Félix Auger-Aliassime remporte à Bâle un titre auquel il n’osait même plus rêver
Le Québécois met un baume sur une année ponctuée des pires moments de sa carrière.

Jessica Lapinski
Partager
Dans cette année ponctuée des pires moments de sa jeune carrière, assombrie notamment par une sérieuse blessure à un genou, Félix Auger-Aliassime a réussi un tour de force dimanche, au tournoi ATP 500 de Bâle, en soulevant le trophée à bout de bras. Un titre auquel il n'osait même plus rêver cette année, avait révélé le Québécois la veille, tant les choses allaient mal il y a quelques semaines à peine.
- À lire aussi: Trois Québécois représenteront le Canada à la Coupe Davis
- À lire aussi: Félix Auger-Aliassime vient-il de se relancer?
Champion défendant en Suisse, sur cette surface dure intérieure où il est l’un des meilleurs au monde, Félix a défait la quatrième tête de série, le Polonais Hubert Hurkacz, 7-6 (3) et 7-6 (5).

Une fois la balle de match jouée, «FAA» a levé les yeux vers le plafond du stade, un grand sourire aux lèvres. À n’en pas douter, un poids immense venait de quitter ses épaules.
Brilliant in Basel 🏆@felixtennis defends his Swiss Indoors title with a 7-6 7-6 victory over Hurkacz 😮💨#SwissIndoorsTennis pic.twitter.com/HYLGY5wmtN
— Tennis TV (@TennisTV) October 29, 2023
«Je n’en ai jamais douté, mais je voulais prouver à tout le monde que j’étais encore un des meilleurs du monde à ce sport», a-t-il ensuite confié en entrevue sur le terrain.

«C’est probablement la victoire la plus importante de ma carrière», a ajouté Félix.
Le trophée de la résilience
C'est que ce second sacre de suite à Bâle a été glané dans des circonstances fort différentes de celles de l’an dernier, alors que le Québécois y remportait son troisième titre en autant de semaines dans une fin de saison époustouflante.
Ce trophée, cette fois, c’est plutôt celui de la résilience pour un jeune athlète qui a, à un moment, sombré loin des standards auxquels il avait habitué ses partisans. À un moment, entre juin et le début d’octobre, «FAA» a perdu dès son premier match sept fois en huit occasions dans des tournois de l’ATP.

Félix était toutefois convaincu que dès qu’il parviendrait à enchaîner les victoires, il retrouverait le jeu – et la confiance, surtout – qui lui avait permis de se hisser jusqu’au sixième rang mondial, à la fin de la dernière campagne.
Impérial dans tous les aspects
Et c’est ce qu’il a fait au cours des deux derniers tournois, disputés à l’intérieur, là où son puissant service et son jeu d’attaque sont à leur meilleur: quart de finaliste la semaine dernière à Tokyo, Auger-Aliassime a épinglé à son tournoi de chasse deux membres du top 15 mondial en Holger Rune, sixième, qu’il a battu en demi-finale samedi, puis Hurkacz, 11e.
Un Hurkacz qui semblait certes diminué physiquement à compter de la fin du premier set, qui grimaçait souvent de douleur après les points, mais face auquel le 19e mondial, sixième tête de série à Bâle, n’a jamais tremblé.

Ultra dominant avec les balles en main (93% de points gagnés en première balle) et très à l’aise en retour, malgré le lourd service de son rival, Félix a tranquillement fait son chemin vers le cinquième titre de sa carrière, à 23 ans.
Auger-Aliassime s’est certes payé une petite frousse en bris d’égalité de la deuxième manche, quand il a perdu deux points sur son service, mais il a vite retrouvé la superbe qu’il avait affichée tout au long de cette rencontre.

«Un titre ultra spécial»
Un trophée acquis après s’être accroché, en quarts, quand il a fait fi de crampes pour sauver une balle de match en troisième manche face à Alexander Shevchenko, 83e au monde.
«Je suis définitivement de retour. J’ai laissé ma raquette parler, ç’a toujours été ma devise, a déclaré Félix. J’ai toujours eu cette conviction que je pouvais être un joueur d’élite, mais j’ai vécu beaucoup de doutes cette saison, concernant mes performances.»
«C’est un titre ultra spécial, que je vais savourer. Le premier [d’une saison] est toujours le plus agréable», a-t-il aussi souri.
▶ Félix mettra maintenant le cap sur le Masters de Paris, son dernier tournoi individuel de la saison, où il fera face à l’Allemand Jan-Lennard Struff, 27e. Il y avait atteint la demi-finale, l’an dernier.
▶ Avec ce titre, le Québécois s’assure de demeurer un membre du top 20. Il sera 19e sur l'ATP lundi, le même rang qu’il occupait cette semaine.