Finale LHJMQ: qui sera le meilleur Rousseau?
La finale entre les Remparts de Québec et les Mooseheads d’Halifax mettra aux prises les gardiens William et Mathis Rousseau


Kevin Dubé
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Personne ne peut prédire avec certitude l’issue de la série finale entre les Remparts de Québec et les Mooseheads d’Halifax. Il y a une chose qu’on sait, toutefois: c’est un gardien avec le nom de famille «Rousseau» qui soulèvera le trophée Gilles-Courteau.
William, pour les Remparts, et Mathis, pour les Mooseheads, n’ont aucun lien de parenté, mais ils ont au moins une chose en commun: ils font partie des principales raisons qui expliquent que les deux formations se préparent pour l’ultime série de la saison 2022-2023 dans le circuit Cecchini, qui débutera vendredi.
William Rousseau a été fumant dans la série face aux Olympiques de Gatineau et fait des arrêts importants à des moments clés. Celui qui saute aux yeux est probablement lorsqu’il a stoppé Cam MacDonald en tir de pénalité lors du match no 4, alors que le pointage était 1 à 1. Les Remparts étaient par la suite allés chercher le but vainqueur pour balayer la série.
De son côté, Mathis Rousseau a lui aussi été excellent en demi-finale, face au Phoenix de Sherbrooke. Après que son équipe eut échappé les deux premiers matchs de la série, il a fermé la porte, blanchissant le Phoenix lors des deux dernières rencontres pour permettre aux Mooseheads de l’emporter en six matchs.
Une finale de gardiens
Bref, si la tendance se maintient, le gagnant du trophée Gilles-Courteau pourrait fort bien être l’équipe avec le Rousseau le plus solide.
«Chaque match va être serré donc j’ai quasiment envie de dire que oui, les gardiens vont jouer un rôle important, mentionnait Patrick Roy lundi matin. Dans notre série contre Gatineau, Will a été extraordinaire et nous a permis de gagner ça en quatre, et quand je regarde Mathis Rousseau, il a joué un rôle important. Lors du match no. 6, Halifax se défendait plus qu’autre chose et le Phoenix aurait pu marquer, mais leur gardien a été bon et l’équipe a bien travaillé devant lui pour le protéger.»
Deux gardiens qui se motivent
William Rousseau est devenu un abonné aux duels de gardien en séries. En première ronde, on parlait de sa confrontation avec le vétéran des Islanders de Charlottetown Jakob Robillard puis, en demi-finale contre Gatineau, plusieurs y voyaient une série qui se déciderait devant le filet, entre lui et Francesco Lapenna.
«Un gardien, c’est important, mentionne le gardien des Remparts. Ça va être important pour les deux d’élever notre niveau de jeu et c’est celui qui va le mieux le faire qui va être capable de remporter la série.
«D’affronter un gardien au sommet de son art, je m’en sers comme motivation. Si le gardien de but de l’autre côté fait les arrêts, il faut que tu sois capable d’en faire de meilleurs et d’en faire plus pour remporter le match.»
Ça tombe bien, puisque ça semble être aussi le cas de Mathis Rousseau, à Halifax.
«Un peu comme moi, William est un gardien sous-estimé. Contre Gatineau, il a prouvé qu’il était capable d’être l’un des meilleurs gardiens de cette ligue. Ça me motive. Je veux montrer que je suis le meilleur des deux Rousseau», a-t-il mentionné lors d’un entretien téléphonique avec Le Journal, mardi.
Fort de deux blanchissages à ses deux derniers matchs, Mathis Rousseau assure qu’il entamera la finale en pleine confiance.
«Je sens que je vois bien la rondelle et j’ai confiance en mes habiletés. Québec, ce sera un gros test. Je veux continuer de m’améliorer. Je suis au sommet de mon art, mais je veux pousser ce sommet encore plus loin.»
Rendre son travail difficile
Pour éviter que le gardien des Mooseheads atteigne un autre sommet, les joueurs des Diables rouges sont conscients qu’il n’existe pas de recette miracle: ils devront trouver une manière de le déranger et de l’empêcher de prendre confiance devant son filet.
«Leur gardien est très hot présentement, il est en confiance. Ce sera à nous de prendre de bons lancers au filet et amener du trafic. Ils sont capables de jouer des matchs de 1-0 et de fermer le jeu», analysait l’attaquant des Remparts Zachary Bolduc.
Même son de cloche du côté de Nathan Gaucher, un joueur qui trouve une grande partie de son efficacité devant le filet adverse.
«Il va falloir faire comme on a fait depuis le début des séries, c’est-à-dire prendre des lancers de qualité. Parfois, quand tu lances de partout, tu permets au gardien de rentrer dans sa petite routine. De mon côté, je vais essayer de rendre son travail un peu plus difficile, c’est sûr.»
Le gardien qui veut battre Patrick Roy, l’idole de son père

Mathis Rousseau n’a jamais vu Patrick Roy évoluer comme joueur, mais il en a entendu parler abondamment par son père, Langis. Même qu’il a un chandail porté par Roy en 1993 et autographié, à la maison.
Le gardien des Mooseheads d’Halifax fera maintenant face à l’équipe dirigée par Roy, les Remparts de Québec, en finale du trophée Gilles-Courteau.
«Patrick, c’est une icône au Québec. Tout le monde le connaît et mon père est un gros fan et m’a montré des vidéos. Tu regardes comment il est comme personne, il a beaucoup de caractère et il n’aime pas perdre. Quand tu regardes sa carrière, à Montréal ç’a bien été et ensuite il est allé au Colorado où il a gagné deux fois la coupe. Il a vécu les deux côtés, soit la gloire et des moments plus durs, notamment quand il était junior. J’ai beaucoup de respect pour lui et je sais que c’est un bon entraîneur. On sait qu’il est capable d’amener son équipe à un autre niveau.»
Malgré tout le respect qu’il lui doit, le gardien de 18 ans et son équipe ont l’œil sur le même objectif que Roy et les Remparts: la coupe.
«On sait que ça va être très difficile. Les Remparts ont une excellente équipe. On s’attend à une guerre de tranchées. Je pense que ce sera très serré et une erreur peut faire la différence.»
Négligés
Rousseau s’attend d’ailleurs à ce que, comme ce fut le cas toute la saison, les Mooseheads soient les négligés dans cette série finale. Et ça ne lui fait pas un pli.
«On a battu Sherbrooke et il y a encore des gens qui disent que c’est le Phoenix qui l’a échappé et non Halifax qui a élevé son niveau de jeu pour aller chercher la série. C’est sûr qu’on nous respecte plus qu’au début de la saison parce qu’on a réussi à gagner quand ça compte. Plus la série contre Québec va avancer, les gens vont voir que c’est serré et voir qu’on a notre place ici.»