Gabriel Diallo déjà au 38e rang mondial: «On n’a peut-être pas rêvé assez grand!»


Kevin Dubé
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En début de saison, Gabriel Diallo avait un objectif ambitieux et clair: se hisser parmi les 50 meilleurs joueurs au monde. Finalement, il n’aura même pas eu besoin d’une demi-saison pour atteindre, puis éclipser cet objectif. Maintenant 38e mondial, il n’a eu d’autre choix que de revoir ses objectifs à la hausse et il espère maintenant terminer la saison parmi les 32 premiers au monde.
La progression de Diallo a été fulgurante. Classé 87e sur l’échiquier mondial au début de l’année 2025, il fait maintenant partie des 40 meilleurs au monde.
«Pour le moment, ça va encore mieux que ce qu’on avait prévu. Nos objectifs, ils sont tous cochés. On n’a peut-être pas rêvé assez grand! Maintenant, les objectifs ont changé un peu», a-t-il lancé lors d’une entrevue avec Le Journal, lundi, depuis sa résidence de Montréal où il profite d’une pause avant de reprendre l’action pour la deuxième moitié de la saison.
Après être passé de 87 à 38 en l’espace de sept mois, l’objectif d’atteindre au moins le 32e rang mondial peut avoir l’air un peu trop conservateur.
Mais la règle de trois ne s’applique pas, ici! Parce que même si sa progression va beaucoup plus rapidement qu’escompté, il n’est pas question de voir trop loin, trop rapidement, pour le jeune géant de 23 ans.
«C’est facile de dire qu’on veut finir dans le top 10, tout le monde veut ça. Nous, on a toujours fonctionné avec des objectifs plus graduels. En étant 38e, on se rapproche des têtes de séries dans les tournois du Grand Chelem et dans les Masters, ce qui fait une grosse différence. C’est un objectif assez raisonnable à atteindre.»
Tout prêt, mais encore loin
Avant de prendre quelques semaines de vacances pour recharger ses batteries, Diallo a vécu une première expérience au mythique tournoi de Wimbledon.
Après une première victoire aussi convaincante qu’expéditive, face à Daniel Altmaier, 57e raquette mondiale, par 6-1, 6-2 et 6-4, il s’est incliné au tour suivant face au cinquième joueur mondial à ce moment (il est quatrième présentement), Taylor Fritz, dans une guerre de tranchées qui a nécessité cinq manches.
Une défaite évidemment frustrante mais, avec du recul, extrêmement formatrice.
«La différence [entre un gars comme Taylor Fritz et moi], elle est petite, mais il y a encore beaucoup de travail à faire. Je pense que physiquement et mentalement, on n’est pas très loin. Tennistiquement parlant, c’est impressionnant de voir qu’ils ont une capacité à jouer extrêmement agressifs sans faire de fautes et c’est ce qui a fait la différence dans ce dernier match. C’est ce qui différencie les meilleurs [des] autres.»
Pas de coupe de cheveux en vue!
D’ailleurs, la saison sur gazon a plutôt souri à Diallo. Dès son premier tournoi sur cette surface, l’Open Libema à Bois-le-Duc, aux Pays-Bas, le Québécois a mis la main sur son premier titre en carrière sur le circuit de l’ATP.
Ce gain a été remporté grâce à son arme de prédilection, son service, qui a été tout simplement dominant en finale face au Belge Zizou Bergs.
Et c’est lors de ce tournoi que Diallo s’est présenté pour la première fois avec les cheveux blonds décolorés. Depuis, il a joué de l’excellent tennis, menant justement au duel de titans contre Fritz, à Wimbledon.
Coïncidence et futilité, dites-vous? C’est bien mal connaître les athlètes et leurs superstitions!
«J’ai peur de couper mes cheveux! a-t-il lancé en riant. On dirait bien que c’est la coupe de cheveux chanceuse. Je l’ai fait quelques jours avant mon premier titre, donc c’est compliqué pour moi, de changer. Cela dit, j’aime bien jouer avec mes cheveux, alors le temps nous le dira.»