Il faudra du temps avant que les actions lancées pour lutter contre les fusillades qui affligent la métropole finissent par porter fruit, a reconnu la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui a néanmoins assuré lundi que la situation n’est pas hors de contrôle.
• À lire aussi: 80 coups de feu tirés à Montréal en 24 heures: «Le monde est sur le bord de devenir fou»
• À lire aussi: EN IMAGES | Des citoyens témoins de la fusillade à Rivière-des-Prairies
• À lire aussi: Un mort et deux blessés dans deux fusillades simultanées à Montréal
«On ne va pas nier l’insécurité que [les fusillades] créent. C’est vrai, c’est réel. Oui, il y a des incidents violents qui se produisent, mais il y a aussi un travail phénoménal qui est fait par le SPVM, qui donne des résultats», a soutenu Mme Plante lundi, au cours d’une mêlée de presse.
La dernière semaine avait été marquée par plusieurs fusillades, dont l’une a coûté la vie à Jayson Colin, un jeune homme de 26 ans impliqué dans la communauté à Montréal-Nord.
Dans une période de 24 heures, pas moins de 80 coups de feu auraient été tirés dans le nord-est de la Ville. En entrevue avec le «Journal de Montréal», la criminologue Maria Mourani évoquait lundi matin que ce phénomène pourrait être lié au «scoring», nom donné au fait que des membres de gang commettent des crimes sur le territoire «ennemi» pour marquer des points.
Mme Plante, de son côté, a souligné les efforts déployés par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui a pu procéder à plusieurs arrestations rapides, ainsi qu’au travail accompli par les organismes communautaires sur le terrain.
«Ça va prendre un certain temps avant que certaines actions portent fruit», a-t-elle toutefois reconnu.
De son côté, l’opposition officielle à Montréal estime que la sécurité publique doit être une plus grande priorité pour l’administration Plante, alors que «les parents ont peur».
«Il y a un moyen de remercier ce service de police. C’est de remédier au manque de ressources», a soutenu Abdelhaq Sari, porte-parole pour l’opposition en matière de sécurité publique, en mentionnant à ce propos un manque d’effectifs policiers au SPVM.
Il a également déploré un manque de confiance du public envers le SPVM qui, selon lui, mènerait à une moins grande collaboration des citoyens.
«Si on n’y remédie pas rapidement, ça va créer des problèmes», s’est-il inquiété en demandant que la Ville pousse davantage afin que les policiers puissent être équipés de caméras portatives.
Il s’agissait d’ailleurs d’une promesse de Mme Plante lors de la dernière campagne électorale.
