Fitzgibbon défend la rémunération de 1,1 M$ du PDG d’Investissement Québec

Geneviève Lajoie
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Pour aller chercher les meilleurs, il faut des salaires concurrentiels. Le ministre Pierre Fitzgibbon défend bec et ongles la rémunération de 1,1 M$ du grand patron d’Investissement Québec.
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Le bras financier du gouvernement a une toute nouvelle politique de rémunération. Ses dirigeants recevront désormais un salaire variable en fonction de leur rendement, ce qui permettra à l’actuel président Guy Leblanc de toucher jusqu'à 1,1 million de dollars par an, soit le double de ce que gagnait son prédécesseur.
Ses vice-présidents ne sont pas en reste. En additionnant le salaire de base et les bonis à la performance, leur rémunération pourra aller de 775 000$ à 1 million de dollars.
- Écoutez la chronique de Caroline St-Hilaire à l’émission de Pierre Nantel sur QUB radio:
Le ministre de l’Économie estime qu’une rémunération de cette ampleur, qui est comparable aux salaires dans le milieu de la finance, est souhaitable pour ces fonctions.
«On veut une culture de performance, on veut avoir des offres concurrentielles pour recruter, chez Investissement Québec, du talent, a-t-il dit mercredi, à l’Assemblée nationale. Si on veut avoir des outils à la mesure de nos ambitions, il faut rémunérer les gens en conséquence.»
Les employés choqués
Une situation qui choque les quelque 300 employés de la société d’État, actuellement en négociation pour le renouvellement de leur convention collective.
«Le gouvernement autorise plus que le double en hausse de salaire aux hauts dirigeants dès l’an prochain, mais refuse 2% d’augmentation à nos membres pour les années à venir, et qui sont des salariés de la classe moyenne. On constate malheureusement qu’avec la CAQ, c’est toujours deux poids, deux mesures, et uniquement en faveur des hauts salariés», a déploré le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique (SFPQ), Christian Daigle.
- Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:
«Un gouvernement de banquiers»
La hausse faramineuse de la rémunération des bonzes d’IQ a également soulevé l’ire des partis d’opposition à Québec.
Le député solidaire Vincent Marissal est outré. «Le gouvernement libéral était un gouvernement de médecins, ils avaient fait sauter la banque pour les médecins. La CAQ, c'est un gouvernement de banquiers, ils font sauter la banque pour les banquiers!» a-t-il pesté.
Carlos Leitao, député libéral et ex-ministre des Finances, ne croit pas que les hauts dirigeants de la société d'État doivent toucher une si forte proportion de rémunération variable. Plus encore, il s’interroge sur le moment choisi pour cette hausse de salaire, en pleine pandémie.
«Je ne pense pas que le rôle d'Investissement Québec est de faire de l'argent. Le rôle d'Investissement Québec, c'est d'aider et de promouvoir le développement économique du Québec. IQ n'est pas une banque», a-t-il fait valoir.
Au Parti québécois, on a tenu à rappeler la proximité qui existe entre le ministre de l'Économie et le grand patron d'IQ.
«Je me souviens que le premier ministre avait comme objectif de créer des emplois payants au Québec. Bien, ça commence par Investissement Québec. Alors, l'ami de M. Fitzgibbon, M. LeBlanc, est le premier à donner l'exemple», a raillé le chef parlementaire péquiste, Pascal Bérubé.