Félix-Antoine Duval sort de sa zone de confort avec un rôle confrontant
«Annie & Joey» est disponible sur Séries Plus.
Alicia Bélanger-Bolduc
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Félix-Antoine Duval nous impressionne avec son personnage aux multiples couches dans Indomptables, mais le voilà de retour à Séries Plus dès le 8 avril dans la série Annie & Joey, qui raconte l’histoire d’amour entre une femme neurodivergente et son coup de foudre. Un personnage qui peut avoir l’air simple en apparence, mais qui s’est finalement révélé confrontant pour l’acteur.
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Parle-moi de ton personnage de Joey.
C’est un garçon à l’approche de la trentaine qui, à la suite d’un élément déclencheur, décide de reprendre les rênes de sa vie en redéménageant chez son père. Il choisit de passer à une autre étape et, quand on décide de créer du mouvement autour de soi, ça attire aussi de nouvelles choses. C’est ce qui se passera pour lui, notamment avec la rencontre d’Annie.
As-tu aimé jouer ce personnage ?
Ç’a été confrontant de camper Joey. J’ai fait beaucoup de gros drames bien pesants. J’aime ça, mais à un moment donné, notre instrument de travail finit par nous dire : « Arrête de te convaincre que ton père est mort, va faire autre chose, tu reviendras au pire. » C’était devenu lourd, à la longue. Or c’est important de varier un peu. L’énergie que ça prend pour plonger dans des affaires comme ça, elle est renouvelable, mais il faut lui en laisser le temps. Annie & Joey, c’est un projet que j’avais désiré, mais ça m’a quand même surpris. Je ne l’avais pas vu venir du tout. Quand j’ai été confirmé dans le rôle, j’étais un peu mélangé : je n’avais pas de gros drames derrière lesquels me cacher. Je me sentais vraiment tout nu. Même pendant le tournage, j’en faisais trop. Julie Hivon, la réalisatrice et créatrice du projet, m’a simplement dit de faire confiance à mon charisme, ce qui m’a aussi demandé beaucoup d’humilité.
Le parallèle est à faire avec le début de ta carrière, où des gens te voyaient trop souvent comme le petit gars propre. Il y en a eu, du changement !
Cette pensée m’habite encore, mais moins qu’avant. J’ai appris à tourner ça à mon avantage. J’ai eu des expériences qui ont fait en sorte que je sais que je n’ai plus trop à m’en inquiéter. Maintenant, je m’en sers un peu comme d’un fouet pour aller chercher certaines nuances. J’ai découvert des choses, des énergies que je ne me permettais pas nécessairement dans la vie. Étrangement, des personnages qui agissent sans aucune considération pour les autres, c’est tellement plaisant et libérateur ! Je pense que je suis devenu un amalgame de tout ça.
Comment es-tu, en amour ?
Je me reconnais dans certains aspects de Joey. Les démons du passé m’habitent pendant très longtemps. J’ai beaucoup travaillé, comme lui, sur ces aspects. Quand Joey revient dans sa ville natale, on le voit encore comme le petit garçon qu’il était, comme s’il ne pouvait jamais changer. Comme Joey, j’avance à travers tout ça et j’ai fait de beaux pas récemment.

Tu es cascadeur à tes heures. As-tu essayé d’intégrer ce talent dans la série ?
Une des premières scènes de la série est la chute à vélo d’Annie. J’y avais vu une occasion d’inclure mes talents et de faire quelque chose avec mon vélo ; ça aurait été la cerise sur le sundae pour moi, mais ce n’était pas le but de la scène. Ça n’a finalement jamais adonné, mais ceux qui écoutent Indomptables savent que je viens de jouer une belle scène d’action que j’ai pu faire moi-même. Chaque fois que mes personnages ont des partitions un peu plus physiques à exécuter, je m’obstine avec les productions pour pouvoir les faire moi-même. J’ai donc pu tourner une scène de bataille avec Olivier Renaud, qui a aussi un passé en combat de scène. C’était une belle expérience.
En parlant d’Indomptables, comment as-tu trouvé ta première saison à leurs côtés ?
C’est définitivement le personnage le plus mature que j’aie joué à ce jour. J’ai l’impression que Sébastien est à l’image de ma génération. Il a le goût, il a le potentiel, il veut prendre les choses en main, mais il doit composer avec des décideurs plus âgés qui font des choix qui l’impactent. Je touche du bois pour que cette aventure continue, puisque j’adore ce projet, et je comprends la chance que j’ai de simplement travailler dans une industrie en crise.
Indomptables est une histoire de famille avant tout. Est-ce que ça se ressentait aussi sur le plateau ?
Il y a une belle fraternité qui s’est créée. Marilou Morin et Catherine Paquin-Béchard ont pris les rênes du leadership de la gang. On va se voir jouer au théâtre, on va souper au restaurant... Sur le plateau, ça se ressent aussi avec l’équipe derrière la caméra.

Après Annie & Joey, tu as également joué dans le film One Perfect Date, qui met en vedette des acteurs atteints de trisomie 21. En as-tu appris beaucoup sur les gens qui ne sont pas neurotypiques ?
Par un beau hasard, j’étais en même temps dans une pièce au Théâtre du Rideau Vert qui représentait ce genre de personnage. C’est beaucoup d’adaptation et ça nous fait apprendre sur nos forces et nos faiblesses. Soudainement, il faut rattraper des balles, et ça demande de partager des côtés de notre éventail qu’on ne déploierait pas forcément si le partenaire de jeu était parfaitement neurotypique. Ce film était aussi un bel apprentissage, puisque je tournais en anglais.
Après le film Bergers, tu disais vouloir t’intéresser à la France. Comment avance ce projet ?
Nous avons gagné un certain respect auprès des Français avec ce film. Je l’ai remarqué dans les discours que nous avons entendus et dans la fierté d’avoir bien représenté le milieu. J’ai maintenant une agente à Paris, mais aucun projet ne s’est encore concrétisé. Je garde espoir et on verra pour la suite.
En terminant, qu’est-ce qui t’attend pour les prochains mois ?
On commence à tourner la deuxième moitié de la saison d’Indomptables dans quelques semaines. Sinon, le film One Perfect Date va sortir en salle. Je suis aussi en processus d’audition et ça avance bien pour certains projets.