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Frappe meurtrière sur un hôpital à Gaza: ce que l'on sait

Agence France-Presse

2023-10-18T16:21:09Z

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Des centaines de personnes ont été tuées, mardi soir, dans une frappe dans l'enceinte de l'hôpital Ahli Arab de la ville de Gaza, dont Israël et Palestiniens se rejettent la responsabilité, alors que les condamnations internationales et mouvements de protestation se multiplient.

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Que s'est-il passé?

Mardi vers 17h GMT, le ministère de la Santé du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, annonce qu'au moins 200 personnes ont été tuées dans une frappe aérienne israélienne ayant touché l'enceinte d'un hôpital de la ville de Gaza.

Mercredi à mi-journée, le même ministère a fait état d'un bilan d'au moins 471 morts.

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Israël a démenti être à l'origine de la frappe, attribuant celle-ci à un tir de roquette raté du groupe armé palestinien Jihad islamique, allié du Hamas.

L'imagerie satellitaire du complexe hospitalier avant et après le tir, publiée mercredi par la société Maxar Technologies, «révèle une probable zone d'impact sur le parking principal» du site. En revanche «aucun dommage structurel significatif n'est observé sur les bâtiments adjacents».

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Des images circulant sur les réseaux sociaux et vérifiées par l'AFP montrent des décombres en feu à l'extérieur de l'hôpital. Des sirènes d'ambulances sont entendues en arrière-plan.

Les photos et les vidéos de l'AFP montrent des dizaines de corps dans des draps, des sacs mortuaires noirs ou sous des couvertures. De multiples voitures calcinées sont visibles sur le stationnement de l'hôpital.

À côté du stationnement, une pelouse est jonchée de vêtements et d'effets personnels, ce qui semble indiquer que des personnes y campaient.

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«Nous étions en train d'opérer dans l'hôpital, il y a eu une forte explosion et le plafond est tombé sur la salle d'opération. C'est un massacre», a déclaré le Dr Ghassan Abu Sittah, de l'ONG Médecins sans frontières.

D'après les autorités de Gaza, le site hospitalier abritait des centaines de blessés et de malades, mais aussi des civils venus s'y réfugier.

Un million de Palestiniens, selon l'ONU, ont fui les bombardements après l'appel à évacuer le nord de la bande de Gaza lancé par l'armée israélienne.

Israël pilonne la bande de Gaza depuis le 7 octobre en riposte à une attaque sanglante sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre des Israéliens.

Plus de 1400 personnes ont été tuées côté israélien depuis cette date, selon les derniers chiffres officiels. Ce nombre inclut des centaines de civils tués par balles, poignardés, ou brûlés dans des massacres commis par le Hamas dans le sud d'Israël ainsi que des soldats morts au combat.

Les frappes menées par Israël en représailles ont tué au moins 3000 personnes, en majorité des civils, selon les autorités locales, qui ajoutent désormais à ce bilan les morts dans la frappe de mardi.

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Que disent les parties?

Palestiniens et Israéliens se rejettent mutuellement la responsabilité du drame.

Le Hamas a immédiatement dénoncé une frappe israélienne. Israël a rapidement démenti être à l'origine du tir, attribuant celle-ci à un lancement de roquette raté du Jihad islamique.

«Il n'y a pas eu de tirs de l'armée depuis la terre, la mer ou les airs qui ont touché l'hôpital», a affirmé le général Daniel Hagari, porte-parole de l'armée israélienne lors d'une conférence de presse. «Nos systèmes radars ont localisé les missiles tirés par les terroristes de Gaza au moment de l'explosion et l'analyse de la trajectoire montre que les roquettes ont été tirées près de l'hôpital».

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L'armée israélienne a également diffusé des cartes et un enregistrement audio qu'elle présente comme une conversation entre deux membres du Hamas évoquant la responsabilité du Jihad islamique.

Le Jihad islamique a qualifié mercredi de «mensonges» ces accusations. «Comme d'habitude, l'ennemi sioniste tente, par la fabrication de mensonges, de se soustraire à sa responsabilité dans le massacre brutal qu'il a commis en bombardant l'hôpital et pointant le doigt vers le Jihad islamique», a déclaré l'organisation dans un communiqué.

Mercredi, le Hamas a affirmé que «cet horrible massacre (avait) été perpétré à l'aide d'un arsenal militaire américain dont seul l'occupant (Israël, NDLR) dispose».

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Comment le monde réagit-il?

Le président américain Joe Biden, en visite en Israël, s'est dit «profondément attristé et choqué» par ce tir sur un hôpital de Gaza.

Lors d'une entrevue avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, il a appuyé la version israélienne des faits en déclarant: «Sur la base de ce que j'ai vu, il apparaît que cela a été mené par la partie adverse».

Le Hamas a réagi en accusant Washington d'être «complice des massacres» commis selon lui par Israël à Gaza.

De nombreux pays arabes, signataires ou non de la paix avec Israël, ont attribué la frappe meurtrière sur l'hôpital à l'armée israélienne, en dépit du démenti apporté par Israël.

Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues du Liban au Maroc, de l'Iran à la Turquie en passant par la Jordanie, mais aussi en Cisjordanie occupée.

Les pays européens ont condamné la frappe, mais sans l'attribuer.

«Rien ne peut excuser une frappe sur un hôpital rempli de civils», a dénoncé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, évoquant des scènes «horribles».

La frappe meurtrière est une «tragédie», a déclaré le président russe Vladimir Poutine, en visite à Pékin, disant espérer une fin rapide du conflit entre Israël et le Hamas. La porte-parole de la diplomatie russe a, elle, exhorté Israël à «prouver son innocence» en présentant «les faits».

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