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Feux d’artifice à la ligne bleue

Jocelyne Larocque, du Canada, bataillant avec Kendall Coyne Schofield, des États-Unis, en deuxième période du match de lundi remporté 4 à 2 par les Canadiennes.
Jocelyne Larocque, du Canada, bataillant avec Kendall Coyne Schofield, des États-Unis, en deuxième période du match de lundi remporté 4 à 2 par les Canadiennes. Photo Didier Debusschère
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2022-02-14T04:19:54Z
2022-02-14T05:57:33Z

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« On souhaite toujours que notre premier jeu offensif prenne naissance d’un jeu défensif ». C’est ainsi que l’entraîneur-chef de l’équipe féminine canadienne décrit le puissant système faisant des ravages dans ce tournoi olympique. Derrière l’attaque attirant tous les projecteurs, une brigade défensive fait franchement un excellent boulot. 

Les sept défenseures de Troy Ryan comptent cinq buts et 34 points. Non seulement appuient-elles l’attaque, mais elles sont aussi responsables défensivement. 

Elles n’ont accordé que cinq buts en autant de matchs. Du lot, deux ont été marqués en infériorité numérique. 

Avec deux gardiennes au sommet de leur forme, les Canadiennes ne laissent aucune chance à leurs pauvres rivales. Ann-Renée Desbiens montre un taux d’efficacité de ,958 tandis qu’Emerance Maschmeyer la suit de très près à ,956. 

Même quand la machine est enrayée comme on l’a constaté face aux Américaines dans un match plus difficile, la formation nationale réussit à se sauver avec la victoire. 

C’est en quelque sorte la preuve de sa solidité. Elles excellent en territoire défensif et n’hésitent pas à se porter en zone ennemie pour soutenir l’attaque. La participation à la vaste majorité des buts en est la preuve.

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Système efficace

« Il ne fait aucun doute que nous déployons une énorme puissance offensive, mais ce qu’il faut d’abord constater, c’est notre efficacité dans notre zone. Toutes les filles sont capables de jouer dans les deux sens de la patinoire, a noté Renata Fast, avec quatre aides au compteur. On met des points au tableau et on limite les meilleures joueuses adverses, c’est une bonne recette. »

Ryan a mis sur pied un système qui n’est pas des plus sorciers en y intégrant des nouveaux concepts afin de l’adapter. Ceux-ci peuvent provenir de jeux des pros de la LNH, de propositions de ses joueuses et d’idées pêchées chez les adversaires. 

Tant que le système est efficace et solide, il est ouvert aux suggestions. Ses patineuses s’adaptent donc à grande vitesse et avec plaisir. 

« Il faut toutefois s’assurer qu’on est porté vers l’attaque. Ce que cela signifie entre autres, c’est qu’on doit attaquer défensivement. Il ne faut pas être passif et défendre notre territoire. Il faut presser nos adversaires et les forcer à faire des erreurs, a expliqué Ryan. Cette stratégie nous permet de profiter des revirements et de relancer rapidement l’attaque. Et ça passe par une défensive efficace. »

Voilà donc pourquoi les arrières sont si productives dans ce tournoi olympique. 

Cinq recrues

Du groupe à la ligne bleue, cinq participent à leurs premiers Jeux, guidées par les vétéranes Jocelyne Larocque et Renata Fast. La jeune Claire Thompson, 24 ans, n’est pas aussi timide sur la patinoire qu’en entrevue. 

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La Torontoise s’est déjà hissée parmi les meilleures pointeuses de l’histoire de l’équipe olympique canadienne en vertu de ses neuf points. Avant la finale de dimanche soir, elle figurait au 15e rang. 

Mise au fait de ses réalisations, elle a rougi, fière et honorée. Elle ne fait que commencer sa carrière olympique et déjà, elle se hisse parmi les grandes qui ont marqué ce sport depuis près de 30 ans. 

« J’ai toujours été une défenseure à caractère offensif. Je n’aurais jamais osé penser que je débuterais de cette façon, a-t-elle lâché. Mais l’équipe joue si bien. Plusieurs d’entre nous affichent une belle récolte personnelle. C’est la preuve que nous sommes si fortes. » 

À l’exception de Mélodie Daoust qui s’est blessée dès le premier match (elle devait jouer contre la Suisse la nuit dernière), toutes les Canadiennes ont noirci la feuille de pointage. Elles congestionnent le sommet des meilleures pointeuses du tournoi. 

Voyant le jeu se développer devant elle, Desbiens estime qu’elle n’a jamais gardé les buts d’une si puissante formation et une brigade aussi talentueuse qu’hermétique.  

Pékin Express 

Premiers flocons en ville

Une première. Il tombait une petite neige sur l’immense capitale, au réveil hier matin. Des flocons amenant une douceur à ces Jeux rigides depuis près de deux semaines. Dire que les gens étaient heureux de se promener enfin dans un paysage hivernal est un euphémisme. Des Jeux d’hiver sans neige dans la majorité des sites, c’est un peu tristounet. Par climat très sec, elle est rare à Pékin.

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En milieu d’après-midi, une dizaine de centimètres couvraient le sol et les rues. Une « tempête », car le couvert neigeux total en hiver se compte sur les doigts des mains, en moyenne. 

Dans le Parc olympique, les bénévoles s’amusaient dans leur temps libre. Ça faisait bon à voir. 

Un totem par-ci, un totem par-là, on était loin des bonshommes de neige qui prennent forme avec la « gadoue » du Québec. 

J’ai donc mis la main à la pâte en attendant une navette.

Un petit 15 minutes à offrir le « savoir-faire » québécois en matière de structure hivernale. Ils étaient stupéfaits en voyant la boule prendre forme. Bon, elle n’était pas aussi grosse que souhaité, mais ils avaient pigé avec plaisir l’essentiel de la technique afin d’en façonner une plus grosse. 

À un nouveau passage en fin de soirée, j’ai aperçu au même endroit un beau bonhomme, fabriqué avec de grosses boules.

À la prochaine tempête, ce sera une leçon de construction d’igloo. Il reste encore sept jours.


Balai en bambou 

L’instant d’une seconde à ma sortie du centre des médias, j’ai cru que la dame qui balayait la neige devant l’entrée avait hérité de la bouffe de la maison des pandas du zoo de Beijing. Elle agitait un long balai fait de tiges de bambous entortillées. Les feuilles permettaient de balayer efficacement la neige. 

Photo François-David Rouleau
Photo François-David Rouleau

Attention, car le panda Meng Lan est capable de s’échapper de son enclos, comme il l’a fait en décembre dernier, pour réclamer son déjeuner ! Le zoo n’est pas très loin...

En fait, même les employés déneigeaient les rues avec ces outils de fortune. Quelques-uns étaient toutefois équipés d’une pelle ayant vu neiger depuis très longtemps. 

Pour faire fondre la mince couche laissée au sol plus vite, des camions-citernes pulvérisaient de l’eau. Pour la question environnementale, on repassera.

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