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France - Pologne: une place pour les quart de finale

AFP
Photo portrait de Dave Lévesque

Dave Lévesque

2022-12-03T14:13:20Z

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DOHA, Qatar | La France a bien amorcé la défense de son titre en terminant aisément au sommet de son groupe, mais les Bleus savent qu'à partir de maintenant, plus rien ne sera facile. 

Didier Deschamps y est allé de clichés en ouverture de conférence de presse, mais on doit admettre qu’il vise juste malgré tout.

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«C’est une autre compétition qui commence et qui n’est pas la même que la première où on a trois matchs sûrs.

«Ce sont des matchs couperets pour toutes les équipes. C’est déjà quelque chose de faire partie de ces 16 équipes par rapport aux 32 qui étaient là.»

Pas de complaisance

Lors du dernier match de phase de groupe contre la Tunisie, Deschamps a eu le luxe de reposer la plupart de ses cadres, puisque la qualification était assurée.

Mais n’y voyez pas un signe de complaisance. Le gardien Hugo Lloris, un de ceux qui ont eu congé, assure que tout le monde connaît l’importance du moment. Après tout, ils sont nombreux à avoir gagné le trophée il y a quatre ans.

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«Je crois que l’équipe a conscience de l’événement et de rentrer dans une nouvelle phase de cette compétition. Si tu gagnes, tu te donnes le droit de rester et si tu perds, tu rentres à la maison.

«Tous les détails entrent en compte et à la fin, les détails peuvent faire la différence.»

Du talent, oui mais...

Il n’y a pas de doute, avec des noms que Kylian Mbappé, Antoine Griezmann, Hugo Lloris, Raphaël Varane ou Ousmane Dembélé, la France présente l’un des effectifs les plus solides du tournoi. Mais ce n’est pas tout selon Lloris.

«On a besoin de notre talent, mais pour qu’il soit efficace, on aura besoin d’une certaine décontraction. Notre concentration est aussi importante.»

Selon le gardien, l’équipe se doit d’être bonne sur l’ensemble de la rencontre contre la Pologne malgré son talent débordant.

«C’est un tournoi intense et si on se relâche dans le match, l’adversaire peut en profiter. Mais ça peut aller à l’inverse et si on est en retard, il ne faut jamais lâcher.

«Il faut réaliser un match plein. Lorsqu’on a l’opportunité, il faut être tueur et faire mal à l’adversaire.»

Du respect

Justement, les Français ont parlé des Polonais qu’ils respectent visiblement. Il ne faut donc pas se fier à la fiche d’une victoire, une défaite et un verdict nul des Polonais, qui ont terminé à égalité avec le Mexique: c’est un but accordé de moins qui leur a permis d’avancer au prochain tour pendant que les Mexicains rentraient chez eux.

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Didier Deschamps a surtout été impressionné par la ténacité et la résilience des Polonais.

«Cette équipe de Pologne a été amenée à défendre dans les matchs de poule et elle défend très bien, même qu’elle adore ça. Mais elle n’est pas limitée à ça, il y a un noyau dur offensif qui a beaucoup d’expérience internationale.»

«Il y a aussi quelques jeunes qui sont plutôt à la hauteur depuis le début de cette compétition. C’est une équipe qui mérite d’être là. Dans l’abnégation, il y a du répondant et ils ont beaucoup d’arguments offensifs pour déranger l’adversaire.»

Un record

Dans ce match, le gardien Hugo Lloris aura l’occasion d’égaler un record d’Équipe de France. Il rejoindra Lilian Thuram avec 142 sélections chez les Bleus. Thuram détient le record depuis 2008.

«Je suis très honorée et très fier de ces chiffres. À mes yeux, cette compétition passe avant tout et j’ai envie de garder toute mon énergie pour ce match.»

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Didier Deschamps a été lui aussi très pragmatique en parlant de cette marque très significative.

«Les records sont tous faits pour être battus. C’est la longévité de deux joueurs exceptionnels au très, très haut niveau.

«Les records n’ont pas tous la même signification. Certains sont plus anodins que d’autres, celui-là est parlant», a-t-il soutenu.

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Les Polonais y croient

Le 4 décembre est un jour de fête en Pologne, c’est Barbórka et c’est un beau hasard que le match de huitième finale contre la France tombe précisément ce jour-là.

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«C’est la fête des mineurs en Pologne alors nous allons tout faire pour connaître un bon match», a mentionné le sélectionneur Czesław Michniewicz.

C’est comme une forme de poésie quand on y pense parce que la Pologne est reconnue pour être une équipe vaillante qui réussit dans la souffrance, mais pas que selon Michniewicz.

«Les équipes qui n’ont pas bien joué défensivement en phase de groupe sont déjà à la maison et regardent les matchs à la télé. Nous voulons maintenant jouer différemment et nous n’avons pas peur d’affronter la France.»

À leur place

La Pologne se retrouve en huitième de finale seulement parce qu’elle a accordé un but de moins que le Mexique, et certains observateurs ont mentionné que les Mexicains méritaient plus d’y être parce qu’ils ont été meilleurs statistiquement, ce à quoi Michniewicz a répondu par une allégorie.

«Je ne peux que sourire. Nous avons fait match nul contre le Mexique. Récemment, dans un séminaire, tous les amateurs de statistiques se sont rencontrés et des entraîneurs y étaient.

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«Après deux jours, un entraîneur a relaté une histoire. Un voisin avait perdu ses clés et a demandé de l’aide. Sa voiture était garée sous un lampadaire. Il a fini par dire qu’il avait perdu ses clés 200 mètres plus loin.

«Alors pourquoi chercher là? Parce qu’il y avait de la lumière. La morale de cette histoire est que si on ne cherche pas dans la partie sombre des statistiques, elles ne veulent rien dire.»

Bonne préparation

La Pologne a eu une bonne répétition pour ce match contre la France dans une défaite de 2 à 0 contre l’Argentine.

«Nous savons ce qui n’a pas fonctionné contre l’Argentine et la France est une équipe similaire avec des joueurs très talentueux», a mentionné Michniewicz tout en avouant qu’il n’est pas simple de trouver la clé pour débloquer le jeu des Bleus.

«J’ai cherché les faiblesses de la France et je n’en ai pas encore trouvé, il y a des erreurs et il faut en profiter. Si on n’applique pas de pression dans chaque secteur du terrain, ils ne commettront pas d’erreurs.

«Je crois cependant que si nous battons la France, nous pourrions devenir les prochains champions du monde.»

Dur à arrêter

Les Polonais vont évidemment accorder une attention toute particulière à Kylian Mbappé.

L’attaquant français fait tout ce qu’il faut pour être nommé joueur par excellence du tournoi.

Arkadiusz Milik a reconnu qu’il était à peu près impossible de le freiner sans un solide effort collectif.

«Je pense que ça va nous prendre des scooters parce qu’il est tellement rapide. C’est l’un des meilleurs joueurs au monde.»

«La clé est de bien jouer en groupe et d’avoir beaucoup de coopération parce que personne, individuellement, n’est capable de l’arrêter.»

Le meneur

Pendant que Kylian Mbappé fait la pluie et le beau temps pour les Français, Robert Lewandowski est le métronome de la Pologne. Il a récolté un but et une passe, et les Français ont pris des notes.

«Il fait partie des meilleurs numéros neuf du monde depuis un certain nombre d’années. C’est un des meilleurs de l’équipe polonaise, mais ça demeure un collectif», a noté Hugo Lloris.

Mais le sélectionneur polonais estime que son attaque peut faire mieux que ce qu’elle a montré en phase de groupe.

«Nous avons tenté des passes compliquées dans des situations faciles, a plaidé Czesław Michniewicz. Robert doit se trouver dans la surface comme il l’a fait contre l’Arabie Saoudite.»

«On doit faire en sorte que nos attaquants se rendent à la surface adverse parce que généralement, on ne peut pas marquer à partir de son territoire.»

«Nous devons utiliser la position de l’adversaire pour progresser offensivement. Le Danemark et l’Australie ont été en mesure de marquer sur phase arrêtée contre la France.»

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