Finale de la Coupe Stanley: il n’y aura pas de miracle

Marc de Foy
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Pour reprendre l’expression de mon collègue Jonathan Bernier, les Panthers de la Floride en ont mangé une sincère à Edmonton, samedi soir.
Mais ne partons pas en peur. Les Oilers n’arriveront pas à en coller quatre de suite. Ils ne répéteront pas l’exploit de l’édition 1942 des Maple Leafs de Toronto, qui avaient surmonté un déficit de trois matchs contre les Red Wings de Detroit en finale.
Il n’y aura pas de miracle.
Il y a de bonnes chances que les Panthers remportent leur première Coupe Stanley devant leurs partisans, mardi soir, en Floride. Ils ont encore la situation bien en main, ils n’ont aucune raison de paniquer.
Sans miser sur un joueur de la trempe de Connor McDavid, ils sont supérieurs aux Oilers.
«Ils forment une vraie équipe, ce qui n’est pas le cas des Oilers», me disait Michel Bergeron lorsque je l’ai rencontré au tournoi de golf des Anciens Canadiens, jeudi dernier, au Club Le Mirage.
L’équipe d’abord
En séries, on le sait, tout un chacun doit penser en termes de collectivité. La Coupe Stanley ne se gagne pas seulement avec un ou deux grands joueurs dans la formation.
«À Edmonton, on fait toujours allusion à McDavid et à ses exploits personnels», a continué Bergeron.
«Le corps défensif des Panthers est solide du gardien au sixième défenseur», a ajouté l’ami Michel.
«Les Oilers n’ont rien de comparable à ce niveau. Et on s’attend tellement à ce que McDavid transporte cette équipe. Même à l’époque de Wayne Gretzky, de Mario Lemieux, de Guy Lafleur, du Big Three et de Ken Dryden, c’était le concept d’équipe qui primait.»
«Les Panthers, c’est une équipe. Les Oilers ne sont pas encore rendus là.»
Le Canadien de 1971
L’esprit de corps et le jeu collectif mènent loin dans les séries, c’est connu. Même pour des formations qui ne font pas partie de la crème de la crème.
Je n’ai jamais oublié ce que Gretzky m’avait dit dans le cadre des festivités du centenaire de la Ligue nationale, en 2017. Ce soir-là, à Nashville, la LNH avait dévoilé la liste des 10 meilleures équipes de son histoire, lesquelles avaient été choisies par le public dans un grand sondage.
Le Canadien de 1971, qui avait surpris tout le monde en remportant la coupe avec un gardien recrue du nom de Ken Dryden, ne figurait pas parmi ces formations.
Pourquoi Gretzky en avait-il parlé?
«Parce que sans être la meilleure équipe, c’était la plus unie», m’avait-il répondu, lui qui, cette année-là, avait vu ses bien-aimés Bruins s’incliner au premier tour face au Canadien.
«Je me suis toujours rappelé de cette conquête et ça m’a servi plus tard dans ma carrière. Je disais à mes coéquipiers qu’on gagnerait en jouant en équipe.»
Équipe en mission
C’est le cas des Panthers. Leurs joueurs sont en mission depuis leur défaite aux mains des Golden Knights en finale, l’an dernier.
Cinq des six premiers marqueurs de la LNH en séries sont des porte-couleurs des Oilers. Le capitaine des Panthers, Aleksander Barkov, qui vient au quatrième rang, est à 17 points du premier rang détenu par McDavid.
Sergei Bobrovsky a beau avoir accordé cinq buts sur 16 tirs seulement l’autre soir, il demeure l’homme de la situation devant le filet des Panthers. Impossible qu’il subisse trois défaites consécutives.
Si ça arrive, j’achète un chandail des Oilers et je me promène avec tout l’été.