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Gabriel Gagné coupable sur toute la ligne pour une agression sexuelle survenue en 2016

Le juge a rejeté en bloc ses explications, qualifiant sa trame factuelle «d’invraisemblable» et son témoignage «d’irréaliste»

Photo portrait de Pierre-Paul Biron

Pierre-Paul Biron

2024-11-26T16:39:33Z

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L’ex-hockeyeur professionnel Gabriel Gagné a été déclaré coupable mardi d’agression sexuelle pour un événement survenu lors d’une fête au cours de laquelle il a tendu un guet-apens à sa victime pour l’entraîner à l’abri des regards et la violer.

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Le juge Hubert Couture a qualifié le témoignage de Gabriel Gagné «d’irréaliste» dans sa décision, mardi matin, au palais de justice de Montmagny.

Gabriel Gagné, ancien espoir des Sénateurs d'Ottawa, lors de sa sortie du Palais de justice de Montmagny le 26 novembre 2024 après qu'il ait été déclaré coupable d'agression sexuelle. Crédit photo: Capture d'écran TVA Nouvelles
Gabriel Gagné, ancien espoir des Sénateurs d'Ottawa, lors de sa sortie du Palais de justice de Montmagny le 26 novembre 2024 après qu'il ait été déclaré coupable d'agression sexuelle. Crédit photo: Capture d'écran TVA Nouvelles Capture d'écran TVA Nouvelles

En revanche, les autres témoins, eux, sont apparus crédibles aux yeux du magistrat. La plaignante notamment, malgré les imperfections de son témoignage parfois inconstant avec sa déclaration initiale aux policiers, a été honnête, a souligné le juge Couture.

«Et plusieurs personnes ont vu madame en pleurs, sous le choc, dans les instants suivant l’événement qu’elle décrit», a-t-il insisté dans son verdict.

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Défense basée sur des stéréotypes

Quant à la défense présentée selon laquelle la victime aurait entraîné Gagné et qu'elle aurait ensuite regretté une relation consensuelle puisqu’elle se sentait mal pour une amie qui aurait eu le béguin pour lui, le juge Hubert Couture a rejeté ces arguments du revers de la main.

«Tout cela repose sur des mythes et des stéréotypes», a martelé le magistrat dans une décision sans équivoque.

En poursuite, Me François Doyon-Gascon s’est réjoui de la décision «sans équivoque». «Il y avait des contradictions mineures, que le juge a qualifiées de périphériques, qui n’affectent pas le corps central du récit. [...] Ultimement, la question essentielle, c’est s’il y a eu une agression et dans ce cas-ci, oui il y en a eu une.»

Guet-apens

L’agression pour laquelle Gagné a été déclaré coupable est survenue le 23 juillet 2016. Lors d’une fête donnée en l’honneur de l’un de ses amis hockeyeurs, Gagné a demandé à la victime, qui avait 20 ans à l’époque, de le suivre au sous-sol de la résidence prétextant que l’une de ses amies «n’allait pas bien». Les convives étaient alors tous à l’extérieur de la maison.

La toile du prédateur était tissée et sa proie est tombée dans son sinistre piège.

«Je crie, mais personne ne m’entend», avait témoigné avec beaucoup d’émotions la victime, dont l’identité est protégée par une ordonnance du tribunal. 

Gabriel Gagné au palais de justice de Montmagny en juillet 2024 lors de son procès pour agression sexuelle. Il a été déclaré coupable le 26 novembre 2024. Crédit photo: Capture d'écran TVA Nouvelles
Gabriel Gagné au palais de justice de Montmagny en juillet 2024 lors de son procès pour agression sexuelle. Il a été déclaré coupable le 26 novembre 2024. Crédit photo: Capture d'écran TVA Nouvelles Capture d'écran TVA Nouvelles

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Gagné l’a forcée dans ce sous-sol noir à lui faire une fellation. «Il me tenait par la tête et faisait des va-et-vient. J’étais sous le choc. J’avais de la misère à crier, j’essayais de lui dire d’arrêter», avait décrit avec effroi la jeune femme lors de l’ouverture du procès de Gagné en juillet dernier.

Puis, l’homme maintenant âgé de 28 ans l’a relevée, a tassé sa culotte de maillot et l’a pénétrée, même si la victime «l’a supplié de ne pas faire ça». 

«Tu me fais débander calisse», lui a lancé le violeur.

C’est de cette façon traumatisante que la jeune femme a perdu sa virginité.

«Epstein version québécoise»

Gabriel Gagné avait été repêché par les Sénateurs d’Ottawa en deuxième ronde du repêchage de la Ligue nationale de hockey en 2015. Ses déboires judiciaires ont entraîné la fin de ses aspirations sportives. (Voir ci-bas)

Photo Martin Chevalier, JdeM
Photo Martin Chevalier, JdeM

Mais pour la victime et les plaignantes dans ses autres dossiers, il n’était pas un athlète vedette, il était un prédateur qu’elles qualifiaient dans une conversation Messenger de «Epstein version québécoise». L’appellation réfère au financier américain Jeffrey Epstein, accusé d’agressions sexuelles et de trafic sexuel.

Ce «groupe de soutien» avait fait des vagues lors du procès, l’avocat de la défense Maxime Raymond questionnant largement la victime sur les propos qu’elle y avait tenus.

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«Déchet ambulant», «insulte à la merde que de le traiter de merde», souhait qu’il «paie le sale»; les écrits étaient violents, mais la victime n’a jamais reculé, assumant ses propos.

Suite en janvier

Gagné, impassible, et son avocat Me Maxime Raymond n’ont pas souhaité commenter à leur sortie de la salle de cour. Le délinquant a 30 jours pour porter son dossier en appel.

Me François Doyon-Gascon et Me Jasmine Godin représentaient le ministère public en poursuite.

L’affaire a été reportée en janvier prochain pour fixer la date des observations sur la peine à imposer à l’ancien hockeyeur professionnel. 

Les nombreux déboires judiciaires de Gabriel Gagné

  • Condamné à 6 mois de prison pour harcèlement criminel en mai 2023
  • A été détenu 6 mois préventivement dans un dossier de leurre pour lequel il a reçu une probation de 12 mois
  • A subi un procès cet automne à Saint-Hyacinthe pour des agressions sexuelles, des voies de fait et des menaces à l’égard d’une ancienne copine. Le verdict doit être prononcé peu avant les fêtes.
  • Acquitté le 20 novembre dernier dans un autre dossier d’agression sexuelle à Trois-Rivières. On lui reprochait d’avoir violé dans une ruelle une jeune femme en 2016. Le juge Matthieu Poliquin, qui a entendu l’affaire, a conclu que les témoignages de Gagné et de la plaignante, qui avait 15 ans lors des événements, avaient soulevé un doute raisonnable dans son esprit.

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