Festival de Cannes: un cinéaste condamne les bombardements en Iran et le «massacre» de manifestants

AFP
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Le réalisateur iranien Asghar Farhadi, qui présente un film en compétition à Cannes, a dénoncé vendredi les morts civiles provoquées par les bombardements israélo-américains en Iran et le « massacre » des manifestants par la République islamique en janvier.
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Évoquant « deux évènements tragiques », Farhadi, l’un des plus grands noms du cinéma iranien, a déploré « la mort de nombreux innocents, des enfants, des civils qui sont morts pendant la guerre, pendant l’attaque qu’a subie l’Iran ».
Le réalisateur iranien s’exprimait en farsi, traduit en français, lors de la conférence de presse de présentation d’« Histoires parallèles ». Son film, tourné en français, a été projeté jeudi soir à Cannes.
« Et avant cette guerre, ça a été la mort de nombreux manifestants, des personnes qui étaient descendues dans la rue pour protester, qui étaient tout aussi innocentes et qui ont été massacrées », a-t-il ajouté.
« Ces deux événements sont extrêmement douloureux et ne seront jamais oubliés », a insisté le réalisateur, oscarisé à deux reprises pour « Une Séparation » (2011) et « Le Client » (2016).
« Je ne peux, sans aucune justification, accepter le fait que la vie soit ôtée à un être humain, que ce soit une guerre, que ce soit des exécutions ou que ce soit de massacrer des manifestants », a martelé Asghar Farhadi.
L’Iran est en guerre avec Israël et les États-Unis depuis le 28 février et un fragile cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril.
Auparavant, d’importantes manifestations anti-gouvernementales avaient secoué l’Iran pendant le mois de janvier.
D’après le gouvernement iranien, qui accuse les États-Unis d’avoir orchestré le soulèvement, 3000 personnes sont mortes pendant ces manifestations.
D’après les organisations de défense des droits de l’Homme basées hors d’Iran, le bilan s’élève plutôt à entre 7000 et 35 000 morts, principalement tués par les forces de sécurité lors de la répression.
Les réalisateurs iraniens doivent respecter une censure stricte s’ils veulent travailler dans leur pays et plusieurs d’entre eux ont déjà fait des séjours en prison, à commencer par Jafar Panahi, Palme d’or l’année dernière. Mohammad Rassoulof s’est lui exilé en Allemagne.