L’accord judiciaire empêchant Britney Spears de gérer ses propres affaires est désormais plus vieux que la vedette ne l’était au moment de sa révélation au grand public à 12 ans. Et la controverse autour de la gestion de la vie de la chanteuse commence à provoquer des émois.
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Aujourd’hui âgée de 39 ans, Britney Spears vit sous les termes stricts de cet accord décidé en 2008 par un tribunal de Californie au moment de sa très médiatique descente aux enfers. Comparable à un régime de tutelle, il stipule que les décisions concernant la grande vedette sont prises par son père, Jamie.
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Si les raisons exactes d’une telle décision sont restées sous le sceau de la confidentialité judiciaire, de plus en plus de voix s’élèvent, ces dernières années, pour interroger sa pertinence.
Un long métrage documentaire de la chaîne FX, produit en partenariat avec le quotidien New York Times, sonde le récit médiatique autour de la vie de la chanteuse révélée durant son adolescence d’abord sur la chaîne jeunesse Disney Channel, avant que des chansons comme «Baby One More Time» ne la propulsent vers le statut de grande vedette.
Le film, intitulé Framing Britney Spears, met l’accent sur le rôle des paparazzis et de la presse à scandale, au début des années 2000, dans la chute de la chanteuse, dont l’image a longtemps été celle d’une princesse blonde, ingénue, au succès retentissant, et dont les déboires ont apporté une certaine réjouissance au grand public.
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«Peur de son père»
Le mouvement #FreeBritney, ou #LibérezBritney en français, a été monté par des admirateurs qui sont convaincus que la chanteuse est maintenue contre son gré dans l’accord de tutelle.
Les partisans d’une telle hypothèse – que beaucoup, dont Jamie Spears, qualifient de théorie du complot – affirment que Britney Spears envoie des appels à l’aide à travers des messages codés, des émoticônes, et des tenues, publiés sur son excentrique compte Instagram.
Ils se sentent justifiés dans leur combat après que Britney Spears eut exprimé sa reconnaissance et qu’un avocat commis d’office eut affirmé à une juge que sa cliente l’avait informé «avoir peur de son père».
La juge a décidé de ne pas retirer immédiatement Jamie Spears de son rôle de responsable des affaires de la chanteuse, mais a nommé une entreprise financière comme cotutrice.
L’icône pop ne cherche pas pour le moment à sortir du régime de tutelle, mais se tourne plutôt vers des professionnels de la question. Britney Spears souhaiterait ainsi que l’entreprise actuellement désignée cotutrice demeure dans l’accord.
La prochaine audience devant un tribunal aura lieu le 11 février.
«Cruauté» des médias
Framing Britney Spears utilise les impressionnantes ressources en images d’archives autour de la vedette pour documenter la période difficile de sa vie, à un moment où la santé mentale n’était pas autant prise au sérieux qu’aujourd’hui par certains médias.
Au cours de sa longue période de dépression, qui a fait suite à sa demande de divorce en 2006 avec Kevin Federline, et à la perte de la garde de ses enfants en 2007, on a notamment pu voir Britney Spears pieds nus dans une station-service, et conduisant avec un de ses fils sur ses genoux.
Moya Luckett, historienne des médias à l’Université de New York, et spécialiste de la culture autour des célébrités, affirme que la «cruauté» subie par Britney Spears de la part des médias est aujourd’hui atténuée pour les autres vedettes dans un paysage médiatique dominé par les réseaux sociaux.
«Vous devenez votre propre producteur», a affirmé Luckett à l’AFP en prenant pour exemple des chanteuses comme Taylor Swift ou Beyoncé qui maîtrisent le discours autour de leur image sur Instagram, ou à travers des documentaires sur leur vie, qu’elles ont elles-mêmes produits.
