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Football universitaire: le meilleur botteur de l’ouest du pays, c’est elle

Philippe Asselin

2024-11-08T12:00:00Z

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La botteuse des Bisons du Manitoba, Maya Turner, a continué de briser le plafond de verre en devenant la toute première femme de l’histoire du football universitaire canadien à être nommée sur une équipe d’étoiles.

En début de semaine, la ligue de l’Ouest canadien a annoncé que l’Américaine avait été sélectionnée à titre de meilleur botteur de son circuit.

Turner a conclu sa campagne 2024 avec 12 placements réussis en 16 tentatives. Son pourcentage de 75% de réussite est le meilleur de sa ligue et lui permet d’être dans le top 10 parmi tous les botteurs jouant dans le circuit universitaire canadien.

«J’ai toujours voulu faire de mon mieux, mais je n’aurais jamais pu m’imaginer accomplir cela à ma deuxième saison dans le football», a indiqué la lauréate jeudi.

Par amour du ballon ovale

L’histoire de cette femme est fascinante. Joueuse de soccer depuis la tendre enfance, Turner a joué dans la division 1 de la NCAA, avec l’Université Loyola de Chicago. En 2021, elle n’avait cependant plus de plaisir à jouer au soccer et a décidé de se mettre au football, un sport qu’elle a toujours aimé profondément.

Après avoir travaillé fort avec un spécialiste des botteurs, la native du Minnesota a envoyé une vidéo de ses habiletés à de nombreux entraîneurs universitaires en Amérique du Nord.

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L’entraîneur-chef des Bisons, Brian Dobie, fut l’un de ceux qui ont reçu la bande vidéo. Impressionné, il a invité l’athlète à Winnipeg pour une évaluation en personne. Celui qui est en poste à l’Université du Manitoba depuis 1996 lui a fait une place dans son équipe immédiatement après l’avoir vue effectuer des bottés de ses propres yeux.

En septembre 2023, elle devenait la première femme de l’histoire à disputer un match de football universitaire canadien. Pendant ce duel, elle est devenue la première femme à inscrire des points quand elle a réussi un placement pour la victoire en deuxième prolongation. Turner est au cœur des succès des Bisons depuis.

«Au début, des gens disaient ironiquement: "C’est fantastique, vous permettez à une fille de jouer. C’est super pour l’équité des sexes, tant mieux pour vous". Nous n’avons jamais fait ça dans cette optique», a déclaré Dobie.

«Cette sélection sur l’équipe d’étoiles vient confondre les sceptiques. Ce sont exclusivement nos adversaires qui ont voté pour elle», a-t-il tenu à ajouter.

«Mon objectif a toujours été de bien botter le ballon, et pas de bien botter le ballon pour une fille», a pour sa part souligné Turner.

Sous les projecteurs

Humble de nature, Turner a dû s’habituer à être le centre de l’attention depuis qu’elle est débarquée au Manitoba. Les demandes d’entrevue sont nombreuses et il n’y a pas un match où des femmes ne viennent pas la voir après la partie pour lui dire qu’elle les inspire.

«Ce n’est vraiment pas quelque chose que j’avais imaginé. Je voulais simplement jouer au football dans le meilleur calibre possible. Quand toute cette aventure a commencé, c’était un peu suffocant. Toutefois, j’ai appris à l’accepter. Je suis honorée que mon histoire intéresse et inspire les gens.»

Il reste encore deux ans d’admissibilité à Turner au niveau universitaire. Si elle maintient le rythme, elle conclura son parcours avec pratiquement tous les records chez les Bisons, une équipe qui a vu le jour en 1920.

C’était inévitable de lui demander si elle souhaitait ensuite poursuivre son aventure dans le football professionnel.

«Je veux simplement continuer de jouer et voir jusqu’à quel point je peux encore m’améliorer, a répondu Turner. J’aimerais jouer dans le plus haut calibre possible, ce qui veut dire une équipe masculine professionnelle.»

«Et pourquoi ça n’arriverait pas?» a renchéri du tac au tac son entraîneur, visiblement persuadé que sa footballeuse était encore capable d’écrire une nouvelle page d’histoire.

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