Frontière Canada–États-Unis: voici tous les resserrements mis en place par Donald Trump

Olivier Boivin
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Empreintes digitales, enregistrement auprès du gouvernement et présentation d’un historique des médias sociaux; depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier, les resserrements des contrôles frontaliers sont nombreux.
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Dès le premier jour de son mandat, le 20 janvier 2025, Donald Trump a signé un décret visant à «protéger les Américains contre les invasions» afin de mieux contrôler les entrées et les sorties en territoire américain.
«Accentuer les lois de notre nation en matière d’immigration est d’une importance critique pour notre sécurité nationale et la sécurité publique des États-Unis», peut-on lire dans le site internet de la Maison-Blanche.
La majorité des mesures présentées par Donald Trump et son administration en découlent.

Voici celles mises en place et annoncées depuis janvier.
Enregistrement pour les longs séjours
De nombreux touristes, dont les Québécois, qui comptent passer plus de 30 jours aux États-Unis doivent depuis quelques mois remplir un formulaire d’enregistrement I-94 et payer des frais de 30$ US (environ 42$ canadiens).
Ce document vise à enregistrer les touristes auprès du gouvernement des États-Unis afin de coordonner notamment le respect de la durée du séjour sur le territoire.
La prise d’empreintes digitales peut également être demandée, à la discrétion des douaniers.
Les Canadiens qui voyagent aux États-Unis 29 jours et moins n’ont pas besoin de remplir ce document.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission d’Isabelle Maréchal, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Vérification des appareils électroniques et application stricte des règles
De nombreux voyageurs ont rapporté au cours des derniers mois des séances de questions plus longues à la frontière des États-Unis. Les douaniers sont d’ailleurs plus nombreux à demander aux visiteurs une fouille de leurs appareils électroniques .
Davantage d’agents de contrôle frontalier ont d’ailleurs été embauchés au cours de la dernière année pour renforcer la sécurité aux frontières.
Le Big Beautiful Bill adopté plus tôt cette année a aussi eu pour effet de bonifier les budgets alloués aux contrôles frontaliers.
Le gouvernement du Canada indique d’ailleurs dans sa page internet de conseils aux voyageurs de s’attendre à ce que leurs appareils électroniques soient examinés.
«Les autorités américaines appliquent strictement les exigences d’entrée», indique-t-on. «Attendez-vous à un examen minutieux aux ports d’entrée, y compris des appareils électroniques.»
Ottawa avertit aussi que les Canadiens ayant un identifiant de genre «X» dans leur passeport pourraient se voir refuser l’entrée.
En entrevue à LCN en avril, l’avocat spécialisé en immigration Marc-André Séguin recommandait d’ailleurs d’éviter si possible la frontière terrestre pour se rendre aux États-Unis.
«Nous-mêmes, comme avocats pratiquant le droit en immigration américaine, on doit dire aux gens de, premièrement, éviter la frontière terrestre lorsque vous le pouvez», dit-il. «Si vous devez aller aux États-Unis, passez par un aéroport parce que vous serez toujours en sol canadien lorsqu’on vous interroge[ra], surtout à l’aéroport Trudeau ou Pearson.»
«Et aussi de redoubler de prudence actuellement parce que les mesures d’immigration sont renforcées au maximum que la loi l’autorise, et [qu’]il y a des contestations aussi qui sont en cours», continue-t-il.
Bientôt une prise de photos?
Le gouvernement américain a annoncé en octobre qu’il comptait mettre en place un système pour prendre en photo tous les visiteurs entrant au pays.
Cette mesure devrait entrer en vigueur le 26 décembre, mais l'installation des équipements nécessaires à son application pourrait prendre encore plusieurs années.
Un projet pilote pourrait voir le jour l’an prochain à certains postes frontaliers en vue de tester cette technologie.
«Les responsables des contrôles frontaliers estiment qu’un système biométrique d’entrée et de sorties pourrait être implanté à tous les aéroports et postes d’entrée terrestres d’ici 3 ou 5 ans», peut-on lire dans l’amendement, dans le Federal Register, soit le journal officiel américain.
Historique des médias sociaux
La dernière mesure en date concerne uniquement les voyageurs en provenance des 42 pays devant fournir une autorisation nommée ESTA pour entrer aux États-Unis, comme les Français et les Britanniques.
De nombreuses données supplémentaires, dont l’historique des médias sociaux des cinq dernières années, pourraient être demandées dans le formulaire.
Même si les citoyens canadiens en sont pour l’instant exemptés, la mesure fait vivement réagir par son caractère intrusif sur le plan de la vie privée.