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Football NCAA: une terreur québécoise en Californie

Le plaqueur défensif Floyd Boucard a célébré la victoire contre Purdue, dans laquelle il a excellé.
Le plaqueur défensif Floyd Boucard a célébré la victoire contre Purdue, dans laquelle il a excellé. John McGillen / USC Athletics Stephane Cadorette
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2025-10-16T04:00:00Z

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L’une des recrues qui ont fait jaser dans le monde du football de la NCAA depuis le début de la saison est un petit gars de chez nous. Enfin, «petit» est un bien drôle de mot dans le contexte, puisque le plaqueur défensif de 6 pi 3 po et 305 lb Floyd Boucard est plutôt l’un des grands espoirs québécois à surveiller.

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Le jeune homme de 19 ans, qui porte les couleurs des Trojans de USC (University of Southern California) s’est blessé à un genou samedi dans un match à haut profil contre les Wolverines du Michigan et sera sur la touche pour une durée indéterminée.

Au moment d’écrire ces lignes, peu de détails étaient connus quant à la nature de la blessure du joueur originaire de Deux-Montagnes, mais une certitude demeure.

À la suite d’un camp d’entraînement à l’USC où il a fait écarquiller les yeux, Boucard a débuté la saison en trombe et s’est même retrouvé sous les projecteurs nationaux aux États-Unis avec une remarquable performance contre Purdue, le 13 septembre.

À ce moment, Boucard avait terrorisé le quart-arrière adverse avec six pressions sur lui, dont une qui a mené à son premier sac en carrière dans la NCAA.

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«On était vraiment bien préparé pour ce match. C’est un moment dont j’ai rêvé depuis que j’ai commencé à jouer au football. Quand ce match-là est arrivé, je me suis dit que j’avais une opportunité et je l’ai saisie», s’est réjoui Boucard, lors d’une récente entrevue par visioconférence, après un entraînement.

Un brillant avenir

Celui qui a fait ses classes à l’école Armand-Corbeil jusqu’en troisième secondaire, avant de faire le saut à Mobile Christian, en Alabama, puis à Miami Central, en Floride, a jusqu’ici été amené tranquillement dans la mêlée.

C’est d’ailleurs ce qui épate dans sa prestation mémorable contre Purdue. Ses six pressions ont été enregistrées en seulement 17 jeux défensifs.

Recruté à USC comme prospect «3 étoiles», Boucard est déjà identifié, par certains analystes, comme un vol de la dernière cuvée de recrutement.

«J’essaie de ne pas suivre toutes ces histoires-là. Je suis ici pour jouer au football. Je comprends que les gens ont leur opinion, mais mon travail, c’est de me concentrer sur ce que j’ai à faire. Je vois passer quelques affaires parce que ma mère est vraiment fière de ça, mais les bruits de l’extérieur, je ne veux pas trop les entendre», nous a-t-il dit simplement.

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«C’est sûr que mon rêve c’est la NFL, mais en ce moment, je sais je suis où et je suis arrivé là en raison des efforts que j’ai mis. Pour l’instant, c’est sur la NCAA que je me concentre, mais je sais que mon temps viendra», a-t-il poursuivi.

Recruté partout

En tout et partout, une cinquantaine de programmes de la NCAA ont courtisé Boucard. Il a d’abord dressé une liste de finalistes composée de USC, Oklahoma, Miami et Alabama, quatre programmes qui figurent parmi les meilleurs au pays.

À la base, il a choisi Oklahoma à l’été 2024, avant de se raviser et de se diriger vers la Californie.

L’équipe qu’il représente étonne avec une fiche de cinq victoires et une défaite, ce qui lui vaut le 20e échelon au pays.

«C’est une très belle expérience jusqu’ici à USC. Au niveau du développement, c’est très encadré. Tout ce qu’il me reste à faire, c’est de jouer au football.

«C’est une équipe à Hollywood, donc il y a beaucoup de personnes qui ont l’air de penser que c’est juste du vent. Les gens commencent à comprendre la qualité de notre niveau de recrutement dans la saison morte. On est en train de prouver qu’on a un programme très discipliné et qu’on a bien reconstruit», estime Boucard.

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Un ancien entraîneur bien fier

Floyd Boucard en action contre Georgia Southern.
Floyd Boucard en action contre Georgia Southern. John McGillen / USC Athletics Stephane Cadorette

François Cajelais a dirigé Floyd Boucard à l’école Armand-Corbeil, avant qu’il ne fasse le grand saut aux États-Unis. Même s’il est admiratif de son ancien poulain, il est probablement le moins surpris du monde de le voir connaître du succès.

Tout au long de notre entretien avec Boucard, il ne s’est pas mis de l’avant et nous a remerciés plusieurs fois d’avoir fait des démarches auprès de son équipe pour lui parler. Pour lui, pas question de trop se lancer de fleurs.

Pour bien comprendre toute l’étendue de son talent et les traits de personnalité qui en font un espoir de premier plan, c’est plutôt vers Cajelais qu’il a fallu se tourner.

«C’est un gars qui a une énorme confiance en lui. Il n’est intimidé par rien et je pense que c’est pour cette raison qu’il va percer. Je ne suis pas surpris qu’il ait du succès. Il ne sera jamais le genre de gars trop impressionné par la NCAA, les installations ou le gars devant lui. Pour lui, ça reste du football et, dans sa tête, il reste le meilleur», a analysé l’entraîneur.

Un jeu clé

Quand Boucard a tout détruit devant lui pour aller ensevelir le quart-arrière de Purdue pour son premier sac, Cajelais a vite compris que son ancien protégé venait de passer un message sérieux.

«Ce n’était pas juste un sac du quart normal. Ce jeu signifie beaucoup parce que quand tu démolis un joueur de ligne d’une grosse université et que tu fais paraître l’adversaire pour un enfant, c’est une marque qu’il laisse. Il sera de plus en plus utilisé. Les deux partants à sa position sont projetés dans les premières rondes du repêchage de la NFL, donc Floyd joue en rotation. L’an prochain, on va le voir beaucoup», croit-il.

À Terrebonne, Cajelais n’hésitait pas à utiliser celui qu’il qualifie d’athlète unique à toutes les sauces.

«Il jouait surtout comme secondeur, mais il aurait pu être notre meilleur joueur à n’importe quelle position. On l’utilisait même comme ailier rapproché sur quelques jeux et c’était productif à chaque fois», s’est-il remémoré.

Pour sa part, Boucard, qui pourrait se rendre admissible au repêchage de la NFL dans deux ans, demeure ancré dans le présent.

«Je me répète souvent un dicton important pour moi, qui est God’s timing. Ça veut dire que Dieu dicte tout. Je fais ce que j’ai à faire et le temps va me révéler ce qui va se passer avec moi.»

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