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Frappée et violée par son entraîneur dès l’âge de 15 ans

L’ancienne cycliste Geneviève Jeanson dévoile le reste de son histoire dans un nouveau livre

PHOTO fournie par KO Editions, Marjorie Guindon
Photo portrait de Jean-François Racine

Jean-François Racine

2025-09-20T08:00:00Z

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Geneviève Jeanson raconte dans son nouveau livre que son entraîneur la frappait à la tête alors qu’elle n’avait que 15 ans. Quelques mois plus tard, les agressions sexuelles se sont ajoutées aux sévices physique et psychologique.

En 1996, encore adolescente, l’athlète était déjà prise au piège. Rapidement, un homme de 26 ans son aîné resserre son étau.

«Je n’ai pas vu sa main venir. A. me frappe pour la première fois en plein visage. Je tombe à genoux, la joue gauche en feu. Je ne comprends pas ce qui vient d’arriver.»

Trente ans plus tard, l’ancienne cycliste a décidé de livrer le reste de son histoire sans aucune censure. Avec des thèmes très sensibles, la femme de 44 ans souhaite que son autobiographie La cassure résonne fort auprès des victimes d’abus. Pendant longtemps, elle a préféré être une dopée plutôt qu’une victime d’agression sexuelle.

Pour un sport sain

Le premier coup, le premier viol, son mariage, tout y passe dans un style percutant et l’athlète n’a qu’un souhait après le lancement, le 24 septembre prochain.

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«Je veux être sur la ligne de front pour un sport sain et sécuritaire. Mes actions doivent avoir des conséquences pour les femmes dans le milieu sportif et dans la société. Je veux que la fille qui se fait battre, le gars dans une relation malsaine ou l’enfant victime d’abus sexuel se reconnaissent», affirme l’ex-olympienne, qui a fait beaucoup de chemin depuis dix ans.

Lors de l’entrevue, Geneviève Jeanson portait d’ailleurs un t-shirt avec une inscription révélatrice: «Je suis indestructible», qui est aussi une plateforme de diffusion de témoignages concernant les violences sexuelles.

Après un premier livre d’Alain Gravel paru en 2008 et un film sorti en 2014, la sportive n’avait pas tout dit.

«Ce n’est pas un livre thérapeutique, ni un récit sportif. C’est de la littérature de combat que je fais. J’utilise le livre pour la cause qui me tient à cœur. C’est né de mon association avec Sport’aide», ajoute-t-elle.

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC
Des outils

Sans détour, Geneviève avoue qu’elle aurait pu mettre fin à ses jours.

«Je me suis demandée pendant longtemps pourquoi c’est moi qui avais vécu ça, de tomber sur un fou comme ça. Et je m’en suis sortie avec des blessures et des égratignures. J’aurais pu me suicider et je ne l’ai pas fait. Il y a des outils et des solutions.»

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L’épilogue a été particulièrement difficile à écrire, en raison des réflexions sur sa sexualité.

«Je suis une criminelle dans le milieu dans lequel je vis par ma prise de produits dopants et je suis une pute pour avoir appris à aimer le sexe avec un pédophile. En plus, je continue de coucher avec lui, l’homme que je déteste le plus au monde. Suis-je un monstre?»

À la fin, on comprend que le dopage n’était qu’un élément de son drame.

«C’est l’abus le moins important, c’était accessoire. La violence a une incidence dans toutes les sphères de ta vie. C’est comme un dégât d’eau, ça va dans les fondations et ça ne finit jamais après», termine-t-elle.

Toujours pas l’intention d'aller à la police

Sans dire qu’elle ne le fera jamais, Geneviève Jeanson n’a toujours pas l’intention, trente ans plus tard, de déposer une plainte à la police contre son ancien entraîneur.

À son avis, le fait de se tourner vers la justice épuiserait l’énergie positive nécessaire pour se reconstruire.

«Ce n’est pas là que je veux me concentrer. Ce que je fais en ce moment est plus utile», affirme-t-elle.

Un passage du nouveau livre précise sa pensée. «Au criminel, A. passerait quelques mois en prison et serait relâché. Au civil, tout l’argent qu’il possède ne ferait pas disparaître toutes les cicatrices que je porte en moi. À mes yeux, aucune de ces deux résolutions n’est satisfaisante.»

Une vie différente

En 2025, Geneviève Jeanson ne sait pas ce que sa carrière aurait pu être sans ce prédateur sportif qu’elle n’a jamais revu depuis près de 20 ans.

«Du point de vue des performances, je ne le saurai jamais. Personnellement, j’aurais pu être plus heureuse sans ce mal de vivre qui m’habite. Je l’ai cru à 15 ans. S’il me frappait, c’était probablement pour mon bien.»

Des gens auront peut-être des doutes sur ses nouvelles révélations, mais elle ne veut pas s’y attarder.

Son ancien entraîneur, maintenant âgé de 70 ans, a-t-il pu changer avec le temps?

«Non. J’ai encore peur qu’il envoie quelqu’un après moi», dit-elle sans hésitation.

À ce jour, le Québécois a toujours échappé à une condamnation. Il a été arrêté le 31 mars 2016 en Arizona pour avoir agressé violemment sa nouvelle épouse à l’intérieur de leur résidence. La victime n’a pas voulu collaborer avec la poursuite.

Extrait de La cassure:

Je comprends vite ce qui va se passer et, même si cette constatation me fait trembler, ce qui me dégoûte le plus, c’est de me retrouver toute nue à me faire tripoter dans ses draps sales, c’est que je vais entrer pour de bon dans sa vie sale.

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