Un arbitre qui a subi de graves blessures après avoir reçu en pleine bouche une rondelle lancée par un joueur de hockey collégial mécontent d’une décision lors d’un match le poursuit désormais pour près de 200 000$.
«En frappant la rondelle après l’arrêt du jeu, dans un geste de frustration, [Paul] Slivca a commis une faute civile grave, imprudente et injustifiée», indique l’officiel Antoine Huot dans sa poursuite déposée récemment au palais de justice de Montréal.
Le juge de lignes, alors âgé de 31 ans, a reçu en plein visage le disque lors d’une partie de la demi-finale de la plus haute ligue collégiale (division 1) opposant le cégep André-Laurendeau de Montréal à celui de Thetford Mines en avril 2024, dans Chaudière-Appalaches.

Une pénalité décernée à un coéquipier de Slivca, 19 ans au moment des faits, peu avant la fin de la deuxième période lui aurait déplu.
Après le sifflet, l’assistant au capitaine du Boomerang du Cégep André-Laurendeau a frappé «violemment» la rondelle. Le juge de lignes Huot, qui se dirigeait vers le joueur puni afin de l’escorter vers le banc des pénalités, a reçu la rondelle en plein visage.
L’officiel s’est alors effondré sur la patinoire, «ressentant une douleur aiguë et fulgurante, décrite comme un véritable choc électrique».
Expulsé de la rencontre, Slivca serait venu «s’excuser» à celui qu’il venait d'atteindre avant qu’il ne soit transporté à l’hôpital, selon la poursuite. Le défenseur avait écopé de quatre matchs de suspension pour avoir utilisé une force physique accidentelle envers un officiel.
La scène, filmée, avait alors été dénoncée dans les médias par des collègues arbitres.
Depuis, une infraction pour «geste négligent» a été ajoutée au livre des règlements de Hockey Canada. Une pénalité qui entraîne une expulsion et une suspension de plusieurs matchs.
Plusieurs opérations
Antoine Huot a ensuite dû traverser un «long et douloureux processus de reconstruction maxillo-faciale» nécessitant plusieurs opérations, selon la requête. Il a subi une commotion cérébrale, a perdu plusieurs dents et a, encore aujourd’hui, de la difficulté à manger certains aliments durs.
Son visage «est désormais asymétrique» en raison d’une cicatrice à sa lèvre supérieure, allègue-t-on dans la poursuite.
M. Huot affirme que «cette modification physique est source d’embarras constant et entraîne un complexe important».
Il dit aussi souffrir d’anxiété et d’insomnie, craignant de subir un nouveau choc au visage.
«L’ensemble de ses traumatismes ont des conséquences sérieuses sur la vie du demandeur, le privant d’une très grande part de sa liberté antérieure et de sa qualité de vie prétraumatique», précise-t-on dans la poursuite.
C’est pourquoi Antoine Huot réclame 191 000$ au joueur ainsi qu’à la compagnie d’assurances AXA XL, qui représentait alors Hockey Québec.
Cette saison, Slivca évolue pour les Piranhas de l'École de technologie supérieure, dans la ligue universitaire division 2.
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