Au son des tam-tam, djembés et instruments traditionnels, les Lebougui, un groupe de supporters sénégalais, dansent et chantent en wolof : « La victoire est pour qui ? Sénégal ! » Mais cette année, ces fans soutiendront les Lions de la Teranga pour le Mondial depuis les zones de partisans de Dakar, et non dans les gradins des stades nord-américains.
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La faute notamment aux restrictions de visas imposées par les États-Unis en application de la politique migratoire très stricte de Donald Trump.
En plus des coûts exorbitants, le rejet de ces demandes de visas explique que de nombreux Africains n’ont pas pu se rendre à la Coupe du monde qui se déroule jusqu’au 19 juillet aux États-Unis, au Mexique et au Canada.
« C’est une déception de ne pas être sur place avec notre équipe pour leur apporter notre énergie. Mais, à défaut, nous transmettrons cette ferveur aux Sénégalais de la diaspora », se console Abdourakhmane Fall, 31 ans, membre du groupe de supporteurs habillé aux couleurs de son équipe qui affrontera mardi à 21 h la France, au MetLife Stadium, dans le New Jersey.
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Comme d’autres groupes officiels de supporteurs sénégalais, les Lebougui se rendent habituellement par dizaines pour soutenir les Lions de la Teranga lors de grandes compétitions, au frais de l’État.
« Depuis que le Sénégal participe à la Coupe du monde, c’est la première fois que nous n’envoyons pas de délégation en raison des contraintes liées à l’octroi des visas par les États-Unis », a déploré auprès de l’AFP Ndèye Dome Thiouf, conseillère chargée de la communication au ministère des Sports.
Pour garnir les gradins, l’État a décidé de distribuer 400 billets par match des Lions de la Teranga à des ressortissants sénégalais déjà présents sur le territoire américain.
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« Coupe du monde à moitié »
Les difficultés affectent également les journalistes sénégalais qui devaient couvrir le Mondial.
La plupart d’entre eux ont obtenu des visas mais « la situation reste toujours complexe puisqu’ils n’ont droit qu’à une seule entrée sur le territoire des États-Unis », déplore Abdoulaye Thiam, président de la section Afrique de l’Association internationale de la presse sportive.
Une situation qui empêchera ces journalistes sénégalais de se rendre au Canada pour suivre le troisième match de poule du Sénégal, le 26 juin face à l’Irak au stade de Toronto, sous peine de ne pouvoir revenir ensuite aux États-Unis pour la suite de la compétition.
Ce match contre l’Irak sera le seul que Mamadou Koumé pourra couvrir lors de la phase de groupes. L’ancien président de l’Association nationale de la presse sportive du Sénégal, qui a suivi tous les Mondiaux du Sénégal, a obtenu un visa pour le Canada mais s’est vu opposer un refus par l’ambassade des États-Unis.
« Ce sera une Coupe du monde à moitié, regrette-t-il. L’universalité de la Coupe du monde est mise à mal dans cette édition », déplore le journaliste, auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire des Lions de la Téranga.
