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Fuites urinaires chez les athlètes: un sujet encore tabou en 2025

Meaghan Benfeito, porte-parole pour une campagne propulsée par les produits TENA, aborde le délicat sujet des fuites urinaires chez les athlètes.
Meaghan Benfeito, porte-parole pour une campagne propulsée par les produits TENA, aborde le délicat sujet des fuites urinaires chez les athlètes. Photo fournie par DADAM COMMUNICATIONS
Photo portrait de Benoît Rioux

Benoît Rioux

2025-01-01T17:15:00Z

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L’ancienne plongeuse Meaghan Benfeito l’avoue d’emblée: il lui fallait beaucoup plus de courage pour exécuter un saut trois et demi arrière retourné à partir de la plateforme de 10 m que de parler de fuites urinaires.

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Benfeito, à la retraite depuis 2022 et maintenant jeune maman, ne tient pas à faire de l’incontinence son nouveau cheval de bataille, mais quand on l’a approchée comme porte-parole pour une campagne propulsée par les produits TENA, elle a bien voulu en parler.

«Pour moi, ce n’est pas un problème, et ça arrive à plus de monde qu’on pense», dit-elle.

Le sujet demeure encore tabou en 2025. Or, bon nombre d’athlètes de haut niveau sont touchés par ce qu’on appelle l’incontinence urinaire à l’effort. Celle-ci est bien souvent causée par une musculature abdominale plus développée que la musculature périnéale.

«Quand on sautait sur le trampoline, quand on s’échauffait ou on courait, ça pouvait arriver, raconte celle qui a notamment fait équipe pendant plusieurs années avec Roseline Filion dans les épreuves synchronisées. Nous, on en riait.»

Un sujet à normaliser

Si elle ose aborder le sujet, c’est que Benfeito sait fort bien que de telles situations peuvent aussi causer de l’anxiété chez de jeunes athlètes.

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«Plus on en parle, plus on rend les gens à l’aise», résume-t-elle.

De prime abord interviewée dans le cadre d’un reportage l’identifiant comme l’athlète de l’année au Québec en 2024, la trampoliniste Sophiane Méthot a bonde dans le même sens.

«Les fuites urinaires, on vit ça fréquemment, indique Méthot. En fait, certains athlètes vivent avec cet enjeu, d’autres non. L’objectif est d’essayer d’en parler le plus ouvertement possible et de normaliser le tout. Il ne faut pas avoir honte de ça, et je pense qu’on est sur la bonne voie. Simplement d’en parler, ça permet de dédramatiser.»

«Ça arrive à tout le monde»

Par le passé, certains athlètes ont modifié ou arrêté complètement leur pratique sportive en raison de l’incontinence urinaire à l’effort. En parler permettra sans doute d’éviter que de telles situations se répètent.

«Je ne comprends pas pourquoi on dit que les gens sont faibles quand ils ont des fuites urinaires, conclut Benfeito. Plus que tu parles à du monde, plus que tu réalises que ça arrive à toute le monde. C’est partout, il faut juste en parler.»

Meaghan Benfeito veut être à Los Angeles en 2028

Aujourd’hui âgée de 35 ans, Meaghan Benfeito ne regrette pas d’avoir pris sa retraite du plongeon en 2022, mais elle avoue avoir souffert, l’an dernier, en regardant les Jeux olympiques de Paris à la télévision. Sans envisager un retour à la compétition, la jeune maman espère ainsi être sur place, à Los Angeles, en 2028.

«Je vais embarquer dans le costume d’une mascotte s’il le faut», laisse-t-elle tomber en riant.

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Plus concrètement, Benfeito se voit dans un rôle de mentor pour la relève. Elle continue d’ailleurs de suivre avec attention les exploits des jeunes plongeurs du Canada. Chez les Québécois, elle garde notamment à l’œil Arnaud Corbeil et Samuel Talbot, parmi tant d’autres. Elle applaudit également la médaille de bronze obtenue par le jeune Claude-Olivier Lisé-Coderre à ses premiers Championnats du monde juniors, en novembre dernier, au Brésil. Ce dernier est en effet grimpé sur la troisième marche du podium à l’épreuve du 10 m chez les 14-15 ans.

«Si on a besoin de moi, je veux qu’ils sachent que je suis là», lance-t-elle.

Fière de Caeli McKay

À propos des Jeux de Paris, Benfeito mentionne être particulièrement fière de son ancienne partenaire en synchro Caeli McKay qui, avec une note de 364,50 points, a terminé en quatrième place.

«Je suis très fière de Caeli, elle a su bien performer. C’est très très difficile d’être une quatrième place quand tu réussis tous tes plongeons. À mes yeux, Caeli a été ma médaille d’or.»

Caeli McKay aux Jeux olympiques de Paris, le 6 août 2024.
Caeli McKay aux Jeux olympiques de Paris, le 6 août 2024. Photo MANAN VASTYAYANA

Aux Jeux olympiques de Tokyo, Benfeito et McKay avaient fait équipe au 10 m synchro, terminant alors au quatrième rang. La Québécoise, qui compte trois médailles olympiques en carrière, en était à ses quatrièmes et derniers Jeux. Du moins, comme athlète.

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