Football Rouge et Or: de jeunes botteurs qui apprennent à la dure


Richard Boutin
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Les unités spéciales du Rouge et Or de l’Université Laval ont frappé un coup de circuit, samedi, dans la défaite de 32-31 face aux Carabins de l’Université de Montréal, mais les protégés de Mathieu Bertrand ont aussi fendu l’air à quelques reprises.
Dans la dernière minute de la première demie, Benjamin Nadon a bloqué le dégagement de Philippe Boyer que Maxime Saucier-Lafond a récupéré pour filer dans la zone des buts sur une distance de 27 verges pour le touché.
Des placements ratés de 43 et 42 verges d’Émile Choquet, dont un qui aurait procuré la victoire au Rouge et Or sur le dernier jeu du 4e quart, et des punitions pour un total de 60 verges, dont trois pour rudesse, ont toutefois gâché la sauce pour les unités spéciales.

La formule des deux botteurs utilisés dans quatre des six parties pourrait être revue. «Nous avons des discussions à savoir si on mise sur un ou deux botteurs, a mentionné Bertrand. Dans un monde idéal, on habillerait un seul botteur surtout lorsque l’alignement passera de 52 à 48 joueurs [demi-finale canadienne et Coupe Vanier]. Avec un alignement de 52, on peut se permettre d’habiller les deux, mais c’est quelque chose à quoi je pense tous les jours.»
Deux jeunes botteurs
Le Rouge et Or voulait offrir une occasion à Choquet et à Felipe Forteza de se faire valoir. Les deux en sont à leur deuxième saison, mais n’ont pas vu d’action comme botteur en 2023 puisque Vincent Blanchard s’acquittait de tous les bottés avec brio.
«La réalité est que nous avons deux jeunes botteurs, on veut les évaluer et leur permettre de prendre de l’expérience, a expliqué l’ancien quart-arrière étoile du Rouge et Or. Pour le match à Montréal, on se sentait plus confiant avec Émile qui avait été plus constant à l’entraînement.»
Bertrand assure qu’il n’a jamais eu l’intention d’apporter un changement pour le botté en fin de match compte tenu que Choquet avait raté sa première tentative sur une distance similaire.

«On a extrêmement confiance en Émile et il a bien fait sous pression dans les rangs collégiaux avec le CNDF et avec l’équipe du Québec, a-t-il souligné. C’est pourquoi nous l’avions recruté. Émile réussit des bottés de 47 et 48 verges à l’entraînement. Pour les bottés de 50 verges et plus, Felipe possède plus de puissance.»
Choquet a raté quatre de ses huit tentatives depuis le début de la saison et Forteza est deux en trois.
«Les deux travaillent extrêmement fort et ils prennent des répétitions égales à l’entraînement. Un des deux botteurs devra se démarquer.»
Un appel au Vermont
Bertrand a contacté le conseiller des botteurs Steve Wolf cette semaine pour vérifier si l’Américain n’a pas identifié quelque chose de particulier sur le film. Le Rouge et Or ne recherche pas le coup de circuit comme Forteza a réussi avec un placement de 53 verges dans la victoire contre Montréal en début de saison, mais souhaite obtenir de la constance.
«On mise beaucoup sur le positionnement en raison de la qualité de notre défensive, a expliqué Bertrand. On va miser sur le botteur le plus régulier de la ligne de 45 verges avec un haut taux de réussite.»
«Punitions d’intensité»
Le coordonnateur des unités spéciales est conscient que les punitions représentent un problème. «Les gars étaient crinqués dans un match très émotif, mais c’est à nous d’être plus disciplinés, a-t-il résumé. On parle de punitions d’intensité, mais on doit éviter ces mouchoirs de 15 verges. Pour ce qui est de l’immunité de cinq verges, ce sont des choses qui peuvent arriver surtout avec le vent.»
Le Rouge et Or a notamment écopé de deux punitions de rudesse sur la même séquence pour une perte de 30 verges.
Jeu truqué qui avorte
Posté à la ligne de 50 verges des Bleus sur un 3e essai et deux verges à franchir au 4e quart, le Rouge et Or a misé sur un jeu truqué sur un botté de dégagement qui aurait pu surprendre les Carabins, mais l’exécution n’a pas été au point.
François Giguère-Lacasse a capté la remise du spécialiste Ian Leroux avant d’effectuer un jeu renversé à Anton Haie qui n’a pas été en mesure de capter le ballon.
«On pratique ce jeu depuis deux ans et on voulait le sortir dans un grand moment, a expliqué Bertrand. La remise était bonne. On dit toujours aux joueurs de garder les yeux sur le ballon avant de penser de courir. On avait raté un premier jeu truqué contre Sherbrooke et on voulait passer le message que nous étions capables d’en réussir.»