Femme tuée par l’ICE à Minneapolis: la goutte d’eau qui pourrait faire déborder le vase aux États-Unis
Les images du drame ont immédiatement suscité de vives réactions partout au pays

Laurent Lavoie
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La colère contre la violence de la police de l’immigration aux États-Unis pourrait atteindre de nouveaux sommets après qu’une femme eut été abattue par un agent dans l’État du Minnesota mercredi.
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«La question dans les prochains jours, prochaines semaines, sera de voir si cet événement constitue la goutte d’eau qui fait déborder le vase et qui mobilise encore plus les opposants à cette politique très dure de l’administration Trump», résume Julien Tourreille, chercheur en résidence à la Chaire Raoul-Dandurand.
Une imposante foule a pris d’assaut les rues de Minneapolis, mercredi soir, quelques heures après qu’une automobiliste de 37 ans eut été abattue par un agent de la police fédérale de l’immigration (ICE).
Selon plusieurs médias, il s’agirait de Renee Nicole Good, une citoyenne américaine.

Le drame est survenu alors qu’environ 2000 policiers de l’immigration mènent depuis mardi une vaste série d’opérations à Minneapolis.
L’une d’elles a toutefois viré au drame quand des agents sont intervenus auprès de la victime, qui semblait bloquer la rue avec son véhicule utilitaire sport (VUS).
«L’un des agents de l’ICE a tenté d’ouvrir sa porte, a rapporté au New York Times Connor Janeksela, un témoin. Et un autre s’est mis devant son véhicule et a crié “stop”, avant de tirer trois fois, une seconde après avoir dit “stop”.»
La victime a succombé à ses blessures après avoir accéléré et percuté un poteau de bois.
«Crissez le camp»
Ce témoignage fait écho à de troublantes vidéos de la scène qui sont devenues virales sur les réseaux sociaux.
Les images ont immédiatement suscité de vives réactions, tant chez les autorités locales qu’au sein de l’administration Trump.
«Crissez le camp de Minneapolis!» a fustigé le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey, en point de presse.
«Nous redoutions ce moment depuis le début» de la présence des forces de l’immigration dans la ville, a-t-il dit.

M. Frey a, du même souffle, qualifié de «conneries» la version du ministère de la Sécurité intérieure qui a fait état d’«un acte de terrorisme intérieur».
L’administration Trump a avancé que la victime a «transformé son véhicule en arme, tentant de renverser» le policier qui a ouvert le feu.
«J’ai vu la vidéo. Ne croyez pas cette machine de propagande», a jugé le gouverneur démocrate Tim Walz.
Douloureux souvenirs
Tout en appelant à une réponse pacifique de la population, M. Walz a demandé que les soldats de la Garde nationale se préparent à intervenir s’il y a des débordements.
«Il y a toutes sortes de souvenirs qui reviennent à la mémoire des gens, note Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand et directeur de l’Observatoire sur les États-Unis. Il y a un historique de manifestations [à la suite de la mort] de George Floyd, avec la brutalité policière à ce moment-là.»

Cette fois, on assiste au «bras de fer» entre le président Donald Trump et les villes démocrates visées par des interventions de l’ICE, ajoute M. Gagnon.
«On sait que Trump est très habile pour reconstruire un narratif sur un enjeu politique sensible à son avantage», souligne son collègue, Julien Tourreille.
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