Entrevue exclusive: Félix Auger-Aliassime avoue souffrir depuis plusieurs mois avant d'amorcer Wimbledon


Jessica Lapinski
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STOKE POGES, Angleterre | Au très huppé Stoke Park, devant des estrades bondées de dames chaussées d’escarpins qui, quelques minutes plus tôt, peinaient à marcher avec leurs fins talons dans le gazon, une coupe de champagne à la main, Félix Auger-Aliassime testait son genou mercredi.
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Un genou gauche qui le fait souffrir «depuis plusieurs mois», a-t-il dit.
Quelques minutes avant de rencontrer Le Journal, Félix venait de s'incliner 7-6 et 7-6 devant le Russe Andrey Rublev, dans une rencontre jouée au tournoi d’exhibition The Boodles. Le Québécois fait partie des joueurs qui sont venus peaufiner leur jeu sur gazon dans ce décor enchanteur, avant de mettre le cap sur Wimbledon.
Cette douleur qui l'incommode n’est pas constante, dit-il. Mercredi, son genou ne l’embêtait pas. Il avait été enrubanné d’un bandage noir qui a sans doute aidé.
Et ses maux à l’épaule, quant à eux, ont disparu. Tout comme la maladie qui l’avait indisposé dans ce revers au premier tour à Roland-Garros.

Bref, Félix est dans de meilleures dispositions qu’il y a un mois, quand il a franchi la porte d'Auteuil pour y perdre d'entrée de jeu.
«J’ai tout pour penser que je peux faire un bon Wimbledon», assure-t-il.
«Il y a des jours où [mon genou] m'embête moins que d'autres, mais il y en a où ça va moins bien, explique-t-il aussi. Mais ça ne m'empêche pas complètement de jouer. J'essaye de faire le mieux avec.»
«C'est la vie d'un athlète», philosophe le jeune joueur, sourire en coin.

The Boodles plutôt que Majorque
À la base, Auger-Aliassime ne devait pas prendre part à ce tournoi hors-concours soutenu par le joaillier Boodles, où les billets «de base» se vendent 152$ pour trois matchs et où la majeure partie des spectateurs arrivent en voiture de luxe.
Un événement qui, par ailleurs, se targue sur son site web d'utiliser les mêmes spécificités pour l'entretien de son gazon qu'au All England Club.
Le 12e mondial devait plutôt mettre le cap sur Majorque, en Espagne, pour disputer un événement officiel de l'ATP. Mais son forfait sur blessure à Halle, la semaine dernière, a changé ses plans.

«Comme je n'ai pas joué du tout sur gazon, ici, ça m'assurait de pouvoir me préparer [une défaite ne l'élimine pas de la compétition], explique-t-il. Et en même temps, je peux gérer la charge d'entraînement et de conditionnement physique.»
«Quand je me suis retiré de Halle, j'avais un peu d'incertitude concernant mon genou. Majorque, c'est un tournoi officiel, alors si je devais me retirer encore, un autre joueur ne pouvait pas venir me remplacer, contrairement à ici.»
«Je suis confiant»
En deux sorties dans le luxueux cadre de The Boodles, l'athlète de 22 ans n'a pas encore gagné. Avant de s'incliner devant Rublev, septième mondial, mercredi, il avait perdu la veille contre l'Argentin Diego Schwartzman.
Des défaites qui, dans ce contexte, ne veulent rien dire. Rares sont les joueurs qui prendraient le risque de se blesser en courant une balle en plus, alors qu'il n'y a aucun point de classement à l'enjeu.
L'important pour Félix, au fond, c'est que le corps tienne et qu'il retrouve ses marques. Ce qu'il fait, graduellement, même si on l'a vu plus souffrant face à Schwartzman, mardi.
«Je suis confiant [pour Wimbledon], a réitéré le Québécois. J'ai joué deux matchs accrochés ici, avec un bon niveau, et je sers bien.»