Flag-football: une nouvelle ère s’amorce pour ce sport dominé par les Québécoises

Philippe Asselin
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MONTRÉAL | Aucune discipline sportive n’a connu une plus grande croissance que le flag-football féminin au Québec au cours des dernières années.
Le sport qui sera en vedette aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 vient de connaître une nouvelle avancée chez nous: le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) met officiellement en branle une ligue universitaire féminine qui s’amorcera en 2025.
Il y a quatre ans, le RSEQ a instauré le flag-football comme «projet pilote». Six à sept équipes associées à des instances universitaires se sont affrontées sur quatre saisons.
Elles seront sept pour cette nouvelle étape qui s’amorcera en septembre, soit l’ETS, Concordia, l’Université Laval, l’UQTR, l’Université de Sherbrooke, l’UQAM et l’Université de Montréal.
Les universités ont d’ailleurs commencé à annoncer leur personnel d’entraîneurs. C’est le cas des Carabins de l’UdeM, qui ont officialisé jeudi l’embauche de Rachel Lessard et d’Alexandre Desjardins comme co-entraîneurs-chefs.
L’entraîneuse-cheffe du Canada avec les Bleus
Les deux pilotes œuvraient déjà pour le club sportif qui était associé à l’Université de Montréal l’an dernier. En s’assurant de maintenir les services de Lessard, les Carabins peuvent se vanter d’avoir l’entraîneuse-cheffe de l’équipe nationale féminine canadienne dans son giron.

La femme de 55 ans a été nommée à ce prestigieux poste le 8 mai dernier.
«Je compétitionnais vraiment contre des grosses têtes de football et je ne m'attendais pas à ça, laisse tomber Lessard en entrevue. Ma carrière comme entraîneuse n’est pas si longue que ça.»
En effet, elle ne pratique ce métier que depuis quatre ans. Lessard a toutefois 25 ans d’expérience comme joueuse de flag-football, elle qui a vu sa carrière prendre fin en 2015 en raison d’une «grosse commotion cérébrale».
Son impressionnant palmarès, bâti en peu de temps, a visiblement séduit les dirigeants de Football Canada. Comme pilote, elle compte notamment dans sa collection des médailles d’or aux Championnats nationaux seniors (2024) et aux Championnats du monde de Tampa (2024), et une de bronze en tant que coordonnatrice défensive d’Équipe Canada à la Coupe des Amériques (2023). Elle a aussi guidé l’Université de Montréal à son troisième titre national au Championnat canadien collégial de flag-football l’an dernier.
Les Québécoises en avance
La première étape de Lessard à la barre d’Équipe Canada se tient ces jours-ci au CEPSUM, où se déroule le dernier camp d’évaluation en vue des World Games. Cette compétition, où se retrouveront les meilleures équipes féminines de flag-football au monde, se déroulera en Chine au mois d’août prochain.
Parmi les 50 joueuses invitées, 38 sont des Québécoises.
«Le flag est vraiment en pleine santé au Québec et on vient de le démontrer encore», indique Lessard, en faisant référence aux Championnats nationaux élites de flag 2025 tenus la fin de semaine dernière en Ontario.
Lors de ceux-ci, les équipes féminines du Québec ont remporté l’or chez les U19, U18 et U16, ainsi que l’argent chez les U14.
«On est en avance sur les autres provinces. Le coaching est incroyable au Québec. On a vraiment un beau bassin d’entraîneurs. Aussi, on commence à jouer de plus en plus tôt ici», souligne Lessard.
Le sport est aussi extrêmement populaire chez les jeunes Québécoises. En 2024, le directeur général du RSEQ, Stéphane Boudreau, a dit à Radio-Canada qu’il y avait une croissance de près de 25% chaque année depuis trois ans au flag-football, chez les étudiants-athlètes au secondaire.
«Il y a tellement d’équipes qu’on a de la difficulté à fournir des arbitres. Le bassin de joueuses est immense au Québec, affirme Lessard. Par exemple, il y avait environ 200 filles pour les essais pour l’équipe U18 dernièrement. On a fait quatre camps.»