Félix Auger-Aliassime, Jannik Sinner, Daniil Medvedev... ces joueurs que vous voudrez voir à l'œuvre à l'Omnium Banque Nationale


Jessica Lapinski
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La tenue des Jeux olympiques, la semaine qui précède l'Omnium Banque Nationale, n'aura pas épargné le tableau de Montréal. Novak Djokovic n'y sera pas, Carlos Alcaraz non plus, les deux ténors ayant déjà déclaré forfait. Les fans n'auront pas non plus l'occasion de faire leurs adieux à Rafael Nadal.
Mais la profondeur au tennis masculin est si grande, si intéressante qu'il ne manquera pas de vedettes en action à compter de mardi. En voici quelques-unes.
Félix Auger-Aliassime (CAN)
- 19e mondial
- 23 ans
- Fiche cette saison: 21-16
- Fiche au Canada: 5-5
- Titre cette saison: 0
- Titres en carrière: 5
- Meilleur classement en carrière: 6e

Ne tournons pas autour du pot et parlons immédiatement de Félix, même s'il n'a plus besoin de présentation. Car il est attendu à bras ouverts à Montréal, le Québécois. La preuve, c'est que les billets pour la session de soir de mercredi, dans laquelle il entrera en action, s'envolaient vraiment très vite dans les dernières semaines.
Et Auger-Aliassime arrivera dans la métropole fort d'une prestation phénoménale à Paris. Il avait fait les quarts devant son public, il y a deux ans. Cette saison 2024 n'est pas épatante en tous points, mais elle est à mille lieues de celle de l'an dernier. Aux Jeux olympiques, il s'est montré beaucoup plus constant, voire menaçant avec son revers, qui n'a pourtant jamais été sa force.
Non, il n'aura pas vraiment eu le temps de préparer sa transition vers le dur, mais ça semblait peu l'embêter en entrevue avant les Jeux. «Ce n'est pas une science exacte. Je suis déjà arrivé moins préparé pour certains tournois et j'y ai très bien performé», a-t-il prévenu.
FAA a aussi cette qualité de se surpasser quand il joue pour plus grand que lui. Comme lors des compétitions par équipe, par exemple, ou lorsqu'il représente son pays. On peut s'imaginer qu'un public tout dédié à sa cause aura le même effet, même s'il n'est jamais à l'abri d'un faux pas, Félix.
Jannik Sinner (ITA)
- 1er mondial
- 22 ans
- Fiche cette saison: 42-4
- Fiche au Canada: 5-2 (Champion 2023)
- Titres cette saison: 4
- Titres en carrière: 14
- Meilleur classement en carrière: 1er

Le nouveau monarque du circuit (depuis Roland-Garros, en mai) n'a pas connu un début de règne de tout repos. Blessé, fatigué, l'Italien a peu joué. Il n'était d'ailleurs pas à Paris la semaine dernière, mais il se trouve déjà à Montréal depuis quelques jours, où il a été accueilli à l'aéroport par la directrice du tournoi, Valérie Tétreault. Bref, il est maintenant reposé, le numéro un mondial.
Malgré ce passage à vide sur le plan physique, sa rapide ascension vers les plus hauts sommets est tout à fait légitime. Sinner sera, en compagnie d'Alcaraz, l'homme fort du circuit pour les années à venir.
Impérial sur le dur – son titre aux Internationaux d'Australie, en début d'année, en témoigne –, le jeune joueur peut aussi se démarquer sur toutes les surfaces.
À surveiller: sa puissance hors norme et son superbe revers à deux mains.
Daniil Medvedev (RUS)
- 5e mondial
- 28 ans
- Fiche cette saison: 33-10
- Fiche au Canada: 13-5 (Champion 2021)
- Titre cette saison: 0
- Titres en carrière: 20
- Meilleur classement en carrière: 1er

Il est hypercaractériel, Medvedev, capable de s'en prendre à un arbitre ou à un spectateur en plein match. Mais il est aussi hypersympathique et doté d'un excellent sens de la répartie.
Lorsqu'il avait gagné le US Open en 2021, l'animateur de la conférence de presse avait annoncé aux journalistes qu'ils pouvaient poser une dernière question au Russe avant qu'il ne quitte la salle. «Posez-m'en une divertissante, s'il vous plaît. J'aime être diverti», avait supplié le champion.
C'est également, selon plusieurs, le meilleur joueur sur surface dure de la planète. «Alcaraz vous tue rapidement. Medvedev, lui, vous tue lentement», avait analysé son grand ami Andrey Rublev, plus tôt cette saison.
Ah, et comme il s'entraîne en France depuis longtemps déjà et que son entraîneur, Gilles Cervara, est un Bleu, vous risquez de l'entendre s'exprimer dans la langue de Molière dans les prochains jours.
Ben Shelton (É.-U.)
- 14e mondial
- 21 ans
- Fiche cette saison: 23-16
- Fiche au Canada: 1-1
- Titre cette saison: 1
- Titres en carrière: 2
- Meilleur classement en carrière: 14e

Lorsque Carlos Alcaraz l'avait affronté l'an dernier à Toronto, le prodige espagnol avait dit ne jamais avoir affronté autant de puissance de toute sa vie. Pourtant, rien ne laissait présager, avant il y a deux ans, une pareille ascension du jeune Américain.
En janvier 2023, quand il a fait le déplacement pour l'Océanie afin d'y disputer une série de tournois, dont les Internationaux d'Australie, Shelton n'était encore jamais sorti des États-Unis. Son père Bryan, lui-même un ancien joueur, ne voyait pas d'intérêt à ce que son fils voyage hors du pays pour des matchs lorsqu'il était adolescent. Le jeune Ben n'était pas assez dominant.
Mais Shelton a depuis longtemps déjoué les pronostics, et il pourrait le faire encore longtemps. Il a atteint les quarts de finale en Australie en 2023, puis le carré d'as à New York la même année. On se souvient de son fameux geste à la fin de ses matchs, alors qu'il faisait mine de répondre au téléphone, et qui avait été imité par Djokovic au terme de cette demi-finale.
Car il n'est pas seulement un surpuissant, Shelton, il est aussi un peu baveux. Et capable de sortir des frappes qui feront lever les spectateurs de leur banc. Bref, c'est un très bon divertissement.
Denis Shapovalov (CAN)
- 139e mondial
- 25 ans
- Fiche cette saison: 12-17
- Fiche au Canada: 8-6
- Titre cette saison: 0
- Titre en carrière: 1
- Meilleur classement en carrière: 10e

Shapo? Pourquoi pas! L'enfant prodige sera de retour mercredi après-midi sur ce court qui l'a révélé à la terre entière un soir d'août 2017, quand, encore adolescent, il avait éliminé nul autre que Rafael Nadal en ronde des 16. Tous ceux qui étaient présents au Stade IGA ont toujours ce moment bien gravé en tête.
Depuis, l'Ontarien n'a jamais totalement répondu aux attentes placées en lui. Mais que personne ne se laisse berner par son classement. Shapovalov a été à l'écart du jeu durant six mois, l'an dernier, pour soigner une blessure à un genou. Il a dégringolé les échelons. S'il peine encore à les remonter, il a démontré qu'une chose n'a pas changé: quand il est dans sa zone et que rien ne le sort de sa zone de confort, il joue comme l'un des meilleurs au monde.
Il l'a fait à Roland-Garros cette année, puis à Wimbledon, où il a atteint chaque fois le troisième tour.
Comme Shelton, Shapo est le genre d'athlète qui tient les amateurs au bout de leur banc. Une machine à coups spectaculaires, mais il est aussi gaucher et doté d'un revers à une main: bref, un joueur comme on en voit de moins en moins.