Football à McGill: «Il y a des changements partout dans le bâtiment»


Richard Boutin
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En poste depuis à peine six mois, l’entraîneur-chef Alex Surprenant est très heureux de tous les appuis reçus pour relancer un programme moribond depuis deux décennies.
Au-delà de la victoire face au Vert & Or, samedi dernier, une première à Sherbrooke depuis 2017 pour les Redbirds de McGill, Surprenant regarde la situation avec une plus large perspective.
«Ça ne garantit pas le succès, mais il y a de grands changements partout dans le bâtiment», résume Surprenant quelques heures avant de se frotter à son alma mater du Rouge et Or de l’Université Laval. «Il y a une volonté de bien faire. C’est un grand processus qui implique une centaine de changements. On n’a pas eu le temps de tout faire, mais ça avance. Notre président des anciens, Vincent Gagné, fait un job incroyable pour que McGill redevienne une puissance.»
Un gars de l’extérieur
Le francophone de Saint-Jean-sur-Richelieu qui n’a jamais porté les couleurs de McGill dit avoir reçu un accueil incroyable des anciens du programme. «Je n’étais pas encore sur la liste de paye et une vingtaine d’anciens m’invitaient à dîner. J’ai été accueilli à bras ouverts. Un ancien joueur francophone de McGill m’a témoigné de sa fierté qu’un francophone soit à la tête du programme. Le Québec en 2024 est bilingue et je représente ça. Je suis convaincu que ça sortait pas mal moins bien 2019, mais mon expérience à Concordia m’a permis d’obtenir l’emploi à McGill.»
Des anciens prêts à s’impliquer
Avec des anciens aux quatre coins du Canada ainsi qu’aux États-Unis, McGill mise sur un géant qui dormait. La venue d’un nouvel entraîneur-chef a sonné le réveil des troupes. «Les anciens attendaient un changement pour s’impliquer, affirme-t-il. C’était du jamais-vu pour moi quand le comité des anciens a récolté 120 000$ en 24 heures un mois après mon embauche. Il y a un grand sentiment de fierté et d’appartenance.»
Plan de recrutement ambitieux
L’argent est évidemment un facteur essentiel au succès du programme, mais l’implication des anciens ne se fera pas uniquement au plan financier. Sur une base bénévole, une vingtaine d’anciens qui habitent un peu partout au Canada et dans le nord-est des États-Unis font partie du comité de recrutement. À Calgary, on retrouve Randy Chevrier, qui a évolué dans la NFL et la LCF, et Matt Connell, deux anciennes vedettes de l’équipe.
«Si l’Université McGill est capable de recruter au Canada et aux États-Unis, il n’y a pas de raison que son équipe de football ne soit pas capable de faire la même chose. Il y a de bons étudiants en Amérique du Nord et je suis convaincu d’être capable d’en trouver 25 par année. Le modèle existe. Une excellente université comme Stanford était parmi les meilleures équipes de la NCAA avec Andrew Luck et Christian McCaffrey dans leur alignement. C’est possible de le faire.»
Pour Surprenant, le recrutement doit se faire partout au Canada et chez nos voisins du sud. «McGill compte 50% d’étudiants québécois et 50% d’étudiants de l’étranger et c’est le modèle que l’on veut reproduire pour notre équipe de football. C’était le même ratio quand McGill a gagné la Coupe Vanier en 1987. On ne pourra pas rivaliser avec les puissances de Laval et de Montréal en misant uniquement sur le recrutement au Québec. Il y a des vedettes collégiales à qui on ne parle pas parce qu’ils ne correspondent pas à notre profil académique.»
En avance sur Concordia
Sur le plan du football, Surprenant estime que les Redbirds misent déjà sur des éléments fort intéressants. «Mon point de comparaison est 2019, quand j’ai été embauché comme coordonnateur offensif à Concordia, explique-t-il. Notre équipe est meilleure que celle de Concordia de 2019. Je me souviens d’une dégelée de 74-0 à Laval à ma première année. On a un bon bout de chemin à faire, mais on part avec un potentiel intéressant.»