Frustrations, inquiétudes et reconnaissance: Brad Marchand a vécu une saison forte en émotions


Jonathan Bernier
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EDMONTON | La plupart des joueurs passeront l’entièreté de leur carrière sans jamais s’approcher de la coupe Stanley. D’autres, beaucoup plus rares, la remporteront dès leur première saison dans la LNH.
Un bel accomplissement qui peut, cependant, se transformer en une sorte de cadeau empoisonné. C’est ce qu’a vécu Brad Marchand, champion de la Coupe Stanley avec les Bruins à sa première saison complète à Boston, en 2011.

Depuis, deux autres présences en finale. Deux échecs. Face aux Blackhawks en 2013 et aux Blues en 2019.
«Gagner aussi tôt dans une carrière, ça donne une fausse impression du nombre d’occasions qui vont se présenter et de la difficulté que ça représente d’atteindre la finale», a lancé l’attaquant de 37 ans, avec beaucoup de sagesse.
«Tu ne comprends pas qu’il y a un paquet de trucs hors de ton contrôle et hors du contrôle de l’équipe qui peuvent dicter le cours d’une série. Plus tu joues, plus tu réalises combien de petites choses doivent toutes être alignées pour réussir.»
La pire saison en 20 ans
Quatorze printemps se sont donc succédé depuis que Marchand a soulevé la coupe Stanley. Une sécheresse à laquelle il pourrait mettre un terme en aidant les Panthers à remporter le précieux trophée pour une deuxième saison de suite.
Disons que le hockeyeur originaire d’Halifax était loin de se douter que cette occasion se présenterait lorsque la saison s’est amorcée.
Les Bruins, dont il était le capitaine depuis un an, ont connu leur pire saison des 20 dernières années.
«C’était une saison frustrante, notre équipe ne connaissait pas les succès souhaités. On a fini par revenir dans le bon chemin, en se plaçant dans une position pour les séries. Puis, tout s’est effondré.»
Face à ce constat, à la date limite des transactions, Don Sweeney en a profité pour changer le visage des Bruins. Charlie Coyle a été échangé au Colorado, Trent Frederic à Edmonton, Brandon Carlo à Toronto et Marchand en Floride.
Départ vers l’inconnu
Au stress de connaître une saison désastreuse s’ajoutait maintenant celui de se retrouver dans un nouvel environnement.
«Disons que ça m’inquiétait un peu, a admis Marchand, acquis contre un choix de deuxième tour. Les Panthers misaient sur tellement de bons joueurs que je me demandais comment j’allais réussir à m’intégrer au sein de cette équipe et comment on allait m’utiliser.»
«J’étais nerveux. Je n’avais jamais vécu ça», a-t-il poursuivi.
Finalement, il ne s’en est pas trop mal tiré. Avec Eetu Luostarinen et Anton Lundell, il forme un troisième trio dont rêveraient plusieurs entraîneurs.
Il a participé activement au parcours des Panthers avec une récolte de 14 points. D’ailleurs, il a marqué le but gagnant en prolongation du troisième match face aux Maple Leafs.
Un but qui a complètement changé l’allure de la série.
«Je suis tellement reconnaissant de faire partie d’un groupe comme celui-ci, a-t-il laissé tomber. Tu regardes ta carrière de 15, 16, 17 ans passer et ça te fait être encore plus reconnaissant de la chance d’être de retour en finale.»