Gagnon inquiète pour la suite de sa carrière


Richard Boutin
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Un différend important entre Marie-Michèle Gagnon et Alpine Canada met en péril la carrière de la triple olympienne.
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Même si elle garde espoir que les deux parties puissent trouver un terrain d’entente d’ici la fin avril, Gagnon craint pour la suite de sa carrière si rien ne bouge.
« Même si je ne veux pas entrer dans les détails, cette décision peut mettre en jeu ma carrière, a affirmé Gagnon qui a complété sa saison, mercredi, à l’occasion de la finale de la Coupe du monde à Courchevel. C’est clair que ça met en péril ma prochaine saison. Nous avons des différences d’opinions pour la suite de ma carrière. J’espère qu’on va trouver une solution qui va convenir aux deux parties. »
Encore cette année, Alpine Canada exigeait des frais de 30 000 $ pour les athlètes du grand cirque blanc. L’organisme vit depuis quelques années des moments difficiles sur le plan financier avec l’absence de podiums aux Jeux olympiques, mais Gagnon croit que la situation s’améliore.
« Le financement privé va quand même bien avec l’arrivée de nouveaux membres au sein du conseil d’administration, a-t-elle expliqué. J’espère que la médaille à Pékin [le bronze de James Crawford en combiné alpin] va aussi aider. L’automne dernier, Alpine Canada a modifié les critères permettant d’être sélectionnés au sein de l’équipe nationale. »
« Les skieurs âgés de 26 ans et plus doivent terminer la saison dans le top 15 dans une discipline, de poursuivre la skieuse de Lac-Etchemin qui a terminé en huitième place en descente aux Jeux de Pékin. La WCSL (World Cup Starting List) est la liste dont tout le monde tient compte. Le classement est établi en fonction des résultats de la Coupe du monde et des Jeux olympiques. Plusieurs ne font pas le critère. »
En 12e place sur la WCSL avant la dernière épreuve, Gagnon a glissé au 15e rang en raison de sa 21e place de mercredi, mais elle respecte le critère de sélection numéro un d’Alpine Canada. Au classement FIS qui ne tient pas compte des résultats aux Olympiques, Gagnon pointe en 18e position.
L’équipe canadienne de vitesse chez les femmes ne compte qu’une représentante, ce qui n’aide pas le cas de Gagnon.
Vidée mentalement
Au lieu d’attendre la fin de la saison pour discuter de l’avenir de la skieuse de 32 ans, Alpine Canada l’a prévenue de ses intentions il y a deux semaines.
« Cette histoire me draine énormément et je suis complètement vidée mentalement, a-t-elle confié. C’est une bonne chose que la saison soit terminée parce que je ne suis plus capable de me battre en piste. Alpine Canada s’est excusée du moment de leur décision, mais ça ne change rien au résultat. »
Sa 21e position n’était donc pas surprenante. « J’ai bien skié et j’étais correcte techniquement, mais je n’avais aucune ardeur en course, a-t-elle raconté. Je skiais bien à l’entraînement [11e et 13e place], mais je n’étais pas capable de me battre en course. Pour terminer parmi les meilleures, tu dois avoir l’énergie mentale nécessaire pour te battre. Les deux dernières semaines ont été très difficiles mentalement. »
« J’étais en 12e place au classement en arrivant et je pensais glisser, de poursuivre Gagnon qui a signé quatre top 10 cette saison en Coupe du monde, mais je n’ai pas lâché prise pour être en mesure de conserver ma position dans le top 15. »
Sa saison plus difficile en super-G l’a écartée par une place de la finale de la Coupe du monde qui se déroulera jeudi où seulement les 25 meilleurs s’élanceront du portillon de départ.
« J’aimerais continuer encore au moins un an, a souligné l’auteure d’une cinquième position à Zauchensee en Autriche le 15 janvier dernier, son meilleur résultat en carrière en descente. Les mondiaux auront lieu à Méribel l’an prochain et il y a encore des choses que je veux accomplir. »