Finale olympique individuelle: une première depuis 1996 pour une nageuse québécoise


Richard Boutin
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PARIS | Mary-Sophie Harvey est devenue, dimanche soir, la première Québécoise depuis Guylaine Cloutier et sa 6e place au 100m brasse en 1996 à Atlanta à se qualifier pour une épreuve individuelle olympique.
«Je sens tellement le support des Québécois et ça me fait chaud au cœur de les représenter sur la scène internationale. Tant mieux si je peux inspirer les plus jeunes.»
Après une solide performance en matinée où elle a signé le deuxième temps (1 min 56 s 21) le plus rapide des préliminaires et remporté sa vague, Harvey a eu une bonne frousse en demi-finale. Son temps de 1 min 56 s 46 la plaçait au 3e rang de sa vague.
Le stress dans le piton
Harvey a fait du sang de cochon sur le bord de la piscine en sachant que la deuxième vague serait plus rapide. Son chrono a tenu de justesse et elle a obtenu le 8e et dernier couloir pour la finale.
«Ce n’était pas voulu et je ne veux pas revivre une telle situation, a exprimé la nageuse de 24 ans native de Trois-Rivières. Je n’ai pas fait une excellente course, mais ce ne fut pas dégueu non plus. J’ai trop regardé les autres au lieu de faire ma course. Je regardais la Chinoise à ma droite qui est partie vite sans me soucier des filles à ma gauche. Je visais une victoire ou une deuxième position dans ma vague pour assurer ma place en finale.»
«Le premier point positif est que je me suis qualifiée pour la finale quand même, de poursuivre Harvey. Le travail est fait. Le deuxième point positif est que je n’aurai qu’un côté à regarder lors de la finale puisque je serai dans le couloir numéro huit. J’aurais préféré un meilleur couloir, mais je prends la finale. Je pense que je peux aller pas mal plus vite en finale et gagner quelques positions.»
La résilience a payé
Invitée de dernière minute pour nager les séries du 4x200m libre aux Jeux de Tokyo en 2021 après sa 5e place aux Essais olympiques à Toronto, Harvey avait terminé au pied du podium avec l’équipe canadienne.
«Si je n’avais pas reçu cet appel pour nager les séries, ma carrière aurait pris fin, a-t-elle expliqué. J’étais en paix avec mon choix. Trois ans plus tard, je vais nager une finale individuelle dans cette même épreuve du 200m. Après Tokyo, le 4x200m libre des Jeux de Paris a toujours été un objectif. Je voulais être la meilleure possible en solo. La résilience et la persévérance ont payé.»
Pas de doublé pour Mac Neil
Championne olympique en titre, Maggie Mac Neil pouvait devenir la première femme de l’histoire à réussir un doublé au 100m papillon, mais elle s’est arrêtée en 5e place dans une finale marquée par un doublé des Américaines.
La Canadienne a touché le mur en 56 s 44 alors que Torri Huske a causé toute une surprise en devançant sa compatriote Gretchen Walsh, détentrice du record du monde, en 55 s 18. Vingt-quatre heures plus tôt, elle avait établi un record olympique en demi-finale avec un temps de 55 s 38. En finale, elle n’a pu faire mieux que 55 s 63, comparativement à 55 s 59 pour Huske.
«C’est difficile de remporter un titre olympique et c’est encore plus difficile de le répéter, a mentionné Mac Neil. Je n’avais rien à prouver à personne et j’ai apprécié mon expérience. Il n’y a jamais eu autant de profondeur.»
Mac Neil a réussi son meilleur 50m en carrière par 0 s 02, mais ce fut plus difficile au retour. «Mon entraînement a très bien été, mais je n’ai pas fait assez de courses, a-t-elle expliqué. Le calendrier des Essais convenait bien aux athlètes dans la NCAA, mais c’était moins évident pour les autres.»
Il reçoit l’appel du président de la République après avoir établi un record olympique et soulevé les partisans français
PARIS | Si l’ambiance était électrique pour le duel au sommet entre trois des meilleures nageuses au monde, samedi soir, au 400m libre qui a vu Summer McIntosh procurer une première médaille au Canada, c’était la folie totale, dimanche, pour l’entrée en scène du Français Léon Marchand.
Les manifestations d’amour ont débuté à l’extérieur avant la course et se sont poursuivies dans la Défense Arena où les partisans français ont scandé «Léon!» tout en chantant «Allez, les Bleus» une quinzaine de minutes avant le coup de pistolet, sans oublier une vague et La Marseillaise.
Après avoir réalisé le record du monde au championnat mondial 2023 au Japon en vertu d’un chrono de 4 min 02 s 50, le nageur de 22 ans n’a pas déçu ses chauds partisans en signant un record olympique pour enlever l’or avec un temps de 4 min 02 s 95. Il a devancé le médaillé d’argent par près de six secondes.
Appel du président
Après la cérémonie du podium et tout juste avant de se pointer dans la zone mixte où il n’a répondu qu’à quelques questions uniquement en français, Marchand a reçu un appel du président de la République, Emmanuel Macron.
«Le président m’a dit qu’il avait crié dans son salon en regardant la finale avec sa famille, a-t-il raconté, et me souhaitait bonne chance pour mes prochaines épreuves. C’était cool.»
«C’est incroyable ce que je viens de vivre, de poursuivre le protégé de Bob Bowman, l’ancien entraîneur de Michael Phelps. Avant la course, je me suis ouvert les yeux et [j’ai] pris plaisir à réaliser tout l’appui que je recevais. Quinze mille personnes scandaient mon nom. C’est fou.»