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Frappes au Nigeria et religiosité agressive: l'esprit de Noël selon Trump

Getty Images via AFP

AFP

2025-12-26T18:13:30Z

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En déclenchant des frappes contre des jihadistes au Nigeria le jour de Noël, Donald Trump a confirmé le tournant pris par tout le gouvernement américain vers un nationalisme chrétien assumé et une religiosité agressive.

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Dans ses messages mardi et mercredi sur sa plateforme Truth Social, le président américain ne s'est pas embarrassé des formules de fraternité habituelles à cette période de l'année.

«JOYEUX NOËL à tous, y compris aux terroristes morts, qui seront encore plus nombreux si leur massacre des chrétiens se poursuit», a-t-il écrit le 25 décembre, en annonçant des attaques ciblées contre des jihadistes au Nigeria.

Le 24 décembre, il avait souhaité un «joyeux Noël à tous, y compris aux pourritures de gauche radicale».

Le jour de Noël, la Maison-Blanche a publié un communiqué de vœux nettement plus policé et truffé de références chrétiennes, signé par le président et sa femme, Melania Trump, qui passent les fêtes dans leur résidence de Mar-a-Lago en Floride.

«Miséricorde divine»

Le mot «Dieu» y apparaît sept fois, tandis que le couple présidentiel assure «prier pour que l'amour infini de Dieu, sa miséricorde divine et sa paix éternelle se répandent sur notre pays et sur le monde entier.»

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L'agenda officiel de Donald Trump ne comporte toutefois pas de mention d'une participation à un service religieux le 24 ou le 25 décembre.

Pendant son premier mandat, le milliardaire de 79 ans se vantait déjà d'avoir rétabli l'expression «Joyeux Noël», en reprochant à son prédécesseur, Barack Obama, de l'avoir abandonné au profit de «Joyeuses fêtes» - ce qui est faux.

Comme ceux du président, les vœux de Noël du gouvernement américain ont été marqués cette année par une religiosité particulièrement appuyée.

Le ministère de la Sécurité intérieure a appelé sur X à «commémorer le miracle de la naissance du Christ», tandis que le chef de la diplomatie, Marco Rubio, a évoqué la promesse «de la vie éternelle dans le Christ».

«Nation chrétienne»

Le Pentagone a accueilli, pour la première fois, un service religieux de Noël le 17 décembre.

Les références à Dieu ont toujours été abondantes dans le discours politique aux États-Unis, un pays qui se définit comme «une nation sous Dieu».

Mais le premier amendement de la Constitution, qui affirme la liberté de religion, pose aussi le principe d'une séparation de l'Église et de l'État, en interdisant l'établissement d'un culte officiel.

Le vice-président, JD Vance, n'en juge pas moins que les préceptes du christianisme devraient «être au cœur de toute (la) conception du gouvernement», au-delà des sujets de société qui mobilisent traditionnellement la droite religieuse, comme l'avortement.

«Nous avons toujours été et, par la grâce de Dieu, nous serons toujours une nation chrétienne» a-t-il aussi déclaré le 21 décembre pendant un rassemblement du mouvement conservateur Turning Point USA. L'affirmation lui a valu une ovation debout.

Trump et le paradis

Si JD Vance, converti au catholicisme en 2019, livre un discours très articulé sur les rapports entre religions et politique, Donald Trump semble guidé par une conception plus messianique, centrée sur sa personne.

Dès son discours d'investiture le 20 janvier, il avait jugé que Dieu l'avait sauvé d'une tentative d'assassinat pendant la campagne afin de lui confier le destin de l'Amérique.

Le dirigeant républicain, à qui on ne connaît pas de pratique religieuse régulière et qui n'a dans le passé jamais professé une foi chrétienne particulièrement ardente, semble toutefois préoccupé par le salut de son âme.

«Je veux essayer d'aller au paradis si possible», a-t-il confié en août. «J'entends dire que je ne suis pas bien placé, que je suis vraiment au bas de l'échelle!», a-t-il expliqué, en estimant toutefois que rétablir la paix en Ukraine pourrait l'aider à atteindre ce but.

Plus récemment, le président américain s'est dit franchement pessimiste sur ses perspectives de vie éternelle.

«Je ne pense pas qu'il y ait quoi que ce soit qui me fasse entrer au paradis. Je crois que peut-être je ne suis pas destiné au paradis», a-t-il lâché le 15 octobre.

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