur la glace, il n’a pas tort.
«Je ne dirais pas que tout le monde a abandonné, mais il n’y avait rien qui marchait en troisième, a tempéré Martin St-Louis. On s’est creusé un gros trou et c’est dur dans ce temps-là de garder le mental plus fort que les émotions.»
La notion d’abandon dans un match où une équipe accorde six buts sans réplique en troisième période était évidemment au cœur des discussions dans le vestiaire.
«Quand on se retrouve à 5 à 2 avec 12 minutes à jouer, nous devons nous assurer que ça n’empirera pas, a tonné Kaiden Guhle qui fulminait en parlant les dents encore plus serrées qu’à l’habitude. Si on revient, on revient et si on ne revient pas, on ne revient pas. Nous ne pouvons laisser ça dégénérer comme ce soir.»
Suzuki hébété
Nick Suzuki était hébété par ce qu’il venait de vivre, comme en état de choc.
«J’essaie encore de comprendre ce qui s’est passé et je n’y arrive pas. Je ne sais pas qui c’était sur la glace et j’ai été gêné par notre comportement. Ce n’est pas une bonne façon de conclure un séjour à la maison.»
Martin St-Louis a laissé tout le monde sur un autre élan de sagesse dont lui seul a le secret quand un journaliste lui a demandé s’il a été en colère en voyant la prestation de son équipe en troisième période.
«Je ne sais pas si c’était de la colère, j’étais plus déçu. La colère est une émotion, la déception est un sentiment.»
Voyez le point de presse de Gallagher ci-dessus et, ci-dessous, celui du captaine.