Gala 100% québécois au Mexique


Réjean Tremblay
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La COVID-19 ne lâche pas. Lundi, le gouvernement mexicain a ordonné que les galas de boxe présentés au Mexique soient limités à quatre combats au lieu des huit habituels.
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Question d’être plus prudents avec la pandémie de COVID qui fait ses ravages également au Mexique.
C’était la panique à Dorval dans les bureaux d’Eye of the Tiger Management. Ça voulait dire que seulement deux des quatre boxeurs envoyés à Cuernavaca pourraient monter dans le ring. Alors que tous les contrats de télévision étaient déjà signés.
Heureusement, les promoteurs mexicains ont été compréhensifs. Les dirigeants du WBC ont fait pression à cause des nombreuses ceintures en jeu et finalement, le gala de ce soir est devenu un gala complètement québécois. Comme si ça se passait à Shawinigan. À 100 %.
Malheureusement pour les boxeurs et leurs fans, les quatre combats « mexicains » ne seront pas présentés. Probablement que les arguments du promoteur québécois étaient très « sonnants ».
COUVERTURE SURRÉALISTE
Le reste est presque surréaliste. C’est comme si j’avais passé deux jours à Cuernavaca. À une petite heure de Mexico. Grimpé en haute attitude. Le souffle un peu court.
En fait, je n’ai pas bougé de la maison. Mais j’ai passé deux jours à Cuernavaca quand même.
Grâce au portable, grâce à Messenger, à FaceTime, à Facebook, c’est comme si j’y étais. Ah oui ! Grâce aussi à Virginie Assaly et à Samuel Décarie qui m’ont rendu la vie facile.
J’ai suivi en direct la pesée de Leila Beaudoin, de Christopher Guerrero, de Sadriddin Akhmedov et de Steven Butler. La mission Commado de Punching Grace a fait le travail. Je n’ai rien manqué. Même qu’après la pesée, lorsque Jose de Jesus Macias a tendu la main à Steven Butler, j’ai eu un petit serrement. Butler, tout dans le moment ensoleillé, n’a même pas hésité et a serré la main de son adversaire.
Comme le font deux adversaires valeureux et sportifs dans une vie normale.
Sauf que ça faisait presque dix mois que je n’avais pas vu deux personnes se serrer la main. Et que j’ai presque eu peur pour Butler. Tout d’un coup, s’il venait d’ouvrir la porte au virus...
SADRIDDIN... ENTRAÎNEMENT ET PATERNITÉ
Je n’avais pas fini mon trip surréaliste. Virginie Assaly, d’EOTTM, m’a envoyé tout plein de photos de nos Québécois sur le bord de la piscine et sous les palmiers, et plus tard en après-midi, je me suis retrouvé en direct avec Samuel Décarie et Sadriddin Akhmedov sur leur cart de golf qui revenaient à leur chambre d’hôtel.
Samuel tenait son téléphone, je voyais les deux gaillards et je posais mes questions à Sadriddin. Son anglais est encore rudimentaire, mais Sam complétait les réponses si nécessaire. Il savait de quoi parlait son boxeur, ils viennent de passer des semaines ensemble.
D’ailleurs, Sadriddin vient de vivre son meilleur camp d’entraînement. Il est revenu au Québec avec sa jeune épouse, une star de la chanson au Kazakhstan, et les deux sont installés en banlieue de Montréal. Deux et bientôt trois puisque madame va accoucher dans deux ou trois semaines, m’a confié Sadriddin.
Sadriddin se sent comme un poisson dans l’eau à Cuernavaca. C’est son premier voyage au Mexique, mais le jeune Kazakh a visité une quinzaine de pays pour livrer ses 250 combats amateurs et pour gagner le titre mondial junior à 22 ans. Plus jeune que Gennady Golovkin : « Les quatre ou cinq prochains combats vont me conduire à un combat de championnat du monde. Je suis prêt, le temps est venu », m’a dit Sadriddin... aidé par Sam Décarie.
Et puis, pour la première fois depuis qu’il a signé son contrat avec Camille Estephan, Akhmedov, qui est tout jeune, était seul dans le gymnase sans ses compatriotes et ses amis kazakh ou russes. Pas de Nurzat, pas d’Amman, pas d’Artur dans le gym de Marc Ramsay. Juste les coachs et les partenaires d’entraînement.
Ça travaille bien quand on fait juste s’entraîner et qu’on rentre à la maison en sortant du gym...