Freeland voulait être calife à la place du calife


Guillaume St-Pierre – analyse
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OTTAWA | Chrystia Freeland en avait visiblement assez de jouer les seconds violons. Après avoir provoqué la chute brutale de Justin Trudeau en démissionnant comme ministre des Finances, elle confirme vouloir être calife à la place du calife.
L’annonce sera faite dans les prochains jours, selon TVA Nouvelles.
Ce n’est pas une surprise. On connaissait les ambitions de Mme Freeland, une députée du centre-ville de Toronto bien branchée dans le monde des affaires.
Si ses intentions se confirment, elle deviendrait de facto la candidate de tête, du moins du point de vue de la notoriété publique.
Selon Abacus, plus de 45% des Canadiens ont l’impression de bien la connaître, contre 18% pour Mark Carney et 18% pour Christy Clark, qui devraient eux aussi se lancer.
L’ombre de Trudeau
Mme Freeland devra composer avec l’ombre de Justin Trudeau, qui planera sur sa candidature.
Sa lettre de démission, aussi fracassante fût-elle, brosse un portrait tronqué de la réalité.
Mme Freeland, qui s’est faite très discrète depuis un mois, a laissé entendre que son départ était motivé par les dépenses frivoles de son patron.
La réalité est beaucoup plus compliquée, sachant que Mme Freeland n’a jamais, dans les quatre dernières années, mis un frein aux dépenses de l’État.
Elle a été au cœur de la mise en œuvre des généreux programmes sociaux et de la stratégie économique du gouvernement, avec ses déficits et ses résultats mitigés du point de vue de la croissance.
Est-ce que Mark Carney, ancien grand patron de la Banque du Canada qui doit se lancer lui-aussi, jeudi, lui remettra sur le nez ?
Le facteur Trump
Selon Radio-Canada, Mme Freeland attendrait d’officialiser son intérêt pour la chefferie libérale pour se rapprocher du moment de l’assermentation de Donald Trump, lundi prochain.
Ce serait le thème de sa campagne: elle contre Trump, dans la guerre commerciale qui nous pend au bout du nez, avec des mesures de représailles, dollar pour dollar.
Mme Freeland a l’expérience nécessaire pour jouer cette carte, elle qui a mené à bien les ententes de libre-échange avec l’Europe et les États-Unis.
Le positionnement est aussi habile, puisque la prochaine campagne électorale pourrait bien porter sur la question Trump.
Ce ne sera toutefois pas aussi facile de sortir de l’ombre de Justin Trudeau, qui planera encore longtemps sur elle.
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